Aucun pays n’échappe à la promotion du voile islamique, pas même l’Australie. Il y a quelques jours, le 30 juillet, Fatima Payman, une jeune sénatrice de 27 ans, s’est fait remarquer par son discours peu orthodoxe. Vêtue d’un voile noir recouvrant ses cheveux, ses oreilles et son cou, elle prononce une tirade encourageant justement le port du voile : « Le hijab est mon choix […] Je veux que les filles qui décident de porter le hijab le fassent avec fierté, et qu'elles le fassent en sachant qu'elles ont le droit de le porter. »

L'élection de Fatima Payman comme sénatrice, le 20 juin dernier, avait provoqué une grande surprise en Australie. Elle est la première femme musulmane à porter le hijab au sein du Parlement australien. « Ce Parlement aurait-il été aussi tolérant il y a cent ans et même il y a dix ans ?, demande-t-elle. Ce Parlement aurait-il accepté qu'une femme portant le hijab soit élue ? » Les arguments de la jeune femme peuvent paraître déroutants au regard de son parcours. D’origine afghane, elle est arrivée en Australie à l’âge de 8 ans pour fuir le régime des talibans. Elle poursuit ensuite des études de pharmacie, mais pas dans n’importe quelle université : à l'Australian Islamic College de Perth. Car oui, il existe en Australie des universités consacrées aux personnes de confession musulmane. Fatima Payman projette ensuite d'étudier la médecine mais choisit finalement de s'impliquer en politique, jusqu’à devenir la plus jeune sénatrice en service du Parlement australien. Paradoxe : cette jeune femme encourage les musulmanes à se vêtir d'un foulard sur la tête alors que sa a fui les et que des personnes se battent pour le retirer en Afghanistan.

Fatima Payman fait de son histoire personnelle un étendard pour pousser la société australienne vers la mise en avant des minorités ethniques et religieuses. Elle s’est d’ailleurs félicitée que le nouveau Parlement représente davantage « la vraie Australie ». C’est pourquoi elle veut « que les filles qui décident de porter le hijab le fassent avec fierté, et qu'elles le fassent en sachant qu'elles ont le droit de le porter ».

L'élue voilée n'est pas la seule à casser les codes. Ce lundi 1er août, une autre sénatrice du parti écologiste a prêté serment en injuriant la reine Élisabeth II. « Moi, souveraine Lidia Thorpe, affirme et déclare solennellement et sincèrement que je serai fidèle, et que je porte une véritable allégeance à la colonisatrice Sa Majesté la reine Élisabeth II », a déclaré l’élue le poing levé.

Un vent de fronde se lève dans les États de Sa Gracieuse Majesté.

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2 août 2022

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