Cinéma - Editoriaux - Médias - Politique - Société - 22 octobre 2017

Un autre regard sur le harcèlement

Une très bruyante agitation inonde les médias et réseaux sociaux sur le harcèlement.

Mon témoignage ne vaut que ce qu’il vaut, mais il est vrai. J’ai travaillé vingt-six ans dans la même grande entreprise et dix ans dans d’autres auparavant. Durant tout ce temps, je n’ai jamais observé ni n’ai eu confidence d’un quelconque harcèlement verbal ou accompagné de gestes et d’attouchements. Non point que ceci n’existe pas – les affaires Weinstein, DSK et Baupin le démontrent, ainsi que maints témoignages directs féminins.

Mais, pour ma part, jamais je ne le vis. Je constatai des avances ou des propositions, très directes parfois, venant d’hommes envers des femmes comme l’inverse, mais elles ne furent pas répétitives. Or, harceler sous-entend une insistance que je ne constatai pas. La société omettrait-elle cette notion? Un journal comme Le Figaro assimile un commentaire sur le physique ou la tenue d’une femme à du harcèlement. Si l’on suit cette voie, on en viendrait à traiter l’humain comme une machine sans composante affective. Nouer des amitiés, entretenir des relations deviendrait interdit. Verra-t-on le successeur de Najat demander à l’Académie la révision de son dictionnaire ? J’en doute.

Cependant, les médias nous abreuvent de chiffres tous plus impressionnants. Ainsi Caroline De Haas qui lança, en 2016, une application pour déterminer le taux de harcèlement dans une entreprise, laquelle application donnait 20 % en se basant uniquement sur le nombre d’employés et le pourcentage de femmes. Ni la localisation de l’entreprise ni la nature de l’activité n’entrent en ligne de compte, à l’en croire… Point besoin d’un outil ! Elle avait dû oublier la règle de trois. Mais si son logiciel lui permet de l’apprendre, ne lui cherchons pas chicane…

Quant au fond, on doit s’interroger des motifs de la vague #BalanceTonPorc. Selon le très correct Laurent Joffrin, il ne faut pas y voir l’ombre d’un féminisme cherchant querelle à la gent masculine : “Les hommes, qui peuvent se croire, à tort, désignés à une vindicte générale, ne le sont en réalité pas du tout. Ce n’est évidemment par leur désir pour les femmes qui est en accusation, comme certains essaient de le faire croire au nom d’une nouvelle guerre des sexe.”

Alors, quid ? Il ne le dit pas, se retranchant derrière un louable respect dû aux femmes et se félicitant d’une parole enfin libérée.

Pour ma part, je vois dans ces avances et harcèlements le fruit d’une simple évolution de la société. La relation physique a grandement perdu tout aspect amoureux ou même de simple tendresse. Quant à son caractère sacré… 68 est passé par là et l’a balayé depuis longtemps. L’éducation au libre choix, à la normalité d’avoir des rapports comme on a envie d’une partie tennis, avec des “partenaires” variant au fil des classes si ce n’est des genres. Il n’est que de s’informer sur les programmes du primaire pour le voir. Dès lors, certains se permettent des propositions directes. Directes, simples et bêtes ; desquelles toute cour, toute élégance et toute admiration sont absentes.

De grâce, ne privons pas l’humanité de l’amour courtois.

Quant au vrai harcèlement tel qu’il existe dans certains milieux professionnel tels le cinéma, la chanson, les médias et le monde politique, gardons lui notre mépris. C’est Lino Ventura qui disait : “Dans ce milieu-là, c’est dur de rester un mec bien !”

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