[TRIBUNE] Six milliards d’euros en moins de dépenses publiques, une mesure saine

Les tensions au Moyen-Orient vont accroître le déficit de nos finances publiques.
@Pexels
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Le gouvernement envisage d'annuler, en 2026, les dépenses publiques pour un montant de six milliards d’euros. Ce n'est pas la première fois que l'exécutif gèlerait ou supprimerait en cours d'année une partie des crédits votés par le Parlement : une saine mesure, même si le choix des coups de rabot laisse à désirer.

Une saine mesure

Il est indubitable que les tensions au Moyen-Orient vont accroître le déficit de nos finances publiques, à la fois en diminuant nos ressources et en augmentant nos dépenses. En effet, les recettes fiscales sont directement fonction de la croissance du PIB, dont la prévision pour 2026 a été ramenée de 1 % à 0,9 %. Plus préoccupant, côté dépenses cette fois : les risques de conflit ont fait monter le taux d’intérêt exigé sur notre dette publique, ce qui pourrait augmenter la charge annuelle d’intérêts de 3,6 milliards d'euros. Dans ces conditions, il serait absurde de considérer les suppléments de TVA collectée sur les carburants comme une « cagnotte » à dépenser à tout prix. Ce serait oublier que le secteur public va lui aussi payer le pétrole plus cher pour faire rouler ses véhicules ou chauffer ses locaux.

En réalité, si l’État veut maintenir le déficit 2026 à 5 % du PIB, il faut économiser jusqu'à six milliards d'euros de dépenses publiques, voire plus si le conflit perdure ou si des installations d'hydrocarbures sont détruites. Il faudra alors dégager des marges supplémentaires pour apporter un soutien significatif aux secteurs sinistrés : les transports, l'agriculture, les infirmières et aides-soignantes ou encore l'hôtellerie-restauration, si la crise des déplacements aériens gâche notre saison touristique.
Enfin, en cas d'aggravation des hostilités, il faudrait que l'armée française accroisse significativement le stock de ses munitions afin de ne pas se retrouver dans la situation de 1940 avec, à la clef, une « étrange défaite ».

Or, face à ces contraintes, notre dette et notre délabrement budgétaire nous obligent à compenser toute augmentation de dépenses ou toute diminution des recettes publiques par des économies à due concurrence.

Une belle occasion

L'Italie a longtemps conservé un « substato » – c'est-à-dire des administrations qui ne servaient plus à rien, tel l'Office de colonisation de l’Éthiopie ou le Bureau d'indemnisation des victimes du tremblement de terre de 1908. Or, la République française entretient, elle aussi, une pléthore de « danseuses » qui grèvent son budget de fonctionnement.

La commission Alloncle vient, à cet égard, de mettre en évidence la gabegie scandaleuse qui règne dans l'audiovisuel public. Il en est de même dans le domaine environnemental, avec des agences pléthoriques qui se chevauchent pour produire une pile de normes punitives ou pour payer des spots publicitaires invitant les téléspectateurs résidant en EHPAD à rouler à bicyclette. Que dire, également, des milliards engloutis en pure perte dans la politique de la ville, le tiers-mondisme ou l'immigration de peuplement ? Ou encore, à l'heure de nos déclarations d’impôt, que penser de la déductibilité fiscale scandaleuse des deux tiers des dons à des associations qui n'ont plus rien de caritatif : LFI, SOS migrants, etc. ?

On attendait de Matignon qu'il annonce la fin de ces prébendes scandaleuses. Au lieu de cela, le gouvernement ne révèle rien de précis et semble se diriger vers une réduction homothétique ; c'est-à-dire un même coup de rabot dans tous les budgets. Ni la Défense ni les investissements civils, gages d'avenir, ne semblent hélas épargnés.

Vite, des décrets !

Le gouvernement peut parfaitement utiliser la voie réglementaire afin de geler ou d'annuler les crédits votés par le Parlement, et ce, jusqu'à concurrence de 1,5 % de leur montant. Mais, comme on pouvait s'y attendre, la gauche souhaiterait qu'un budget rectificatif soit débattu devant le Parlement. Cette manœuvre est évidemment cousue de fil blanc ; et c'est LFI qui a vendu la mèche. Ces éternels dépensiers souhaitent en effet que le supplément de déficit dû à la guerre au Moyen-Orient soit comblé par des impôts nouveaux. Comme si le niveau des prélèvements obligatoires n'avait pas déjà dépassé le seuil du raisonnable.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 23/04/2026 à 9:19.
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Pr Jean-Richard Sulzer
Agrégé des Facultés de l'Université Paris Dauphine. Président du Cercle national des économistes

Vos commentaires

49 commentaires

  1. J’apprends que la défaite de 1940 a été due à un manque de munitions à cause d’une guerre longue. Je croyais que cela avait été une guerre éclair, perdu par manque d’aviation alors que l’armée était à l’abri du besoin en munition dans la ligne Maginot.

  2. Quand on est confronté à un tel désastre financier, on est incapable de prendre de bonnes décsions alors qu’on en a la possibilité. Macron n’a qu’à prendre sur lui des décisions impopulaires pour faire baisser ces déficits et risquer des rebellions ou bien prendre des mesures populaires auprès des français mais qui vont contre son idéologie ou mieux un mix des deux. Mais c’est un peureux, alors il ne fera rien.

  3. On pleure des « économies » partout, en baissant les remboursements de medicaments, en laissant crever faute de moyens, l’Éducation Nationale, la Justice, la Police, la Sécurité, en supprimant des prestations sociales (aux Français bien sûr, pas aux migrants). Pas un sou pour aider ceux qui travaillent et qui ont besoin d’essence, mais monsieur Macron continue à voyager à travers le monde en avions privés, à faire le kéké dans son Falcon, entouré de 4 Rafale a 20 000 Euros l’heure de vol, à organiser des réunions pour parler seulement parler, encore et encore de la guerre au Moyen Orient sans jamais agir, a recevoir en grande pompe Zelenski tous les trois matin et à vouloir, encore et toujours lui envoyer de l’argent pour continuer une guerre perdue d’avance mais qui fait des centaines de milliers de morts… Il aura tout fait pour ruiner le pays.

  4. 6 milliards à trouver, facile : on supprime l’aide publique au développement d’environ 10 milliards. Brandt disparaît, les agriculteurs se suicident, Chambord tombe en lambeaux et nous empruntons pour donner 10 Mds à des pays qui nous méprisent. On nous dit que l’APD permet le développement des pays où elle est donnée. Il me semble plutôt qu’elle attire les populations vers cette France qui, tellement généreuse, est un eldorado.
    Alors, à quand une pétition pour mettre fin à l’APD ?

  5. Pour la production de pétrole et de gaz en france ou au large de la Guyane, la loi de cet idiot de Hulot nous empêche de faire quoi que ce soit, il conviendrait de l’abroger.
    Des économies ?
    L’aide à toutes les associations de migrants, aux autres totalement inutiles, aux soins gratuits pour les migrants, aux aides à l’étranger, les indemnisations des intermittents du spectacle (ils ont fait leur choix de travail, pas comme celui qui se retrouve au chômages sans le vouloir)….
    Et si on parlait aussi de ce que coûte Macron en frais de déplacements, il est plus souvent hors de france que chez nous !!

  6. Comme d’habitude un vœux pieu mais comme diminuer la quantité de fonctionnaires qui en réalité augmente voir parallèlement leurs missions confiés au privé, il ne faut pas s’attendre a grand chose, voir même que ces économies seront faite sur une population déjà étranglé mais préservera ceux qui se gavent comme l’audiovisuel publique.
    Comme d’habitude c’est toujours les mêmes qui trinquent sans avoir leur mots a dire.
    Une grande hémorragie du budget c’est comme celle de la rente mémorielle qui a chaque fois invoqué un ministre cours comme le chef de l’état s’incliner devant le monuments aux morts qui ont tués de combattants Français sous les rires moqueurs.

    • Et la politique anti-russe… Et les aides incontrôlées à l’Ukraine… Et l’AFD… Et l’AME… Et l’immigration… Et l’AFP France TV… Et l’ADEME… Et les CESE… Et les cabinets de Conseil… Et les financements des associations… Et l’indexation des prix de l’électricité à celui du gaz… Et les contributions incontrôlées à Van Der Leyen… Et les milliards envolés à Bercy sous Lemaire Macron… Et caetera !
      D’un autre côté, si les Mollah avaient la bombe nucléaire, quelle probabilité d’une guerre nucléaire ? Et Combien seriez-vous prêts à payer pour éviter cette guerre nucléaire ?

  7. Avec un peu d’intelligence, le gouvernement devrait reprendre le rapport établi par S. KNAFO sur les économies possibles à faire dans ce pays. Mais notre gouvernement est miné par la gauche et la bien pensance dont il fait son fond de commerce. Au lieu de taper sur la solde des militaires qui œuvrent pour notre pays, commençons par supprimer toutes les aides aux migrants et aux associations qui les soutiennent. Mais il faut du courage et nos gouvernants en manquent cruellement.

  8. 6 milliard. Et si on commençait par sortir des JO 2030. Voir les démissions à répétition, er autres ( patinoire à construire sur un stade ou non ( nice). Le même jour, l agglo de Marseille accusé in déficit de 120 millions. Mais on apprend qu’ils ont eu 30 millions pour la communication. Au niveau de l état, combien cela a coute le service de communication..

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