Editoriaux - Société - Sport - 21 juin 2019

Tous unis pour l’égalité des enfants

Le 17 juin était le jour du bac – philo et maths – et de la Coupe du monde de foot féminin. Dans son édito du 17 juin, dans Opinion internationale, Michel Taube titre : « Et si la coupe du foot féminin était un sujet de philosophie ? » Feu Jean d’O aux yeux bleus aurait-il répondu malicieusement ? Pas si sûr. Le temps n’est plus vraiment à l’Homo festivus.

Le problème n’est pas de savoir si un homme est un(e) footballeur/se comme un(e) autre et la femme un(e) footballeur/se comme un(e) autre mais à quelle idéologie se soumet le sport. Pourquoi Finkielkraut a-t-il encouru l’ire de Sonia Mabrouk ? Pas parce que les mollets rouges de femmes fleurissant l’herbe verte déplaît à notre philosophe. Faisons-la courte, comme on dit. Le foot est devenu le terrain de prédilection du « combat pour l’égalité ». Une convergence des luttes ? Cette « victoire de l’égalité », préparée de longue date, entre en résonance avec l’air du temps sociétal.

Ainsi l’association Les Dégommeuses lutte-t-elle, à travers la promotion du foot féminin, contre le sexisme, la LGBTphobie et les discriminations en tout genre dont « la stigmatisation fréquente liée à la pratique du foot incarnée par les lesbiennes ». Jusque-là, en effet, « on valorisait les sportives adoptant un look genré (féminin, sexiste, en couple hétéro, mères de famille) et on cherchait à dévaloriser toutes les autres : les lesbiennes, les trans, mais aussi les femmes hétérosexuelles ne correspondant pas au modèle traditionnel de la féminité ».
Le 22 novembre 2018, Les Dégommeuses claquent la porte de l’Élysée sur les promesses non tenues du candidat Macron. Or, l’ordre du jour de la réunion concernait la lutte contre « la lesbophobie » et pour la PMA. Le 20 mars 2019, Brigitte Macron, qui devait « donner le coup d’envoi », avec Muriel Robin, du match de foot féminin dans la rencontre caritative au profit de la Fondation des Femmes (lobby gay connu pour promouvoir l’égalité au sein du foot ) est exfiltrée du stade sous les sifflets. Rappelons, enfin, qu’Alice Coffin, représentante des Dégommeuses, est la porte-parole de la Conférence lesbienne européenne. Bref, si le « sport est annexé par la vertu », comme dit Finkiekraut, il l’est aux lobbys générant un pognon de dingue. Or, le foot féminin s’avère juteux.

Dans Le Monde du 19 juin, on apprend, en quatre pages, que « la PMA pour toutes », au nom du « progrès » dans une société qui « a bougé », est un « sujet de société » qui pose un problème éthique, juridique, médical. Tout sur les états d’âme des politiques. Rien sur l’enfant réduit à l’enjeu d’une bataille politique à gagner ou à perdre. Des solutions abracadabrantes sur la filiation. Sur Internet, Reprofit International fait la promo d’une FIV avec don d’ovocytes à prix cassé. Si des milliers de Français ont balancé les bras devant leurs écrans pour fêter la « victoire de l’égalité » des joueuses de foot, on espère qu’ils vont « se bouger » pour défendre l’égalité de tous les enfants devant leur naissance.

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