Loetitia et sa famille ont quitté la France pour la , il y a 18 mois. ​Cette mère de famille, active sur les réseaux sociaux, déplore le traitement que les médias français réservent à son pays d’adoption. Qui, à bien des égards, pourtant, selon elle, devrait être pris en exemple. 

 

Française d’origine, vous êtes partie vous installer en Hongrie. Pour quelle raison ? 

J’ai quitté la France pour la Hongrie il y a 18 mois. J’habitais Nîmes – une ville qui a beaucoup changé en quelques années…Mon mari était légionnaire et Hongrois d’origine. Je ne regrette pas un seul instant cette décision. De nombreux Français, d’ailleurs, ont suivi le même chemin. Et même de nombreux Européens. Beaucoup de Belges, mais aussi des Allemands, des Italiens, des Autrichiens, et même quelques Anglais.

Désormais, je ne m’inquiète plus pour mes enfants. Âgés de 23 et 20 ans, ils étudient à Budapest, une ville tranquille, où ils sont en sécurité. Ça change ma vie !

Cet été, ma fille est retournée avec des amis en France… Elle a avancé son billet de retour, tant elle y a trouvé l’ambiance pesante. Elle ne se sentait pas bien. Tout est si différent, ici.

 

Active sur les réseaux sociaux, et notamment sur Twitter, vous y protestez souvent contre le traitement qui est réservé, en France, à votre pays d’adoption, notamment par les médias… 

La façon dont la Hongrie et ses gouvernants sont traités en France me révolte. À écouter la presse française, Viktor Orbán serait un dictateur ! Il n’y a personne pour rétablir la vérité. Les Français savent-ils qu’en Hongrie, le référendum est un outil privilégié ? Il y a eu, par exemple, un référendum sur la gestion de la crise du coronavirus : on a demandé aux Hongrois s’ils en étaient satisfaits. S’ils voulaient que l’on continue dans la même direction, ou non. Je n’ai rien vu de tel en France ! Le seul référendum envisagé porte… sur le climat !

 

Parlons, justement, de la crise sanitaire. Selon vous, les Hongrois se sont très bien débrouillés, et on n’en parle jamais… 

La Hongrie, qui a fermé très vite ses frontières en mars, et a soumis ressortissants à une période d’isolement bien organisée à leur retour au pays, a eu une gestion exemplaire de la crise. Tout a été fait, d’ailleurs, à peu près à l’inverse de la France : les parkings sont devenus gratuits pour inciter les gens à ne pas prendre les transports en commun, les rames de bus, de métro, de tram ont été augmentées, on a mis plus de wagons dans les trains. Il n’y a pas eu de confinement ni de fermeture de commerce ou de lieux de culte – un couvre-feu, le soir, a été mis en place récemment – mais des règles simples ont été établies : les plus de 65 ans ont des créneaux pour faire leurs courses, chez le coiffeur, on doit prendre rendez-vous pour qu’il n’y ait pas plus de deux personnes en même temps dans le salon. Surtout, très vite, des ont été distribués gratuitement à toute la population par l’armée, le liquide hydroalcoolique était à disposition un peu partout et des respirateurs ont été dès le début – par précaution – commandés à la , faisant de la Hongrie l’un des pays au monde ayant le plus de respirateurs par habitant.

Il suffit de voir les chiffres officiels : 68,87 décès pour 100.000 habitants, contre 85,94 en France. Quand dit, pour se trouver des excuses, que tous les pays en Europe ont géré la situation de la même façon, ce n’est pas vrai ! Mais il est vrai que personne ne parle de la Hongrie, sauf pour en dire du mal.

 

Les médias en ont dit du mal, en effet, encore tour récemment… Le mardi 15 décembre, les députés hongrois ont défini le sexe comme étant uniquement celui de la naissance et décrété que « la mère est une femme, le père est un homme ». En outre, une loi autorisant seulement les couples mariés à adopter des enfants a été votée, excluant de fait les homosexuels… s’attirant des titres peu amènes dans la presse étrangère : « La Hongrie d’Orbán toujours plus anti-LGBT », (LCI), « De nouvelles mesures anti-LGBT adoptées en Hongrie » (HuffPost), « Après Soros et les migrants, Orbán s’attaque aux LGBT » (L’Express)…

« La Hongrie défend le droit des enfants à être identifiés par leur sexe et veille à ce qu’ils soient élevés sur la base de l’identité nationale et des valeurs fondées sur notre culture chrétienne. » Moi, cela me convient bien, et je ne vois pas où est le crime là-dedans. Au contraire. Sur tous les plans, la France devrait au contraire observer la Hongrie et en prendre de la graine.

Propos recueillis par Gabrielle Cluzel.

 

18 décembre 2020

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