Dans cette guerre déclarée au Covid-19, le personnel de santé est en première ligne. Pour Boulevard Voltaire, une infirmière du Centre d’accueil et de soins hospitaliers de Nanterre  témoigne.

Quelle est la situation, dans votre hôpital ?

Je travaille normalement en diabétologie, mais notre service a été fusionné avec la médecine interne (service accueillant tout type de patient) pour établir un service d’accueil spécifique Covid-19. Toutes les consultations et hospitalisations non urgentes ont été annulées et le service de réanimation accueille désormais les patients les plus graves.

Un service d’hôpital de jour (accueillant les patients pour une journée) a été transformé en unité pré-Covid-19, c’est-à-dire que les patients sont en attente de résultats avant d’être hospitalisés ou de rentrer chez eux.

Au niveau du matériel, notre service est difficilement approvisionné. Les masques et les solutions hydroalcooliques sont comptés. Nous les enfermons dans une armoire à pharmacie pour éviter le vol, mais dans les services accueillant directement les cas de Covid-19, je pense qu’ils sont assez fournis. Si la situation empire et que nous devons ouvrir une deuxième unité de Covid-19, je ne sais pas si nous aurons suffisamment de matériel… et si nous n’en avons pas assez, nous serons contraints de refuser des patients.

Comment le personnel soignant vit-il cette crise ? Pensez-vous que cela débouchera sur une réorganisation du système hospitalier ?

Ce que je vois, c’est que le personnel soignant est très soutenu aujourd’hui, même applaudi. Mais je ne suis pas sûre qu’après cette crise, l’effervescence continue, ni que nos salaires soient augmentés malgré cette prise de risque de contamination. Pour la réorganisation du système hospitalier, je pense que, pour l’instant, tous les hôpitaux et le gouvernement avancent un peu à l’aveugle et essaient au mieux de faire face à cette crise.

Vous sentez-vous protégée ?

Je m’aperçois que le virus se propage rapidement. J’ai un peu peur de l’attraper, oui… mais c’est mon métier. Je suis obligée d’aller là où est le besoin, surtout avec la mise en place du plan blanc niveau 2.

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