Les voyages de Macron semblent le plonger dans une étrange exaltation, comme si le personnage se libérait de ses instincts profonds hors du regard de ses électeurs.

Souvenons-nous des prétendus « crimes contre l’humanité » français en Algérie, des pas de danse au Nigeria, des gesticulations lors de la finale de Coupe du monde de football, des selfies entre de beaux torses bronzés dans la lointaine Saint-Martin. J’en oublie sûrement.

À Bratislava, devant le chef de l’État slovaque, Macron s’est livré à une stupéfiante critique du gouvernement hongrois. Gageons que les médias français, aux ordres, vont vite glisser sur ses propos afin de protéger leur protégé.

Il répondait à une question sur le départ de l’université d’Europe centrale fondée par le milliardaire , richissime agitateur mondialiste pour le moins controversé. Cette université sera peut-être contrainte par le gouvernement de de quitter la Hongrie.

Macron a donc assené, avec son aplomb habituel : “Ce à quoi nous assistons est grave.” “Je me battrai partout où on veut faire reculer la place de la Justice, la capacité des journalistes à travailler librement, la place des universités, ce qui nous fait Européens.” Merci pour les non-Européens, soit dit en passant ! Et d’insister lourdement : “Nous allons voir comment tout faire pour que le peuple hongrois ait accès au savoir de qualité et qu’on ne puisse pas chasser des enseignants.” Et, se croyant sans doute fin politique : “Mais je distingue les dirigeants des peuples.”

Une anthologie d’ingérence, d’arrogance, de suffisance et de mauvaise foi.

Une université cofondée et financée par le milliardaire prétendu philanthrope Soros peut-elle être considérée comme autre chose qu’un outil de propagande ? À l’origine, l’objectif des fondateurs est de “favoriser l’émergence d’une élite centre-européenne favorable à la démocratie libérale et à la coopération inter-régionale”. Anglophone et gérée à l’américaine, son enseignement ressemble beaucoup à Sciences Po en France. Les étudiants y sont subventionnés par une dotation de Soros. On n’y découvre que des enseignements à caractère politico-économique, aucun enseignement scientifique, médical ou technique.

Il existe sept autres universités en Hongrie.

En déduire donc que le peuple hongrois n’a pas accès à « un savoir de qualité » devrait plutôt s’écrire qu’il n’a plus accès à cette « propagande de qualité ».

Et, d’ailleurs, pourquoi ce fichu peuple, malgré les super-élites qui furent formées depuis 1991 dans cette université, a-t-il plébiscité Viktor Orbán ? En poursuivant ce « raisonnement », ne faudrait-il pas ôter son droit de vote au peuple hongrois et le remplacer par un avis de la Commission européenne qui nommerait les dirigeants hongrois ?

Macron et Soros même combat et même phobie des nations ?

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