Nous ne reviendrons pas sur la pertinente analyse du premier sondage (IFOP, 21 juin 2020) relatif à la présidentielle de 2022 qu’Édouard Husson a publiée ici même.

Par contre, nous avons relevé dans ce sondage des chiffres très intéressants qui concernent la structure des différents électorats. Ainsi, l’examen de la structure des électorats en fonction de l’âge montre que LR n’a plus d’électeurs parmi ceux de moins de 25 ans et 1 %, seulement, parmi ceux qui ont entre 25 et 34 ans. LR ferait son meilleur score parmi les électeurs âgés de plus de 65 ans (19 %), ce qui ne nous surprend pas. Autant dire que ce parti est un astre mort ; sa disparition n’est plus qu’une question de temps, malgré le grand nombre de notables qui appartiennent encore à ce parti ; ces notables sont l’arbre qui cache la forêt.

LFI bénéficie de bonnes intentions de vote chez les jeunes (24 % chez les 18-24 ans et 18 % chez les 25-34 ans) ; c’est même parmi ces derniers que LFI obtient ses meilleurs scores, mais le RN fait mieux (28 % dans chacune de ces deux tranches d’âge). Cela dit, c’est parmi les 35-64 ans que le RN obtient ses meilleurs résultats : 30 % parmi les 35-49 ans et 37 % parmi les 50-64 ans ; le RN séduit de moins en moins les plus jeunes, ce qui est inquiétant pour son avenir.

Plus inquiétant encore, si 32 % des plus de 65 ans ont l’intention de voter pour , 33 % des 18-24 ans s’apprêteraient à faire de même ! On mesure là les effets remarquables de la métapolitique libérale sur les jeunes.

Le vote des jeunes de 18 à 24 ans va donc pour 30 % aux droites (28 % pour le RN, 2 % pour DLF et 0 % pour LR) , 33 % aux libéraux de LREM et 34 % aux gauches socialiste, communiste et écologiste (dont 5 à 6 % pour les trotskistes et 2 à 4 % pour EELV). Parmi les 25-34 ans, les droites obtiendraient 38 %, les libéraux 23 % et les gauches 36 %. Il y a donc un effritement des votes en faveur des droites et, dans une moindre mesure, en faveur des gauches, et une montée en puissance des libéraux chez les jeunes. On peut légitimement penser que cette tendance, si elle n’est pas contrecarrée par une action métapolitique efficace, aboutira à une marginalisation des droites.

Les droites sont, d’ailleurs, déjà dans une situation minoritaire ; selon ce sondage, le RN obtiendrait 28 %, LR 11 % et DLF 6 %, soit un total de 45 % dont il faut déduire une moitié des électeurs de LR qui sont des centristes, c’est-à-dire des libéraux très hostiles au RN et proches de Macron. Les électeurs qui ne sont ni communistes ni socialistes ni écologistes (ceux de EELV) ni libéraux (LREM, MoDem, UDI, LR en partie) ne sont donc qu’environ 40 % et, répétons-le, 30 % seulement chez les plus jeunes. Notons aussi que 70 % des électeurs « de droite » s’apprêteraient à voter pour le RN.

Cette situation reflète la médiocrité et, le plus souvent, l’absence d’actions métapolitiques susceptibles de séduire les jeunes générations ; les quelques initiatives qui ont été prises dans ce domaine depuis 1968 ont manifestement échoué, sans aucun doute parce que les idées et les références qui ont été mises en avant sont totalement décalées par rapport aux attentes des jeunes Français. Il est urgent de penser et de mettre en œuvre une action métapolitique intelligente et d’envergure, dirigée en priorité vers les plus jeunes.

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