Boris Johnson n’a jamais été aussi près de réussir son pari. Nous sommes à un mois des et c’est déjà une immense victoire que vient d’emporter le peuple britannique en faveur du Brexit. Le représentant de la droite souverainiste britannique, Nigel Farage, fait passer son pays et le Brexit avant son ego et son parti (le UKIP), même si les conservateurs crédités de 36 % des intentions de vote étaient largement en tête, contre 28 % pour les travaillistes, selon un sondage ORB pour le Sunday Telegraph, les libéraux-démocrates 14 %, le UKIP 12 %.

Comme il avait négocié avec l’Union européenne, c’est en position de force que Boris Johnson vient de négocier une alliance avec Nigel Farage. Rappelons que l’élection anglaise est une élection à un seul tour, le candidat arrivant en tête l’emportant. Le leader du Brexit, Nigel Farage, a fait de la défaite des démocrates libéraux anti-Brexit et des travaillistes son principal objectif électoral.

Le journaliste anglais James Delingpole nous le dit : « J’ai rarement vu Nigel Farage aussi épuisé, pâle et humble que lorsqu’il a annoncé lundi à Hartlepool qu’il retirait une partie de son armée. Son Parti du Brexit ne contestera aucun des 317 sièges que les conservateurs ont remportés aux générales [de 2017]. En termes stratégiques, cette Leave Alliance informelle est probablement ce qu’il y a de mieux. »

James Delingpole poursuit dans Breitbart London/ qu’ayant « combattu pour le Brexit pendant trois décennies, Farage ne [voulait] évidemment pas tout gâcher en scindant le vote Leave et en plaçant l’avenir de la Grande-Bretagne entre les mains d’une alliance infernale (unholy alliance) de Verts, de marxistes, de libéraux frileux et de remainers jusqu’au-boutistes. »

En même temps, on sent l’œuvre bien orchestrée de la machine de guerre de l’establishment conservateur et la main du « cabinet noir » du QG Central conservateur (Conservative Central HQ’s dark arts department) allié à la grande presse conservatrice, balance l’ami Delingpole. « Toutes ces histoires que vous avez lues dans les médias grand public suggérant que la principale menace pour le Brexit est maintenant l’ego de Nigel Farage. » Chacun gardant à l’esprit que la pire menace reste le marxiste Corbyn, leader des travaillistes.

La bonne nouvelle, pour Nigel Farage, c’est qu’il ne risque plus de rester dans l’histoire comme « l’archi-Brexiteur qui a tué le Brexit ». Et sur le plan du Brexit, il a peut-être tiré parti de ce qui restait de son capital politique pour pousser les conservateurs de Boris Johnson dans un Brexit plus solide – notamment « un super accord avec le Canada » – qu’ils n’auraient pu autrement négocier.

Le Parti du Brexit réussira peut-être, d’une façon ou d’une autre, à remporter au moins quelques sièges dans les circonscriptions où il présente encore des candidats. Dieu sait que ce Parlement nous a montré qu’il avait besoin de vigies.

Après avoir joué les méchants, les partisans de l’Union européenne commencent à pleurnicher. « Boris Johnson a roulé l’Union européenne ! » vient de lancer un ancien directeur général adjoint des douanes, inspecteur général des finances honoraire qui juge que l’accord sur les modalités du Brexit conclu entre Londres et Bruxelles va pénaliser l’économie des 27 et favoriser la seule Grande-Bretagne. Ha ha ha ! elle est bien bonne, celle-là !

Mais ce n’est pas fini. On murmure dans les couloirs de Bruxelles qu’il va falloir que quelqu’un paie le manque à gagner dans le budget européen, suite au départ du Royaume-Uni, pays contributeur. La France ? Ah non ! l’Allemagne ? Ah oui ?

Quant à l’impôt européen qui serait une contribution directe de chaque citoyen, secrètement, des fédéralistes en rêvent afin, selon eux, d’effacer la notion de nation contributive ou bénéficiaire.

12 novembre 2019

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