Editoriaux - Politique - 29 octobre 2018

Royal-Hollande : les ambitions de la Madone et du Culbuto

Préparez-vous, amis lecteurs, on n’a pas fini de l’entendre. On va même en prendre jusqu’à la nausée : Ségolène par-ci, Ségolène par-là, les commentaires de Ségolène, Ségolène en campagne, Ségolène se fait désirer… et surtout Ségolène et son livre, à paraître ce mercredi : Ce que je peux enfin vous dire (Fayard).

Maligne, Madame Royal a attendu que son culbuto d’ex-conjoint ait épuisé la France et la scène avec ses mémoires d’outre-Élysée. Maintenant que François Hollande a bouclé sa tournée des Carrefour et Leclerc de province, elle peut s’y mettre et occuper le terrain. Elle peut surtout “balancer”, lâcher son fiel et savourer – du moins l’espère-t-elle – une vengeance tardive. Comme les vendanges du même nom, elle en attend un cru exceptionnel.

Interrogée en mai dernier sur son projet, elle confiait à Paris Match : “Mes enfants sont grands, il y a des choses que je ne pouvais pas dire quand ils étaient plus jeunes. Je ne peux plus faire de mal à personne puisque les principaux acteurs ne sont plus dans l’action politique.” Surtout, comme Hollande, Royal ne sacrifie aux confessions sur papier que pour s’offrir un tremplin : “J’écris mes mémoires, mais n’allez pas croire que c’est la fin.”

On l’a compris, c’est un nouveau début. Quelques jours après la tenue de l’Arctic Circle, le sommet international sur l’avenir des pôles. Ségolène a profité de son passage à Reykjavik pour recevoir la presse française dans les salons de la résidence de France en Islande. C’est plus “classieux” qu’une table de bistrot dans un fond de Corrèze. Regonflée de sa soudaine importance, bienheureuse de ravir la vedette à son ancien compagnon, elle plastronne pour Le Figaro : “C’est la libération de ma parole”, “C’est le récit de souvenirs d’une femme politique dans un monde d’hommes et d’une femme écologiste dans un monde de lobbys. Je lève la loi du silence.”

Il faut dire que la victimisation est une constante, chez ces femmes politiques de gauche. En cela, Ségolène Royal et Anne Hidalgo ont toujours tenu le même discours : toute critique à leur encontre est une expression de la misogynie ambiante. Ayant parfait son analyse, l’ex-candidate aux présidentielles (il y a onze ans déjà !) nous livre ainsi sa réflexion : “Je pense qu’il y a une proximité entre la violence faite à la nature et aux femmes. Je développe cette thèse. C’est le même vocabulaire : la terre souillée, la terre abîmée, les prédateurs, les paysages violés.” Pauvre petite chose sans défense… Il faut la croire, elle en était, elle aussi. Ce livre, c’est sa “contribution au mouvement #MeToo”, “Je dis aux femmes que j’ai vécu, au niveau où j’ai évolué, les mêmes discriminations et les violences qu’elles connaissent.”

C’est oublier bien vite les coups bas d’une Martine Aubry, ou les siens propres, l’Histoire assurant qu’elle n’en fut pas avare… Mais chez ces gens-là, les femmes sont tout amour, c’est connu.

La vérité, disent les proches – dont l’ancien ministre du Budget Michel Sapin –, c’est que Ségolène Royal se venge. De son ex, du PS, et surtout d’un Macron qu’elle a soutenu et couvé comme une bonne mère et qui, une fois assis sur son trône, l’a souverainement ignorée. Et cette “ambassade” dans les contrées glacées n’est qu’un glaçon fort indigeste. Jalousant le recasage d’un Le Drian ou d’un Fabius, elle “ne peut s’empêcher de rire jaune”, écrit Le Figaro. Car, elle, “il lui aura fallu trois mois d’intense lobbying pour finalement devenir ambassadrice chargée des pôles. Un lot de consolation après avoir échoué à devenir secrétaire générale adjointe de l’ONU puis patronne du PNUD, le Programme des Nations unies pour le développement.”

Alors, elle rêve. Tête de liste du PS aux européennes ? Non merci. Plutôt présidente du Parlement européen, ça lui irait bien au teint. Ou mieux : affronter François Hollande dans une nouvelle primaire à gauche, en 2022 ?

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