Editoriaux - Politique - 23 août 2019

Rebellitude chez les hôtesses

hotesse

À Jérusalem, il y a un mur pour ça. En France, on a Twitter et les médias où, tour à tour, chaque communauté ou corporation vient chouiner son malaise. Aujourd’hui, ce sont les hôtesses d’accueil qui se rebellent contre le sexisme dans leur profession, et leur rôle de « potiche ». Et comme on les comprend ! Quand on a été recrutée exclusivement sur sa recension des ouvrages consacrés à l’herméneutique kantienne, c’est un choc – et surtout une surprise – de se retrouver à distribuer des prospectus sur le stand de Fleury Michon à la Foire à la saucisse de Saint-Hippolyte, ou à se faire lécher la pomme par un maillot jaune en sueur au sommet du Tourmalet… D’où l’ouverture du #PasTaPotiche, où ces demoiselles exposent leurs expériences térébrantes, comme « À côté de mon stand se trouvait un canapé produit par l’entreprise avec un panneau “Essayez-moi”. J’ai arrêté de compter les “C’est vous qu’il faut essayer, Mademoiselle ?” » D’accord, ça doit être un peu lassant, mais moins que de se faire cracher dessus régulièrement dans un service d’urgences hospitalières.

Mais c’est vrai, imaginez-vous sortant de la douche, avec vos mensurations banales : 90-60-90. Par hasard, vous choisissez une petite robe noire au-dessus du genou, pratiquement peinte sur vous, et des Louboutin à talons de 12 cm qui traînaient par là. Un très léger maquillage de 45 minutes sans oublier le Rouge Baiser, et vous voici porte de Versailles, mollement accoudée sous les spots à une Tesla (pas le plus gros modèle, seulement celui à 94.200 euros). Et là, stupeur… l’événement totalement imprévisible que le soir même vous narrez entre deux hoquets à votre meilleure amie : « Tu te rends compte, Kevina, le mec à la Rolex, il m’a demandé mon 06 ! Non mais, allô, quoi ! »

Heureusement, une auditrice de RMC propose une élégante solution à ces agressions : « Tous ces hommes devraient être affichés. On peut aujourd’hui équiper les hôtesses de caméra et montrer du doigt ces personnes irrespectueuses », martèle-t-elle.

Conditionner les esprits à l’idée d’un continuum insécable entre le dragueur lourdingue, le harceleur et le violeur est une technique éprouvée des féministes extrémistes, surtout quand il s’agit des mâles blancs. Mais quand, en toute connaissance de cause, on a assis sa profession sur un physique avantageux, il est pour le moins étrange de s’offusquer de provoquer le désir.

Évidemment, le port obligatoire du hijab ou de la burqa résoudrait le problème. C’est un choix dont il faut espérer qu’il restera longtemps optionnel, même s’il ne l’est déjà plus dans beaucoup d’endroits…

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