Alors que le coronavirus s’étend sur le monde, alors que la récession économique se déploie dans le monde, le cours de l’or connaît, cette semaine, une consolidation de 7 %. On peut remarquer que le cours de l’once résiste bien à l’effondrement des marchés financiers mondiaux, qui perdent en moyenne plus de 15 %. À l’heure où nous écrivons ces lignes, le prix de l’once d’or est passé de 1.692 à 1.577 dollars.

Pour éviter une descente aux enfers, les nations, par le biais de leurs banques centrales, décident d’une nouvelle politique d’assouplissement monétaire : baisse des taux d’intérêt et hypertrophie de création monétaire, selon Les Échos. Tout cela permettra de nouvelles dépenses sociales. Ce qu’ils font est, bien sûr, honorable.

Seulement, nous n’en sommes qu’au début et les effets dévastateurs sur l’économie ne sont pas encore tous apparus. La productivité des entreprises est en chute libre, les échanges mondiaux presque à l’arrêt et ces politiques monétaires emmènent la dette mondiales à des niveaux record : sur les niveaux de 2019, la dette mondiale équivaut à trois ans de PIB, rappelle La Tribune.

Depuis 2008, et jusqu’à maintenant, les politiques monétaires accommodantes n’ont pas eu les effets escomptés pour la stimulation de l’économie. Elles ont, d’ailleurs, eu des effets négatifs.

Depuis les accords de Bâle II, la valorisation des banques est directement corrélée à leurs valorisations boursières. C’est ce qu’on appelle le « mark to market ». Plus l’action d’une banque est haute et plus elle pourra s’endetter. Ce calcul entre dette et capitaux propres se fait au jour le jour. Et actuellement, le ratio est extrêmement mauvais. La valorisation boursière des banques s’est effondrée, alors elles vont devoir rembourser leurs dettes.

Avant le début du krach boursier, 90 % des banques avaient déjà un ratio négatif.

Le coronavirus pousse le monde vers la récession. Le prix de l’or va monter.

L’or est la valeur refuge par excellence. Depuis toujours, lorsque l’économie consolide, que les marchés financiers baissent et que les banques sont en difficulté, l’or a toujours protégé. C’est avant tout parce qu’il n’est attaché à aucune dette.

À une époque (pas si lointaine), lorsque la dette souveraine était un actif peu risqué, le prix de l’or augmentait lorsque les taux d’intérêt baissaient. Avec des taux d’intérêt négatif, c’est-à-dire des taux d’intérêt corrigés de l’inflation, cela laisse une possibilité de hausse infinie au prix du métal précieux .

Cette semaine, les marchés financiers ont connu leur pire correction historique. Le prix de l’or a suivi la tendance d’une manière moins violente.

On peut rapprocher cette correction à celle de 2008 : les subprimes. Le prix de l’or avait alors consolidé de près de 20 % pour, ensuite, voir sa cotation multipliée par presque trois.

Pour le moment, les appels de marge et remboursements précipités de dettes à court terme obligent les banques à vendre tout rapidement. Les transactions sur l’or ne représentent que 0,5 % du montant des transactions financières.

Les expériences de papier-monnaie se sont toujours soldées par la faillite de nations. Si l’on se réfère à un schéma simple, que l’Histoire se répète toujours, et si l’on se souvient que la masse monétaire a doublé, ces dix dernières années, on peut facilement croire que le prix de l’or doublera au moins sur ces plus hauts historiques. Qui plus est si les États accentuent la création monétaire pour contrer les effets de la crise actuelle.

La consolidation du cours actuel de l’or n’est qu’une chance pour accumuler.