Editoriaux - Société - 30 avril 2019

Quand on commence à comparer le fœtus à un cancer…

Trofim Denissovitch Lyssenko en a rêvé, la monocratie progressiste, endémique dans les entrailles des campus américains, l’a fait.

A l’University of California à  San Diego, on enseigne la biologie. Quoi de plus naturel diriez-vous. Les abeilles, la pollinisation, l’embryologie, les algues et tout ça. Sauf que là-bas, chez ces gens-là, comme chez nous d’ailleurs, on n’enseigne pas, on inculque. Pis, on éduque. Chez ces gens-là, le foetus dans le ventre de sa mère est didactiquement comparé à un cancer invasif. Que ne ferait-on  pour faire ingérer une matière indigeste à nos chères têtes blondes crédules. En effet, récemment, à l’occasion d’un cours, un professeur de cette université expliquait, diapositive à l’appui, le parallèle entre le fœtus et le cancer. Ainsi, comme pour un cancer, la “croissance fœtale” est “rapide“, ” incontrôlée“. Comme un cancer, le foetus «envahit le corps de la mère» et, comme un cancer, il «manipule l’immunité et restructure la vascularisation sanguine maternelles». Comparaison froidement scientifique, me direz-vous. Probablement.

Mais quel rapport avec ce brave Trofim diriez-vous ?

Orwel plus fort que Nostradamus, d’accord ; mais, Orwel c’est has been, faites entrer Trofim. Le lyssenkisme est la manipulation d’une méthode scientifique à des fins idéologiques, du nom de cet agronome de l’époque stalinienne géniteur d’une politique génétique destinée à améliorer le rendement agricole du blé, la « vernalisation », politique basée sur aucun fondement scientifique, qui accède néanmoins au rang de théorie officielle.

A l’instar de Lyssenko qui entend « appliquer la dialectique marxiste aux sciences de la nature », nos progressistes entendent quant à eux appliquer cette même dialectique aux sciences sociétales. De surcroît, il suffit de nos jours de remplacer marxiste, par féministe, progressiste ou multiculturaliste, et j’en passe et des plus morbides, et le commun des mortels aura un aperçu exhaustif de l’algorithme doctrinal qui sous-tend les avancées dites sociétales, toujours en totale symbiose avec les fumeuses valeurs républicaines.

Déjà au café de Flore, l’enfumage de la nomenklatura était en gestation avancée. On ne naît pas femme, on le devient, proférait la Simone. Mathieu Fawas est d’accord. Après le MacDo, le Kosovo et les séries américaines, les lubies progressistes outre-Atlantiques ne tarderont pas à métastaser au sein de la vieille Europe, au début par le biais de la propagande, puis par le biais législatif. L’avortement, qui devait rester une exception, dixit l’autre Simone, devenu droit intangible car « mon corps m’appartient », le mariage homosexuel, la théorie du genre, l’abécédaire LGBTQ+, la déshumanisation du fœtus, la PMA, l’antispécisme et bientôt le transhumanisme. Le féminisme à cet égard ne serait-il pas la première manifestation embryonnaire du transhumanisme ? Thème à méditer, vous avez trois heures.

N’empêche, l’on assiste à l’éternelle résurgence du lyssenkisme au service de l’idéologie dominante en totale contradiction avec le réel. In fine, du progressisme ou du fœtus on devine aisément lequel des deux est le plus malin.

Il y a bien longtemps, un vénérable confrère s’aventurait à dire que science sans conscience n’est que ruine de l’âme. De nos jours, la science est de plus en plus dévoyée au bénéfice d’une idéologie mortifère ; la conscience, individualiste et relativiste au service des minorités normatives. Et l’âme. L’âme ? Mais de quoi parlez-vous ?

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