Quand la Terre gronde : les séismes les plus puissants de l’Histoire

Si les failles sismiques françaises dorment depuis longtemps, leur réveil reste toujours possible.
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Dans la nuit du 29 au 30 juillet 2025, un séisme d’une magnitude estimée à 8,8 a frappé, au large de la péninsule du Kamtchatka, dans l’océan Pacifique, au large des côtes russes. Il s’agit de l’un des tremblements de terre les plus puissants enregistrés depuis plusieurs décennies dans cette zone sismique active, et du plus violent depuis celui de 1952, qui avait atteint une magnitude de 9, dans la même région.

La secousse tellurique a provoqué des alertes au tsunami dans plusieurs pays du bassin Pacifique : en Russie, au Japon, en Colombie, au Pérou ainsi qu’en Polynésie française, où des vagues pouvant atteindre 2,5 mètres de hauteur sont attendues, notamment dans les îles Marquises. Malgré l’intensité exceptionnelle de l’événement, les autorités russes n’ont fait état d’aucune victime. Ce phénomène spectaculaire nous invite néanmoins à revenir sur les séismes les plus puissants recensés à travers le monde, mais aussi à reconsidérer l’histoire sismique de la France, souvent méconnue mais loin d’être négligeable.

Les plus grands tremblements de terre

Le séisme du Kamtchatka de magnitude 8,8 rejoint le cercle très restreint des six plus puissants jamais enregistrés sur Terre, selon l’Institut d’études géologiques des États-Unis (USGS).

Le plus fort jamais mesuré par l’Homme demeure encore indétrônable et survint au Chili, en 1960, avec une magnitude de 9,5. Ce séisme titanesque fit alors 1.655 victimes et priva près de 2 millions de personnes de leur logement.

Quatre ans plus tard, en 1964, l’Alaska fut frappé par un séisme de magnitude 9,2. Il causa la mort de 131 personnes, modifia profondément la topographie locale et engendra des dégâts estimés à 2,3 milliards de dollars.

En troisième position, le triste séisme du 11 mars 2011 au Japon, d’une magnitude de 9,1, bouleversa le monde tout entier. Avec plus de 15.000 morts, il provoqua également la catastrophe nucléaire de Fukushima, dont les conséquences ont fait couler beaucoup d'encre.

La France à l’heure des séismes

Ces événements nous rappellent alors à quel point l’être humain reste vulnérable, face aux forces colossales de la nature, y compris en France où les séismes, bien que moins fréquents et moins intenses, ont parfois laissé des traces profondes.

Le plus puissant tremblement de terre enregistré en France métropolitaine s’est ainsi produit le 11 juin 1909, près de Lambesc, dans les Bouches-du-Rhône. Sa magnitude, estimée à 6,2, fit alors 46 morts, de nombreux blessés et provoqua d’importants dégâts dans plusieurs communes. L’épicentre probable aurait été situé sur la faille de la Trévaresse, liée à la convergence lente des plaques tectoniques dans cette région de Provence.

Cependant, d’autres séismes notables ont ébranlé le territoire français bien avant cela. Le 18 octobre 1356, aux frontières du royaume de France, un tremblement de terre dévasta la ville de Bâle, déjà durement éprouvée par la peste noire. L’événement sismique fut si puissant qu’il fut ressenti jusqu’en Île-de-France.

Un peu plus d’un siècle plus tard, le 2 mars 1490, un autre séisme frappe la région de Clermont-Ferrand, dans le bassin de Limagne, et est considéré comme l’un des plus destructeurs en Auvergne. À Clermont, Billom, Riom ou Pontgibaud, tours et remparts s’effondrent, semant la panique dans une population peu préparée à de tels bouleversements. Et si les failles françaises dorment depuis longtemps, leur réveil reste toujours possible.

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Eric de Mascureau
Chroniqueur à BV, licence d'histoire-patrimoine, master d'histoire de l'art

Vos commentaires

15 commentaires

  1. Bonjour,
    n’oublions pas le tremblement de fin 1972 dans la région Aquitaine et très bien ressenti à Bordeaux: j’y étais, et à Menton, bien avant ! (j’y étais aussi )
    cordialement

  2. Ce sont tout de même les zones de subduction – correspondant le plus souvent à des arcs insulaires, qui sont les plus dangereuses. Pour les Français, avant de sélectionner l’emplacement des futures centrales nucléaires, il a été procédé à des enquêtes sur la sismicité historique et à des études géophysiques approfondies.

  3. Une vague de 2,5 mètre ne constitue pas un tsunami . Attention aux termes utilisés car bientôt une vague de 30 cm sera considérée comme catastrophe naturelle !

  4. « Malgré l’intensité exceptionnelle de l’événement « . Gardez votre sang-froit. Des vagues prévues à 2.5 m (et constatées à 1.5 m), c’est du force 5 Beaufort, soit 30 à 40 kmh de vent. la routine…

  5. Ces écolos me font penser à la petite souris qui, courant à côté de l’éléphant lui dit « regarde ce que je fais comme poussière ».

  6. je rappelle que, même s’il a été très faible, et sans conséquence, il y a eu une secousse à Tours il y a 4 ou 5 ans

    • Mais régulièrement dans les Alpes aussi du côté d’Annecy et plus souvent encore en Suisse principalement dans le Valay… A noter que le séisme de juin 1909 dans le sud était la conséquence du « choc » (rapprochement) de la plaque Africaine…

  7. Et pendant ce temps-là nos escrologistes s’imagine que l’homme peut influer, lourdement, sur le climat. Quel manque d’humilité! La moindre tempête solaire fera passer notre « réchauffement climatique » pour une aimable plaisanterie. Je ne veux pas dire qu’il ne faut pas essayer d’être « propres » mais qu’il serait grand temps d’arrêter de pourrir et de taxer les gens sous des prétextes climatiques.

    • Bien vrai. Je ne mets pas en doute le réchauffement – encore que nous n’avons aucune possibilité de fixer la durée du phénomène. L’histoire de la terre, en particulier celle du Quaternaire, en apporte de multiples exemples. Je mets par contre en doute la responsabilité du gaz carbonique c. à d. du siècle et demi de cette industrialisation à laquelle ceux qui se prétendent écologistes veulent mettre fin. Sinon, à part à de gigantesques barbecues de mammouths, à quoi raccrocher les fluctuations précédentes ? (Il y a des objections plus sérieuses). Il est également simplet d’imaginer que tout va se réchauffer partout. Cela risque d’être plus compliqué que cela et c’est dans cette direction que devraient être orientés les études et la prévention. Plutôt que de financer ces réunions internationales où les « grands » peuvent se pavaner entre eux.

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