Quand JoeyStarr se fait avocat de Lilian Thuram au micro de France Inter

Au micro de France Inter, JoeyStarr est invité à réagir à la polémique suscitée par les propos de Lilian Thuram sur cette satanée race blanche qui se sentirait supérieure. Sous l’œil maternel de Léa Salamé qui mène l’interview, l’ex-NTM va tenter de relativiser les affirmations de notre Martin Luther King à nous.

Rappelons que Lilian Thuram réagissait aux cris de singe qui avaient visé l’attaquant belge Romelu Lukaku dans un stade italien. Le credo du supporter consistant à rabaisser l’adversaire par tous les moyens possibles, il n’est pas étonnant qu’il recoure aux pires humiliations, et sur ce registre, les spectateurs dits « ultras » ne reculent devant rien. Comme on l’a vu dernièrement, les équipes arrivent sur la pelouse sous des noms d’oiseaux de toutes les couleurs, dont « pédé », synonyme dans leur esprit de « dénué de virilité » et donc mauviette, etc. N’y a-t-il d’autres problèmes plus importants que ce folklore débile et souvent très alcoolisé ?

JoeyStarr ne l’entend pas de cette oreille. Il est en souffrance. Les gens « blancs » ne peuvent pas comprendre : « Comme ils vivent entre eux [les Blancs] il y a des choses qu’ils ne sentent pas », commence-t-il. À l’inverse, et comme chacun le sait, dans les quartiers dits sensibles et quelque peu « ultras » à leur manière, l’ambiance est à l’ouverture. Pompiers, médecins et policiers vaquent à leurs occupations en toute sérénité. Il n’y a aucun communautarisme fermé à toute intrusion venue de l’extérieur. Joey commence fort. Et enchaîne : « C’est sorti du contexte, c’était par rapport à une partie des spectateurs qui font des cris de singe. » Un point pour JoeyStarr. Même le « Blanc encore plus blanc que blanc » peut comprendre l’indignation et la colère des personnes concernées.

Non. Ils ne peuvent pas. « Vous n’êtes pas black, vous ne savez pas ce qu’on vit. Comme vous ne faites pas partie de ces communautés qui tous les jours vivent ça, le regard de l’autre et ainsi de suite . » Sketch de l’arroseur qui se prétend arrosé. Avec un passé émaillé d’agressions diverses qui valurent séjours en prison pour « Joey tape dur » et dans les hôpitaux pour ses victimes, l’ex-rappeur se permet de pleurnicher sur on ne sait quels regards. La décence n’a pas été invitée dans le studio de France Inter. Pétrie de compassion pour son invité, Léa Salamé ne relève pas.

La fiche Wikipédia consacrée au personnage relate une autre condamnation pour des coups assenés à un singe. Et nous revoilà à la case départ. Le singe avait poussé des cris d’humain. Sans doute. Un singe « ultra » qui avait un peu trop forcé sur la « Kro ». France Inter réinvitera l’ex de Béatrice Dalle pour parler de cette terrible affaire de racisme.

Mais revenons au sujet du jour : « Lilian n’a pas voulu être aussi catégorique. » Un demi-point pour Joey. Sous le coup de l’indignation, ses mots ont pu dépasser sa pensée, mais Léa Salamé tient à revenir sur la souffrance de son invité Calimero victime d’outrages incessants (sniff) : « Vous sentez des regards ? »

Calimero confirme : « Vous ne pouvez pas savoir… Vous ne savez pas ce que c’est […] Je sens des regards, des actes de discrimination et ainsi de suite. » L’arroseur n’est pas très content que l’arrosé proteste. Peut-être a-t-il été frappé par un regard ? Un passant lui aurait jeté son œil de verre au visage ? Possible.

Et une petite dernière pour la route : « Mes enfants sont dans une école, tu vois le quota de négros. » Sous-entendu, il y en a peu… « Bon. Ils sont dans une bonne école », ajoute-t-il… Re-sous-entendu, une école pour enfants de bobos. Loin des quartiers ultra-sensibles. Joey n’a pas le beur mais l’argent du beurre… C’est son drame.

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