Projet socialiste 2027 : des impôts, pour (ne pas) changer…

Fusion IR-CSG-CRDS et taxe sur l’héritage : la gauche remet la pression fiscale.
Capture d'écran Assemblée nationale
Capture d'écran Assemblée nationale

Le journal L’Opinion a dévoilé en avant-première les grandes lignes du projet socialiste pour 2027, censé être dévoilé après les municipales. Inutile de chercher un aggiornamento idéologique. Le logiciel est intact, huilé, assumé : la transformation par l’impôt. Le cœur du programme tient en une formule technique qui sonne presque anodine : fusionner l’impôt sur le revenu, la CSG et la CRDS. En clair, regrouper en un seul prélèvement progressif ce qui constitue aujourd’hui l’ossature de la fiscalité sur les revenus.

Pour l’essentiel, ce cocktail s’inscrit dans la continuité du pacte scellé avec La France insoumise lors des deux dernières législatives. Le PS ne corrige pas la trajectoire : il l’assume.

La grande fusion : trente ans d’obsession

L’idée n’est pas neuve. Elle traverse les congrès socialistes depuis les années 1990. À chaque génération, on la repeint aux couleurs du moment : simplification, lisibilité, justice fiscale, consentement à l’impôt. Elle faisait même partie du programme présidentiel de François Hollande en 2017. Petit retour en arrière. La CSG est créée en 1990 sous Michel Rocard. Taux modéré (1 %), assiette large, objectif affiché : financer la Sécurité sociale. La CRDS arrive en 1996 pour éponger la dette sociale. Temporaire, promet-on. Limitée dans le temps, assure-t-on.

Trente ans plus tard, la CSG atteint 9,2 % sur les revenus d’activité. La CRDS n’a toujours pas disparu. Le provisoire s’est installé. Le modeste s’est consolidé. L’exception est devenue pilier.

La fusion proposée consisterait à fondre l’impôt sur le revenu, progressif et concentré sur une partie des foyers, avec ces contributions proportionnelles payées par presque tous. Résultat : un grand impôt universel, pleinement progressif, doté de davantage de tranches. Officiellement, il s’agit de justice. Concrètement, c’est un levier puissant pour augmenter la pression sur les classes moyennes et supérieures tout en élargissant l’assiette. Une mécanique élégante : on ne crée pas un nouvel impôt, on « harmonise ». Nicolas qui paie, lui, verra surtout la ligne globale en augmentation.

Dans un pays où les prélèvements obligatoires frôlent 45 % du PIB et où la dépense publique dépasse 55 %, la question des recettes semble pourtant moins brûlante que celle des dépenses. Mais au Parti socialiste, la réduction du périmètre de l’État reste un sujet théorique. Pendant que le Rassemblement national évoque des baisses ciblées de fiscalité indirecte et que Reconquête ou l’Union des droites pour la République mettent en avant la réduction de la dépense publique, le PS choisit de renforcer l’outil fiscal existant.

L’héritage, ce « truc qui tombe du ciel »

À cette fusion s’ajoute un impôt sur les grosses successions, présenté comme un outil de justice patrimoniale. Rendement annoncé : 400 milliards d’euros sur quinze ans. L’objectif est ambitieux. Le symbole, assumé.

La France figure déjà parmi les pays développés où la fiscalité sur les transmissions est la plus élevée. Mais l’héritage demeure suspect. N’est-ce pas, comme l’avait résumé avec une désinvolture révélatrice Yaël Braun-Pivet, président macroniste de l’Assemblée nationale bercée au socialisme, « ce truc qui tombe du ciel » ? La formule dit tout : ce qui est transmis serait par nature injuste. Le patrimoine hérité devient un déséquilibre à corriger.

L’expérience récente de la taxe sur les hauts revenus rappelle pourtant la fragilité des projections : 2 milliards d’euros espérés, environ 400 millions réellement perçus. Les contribuables concernés ont démontré une capacité d’adaptation supérieure aux prévisions budgétaires.

Un élargissement idéologique assumé

Le programme ne se limite pas au champ fiscal. Il assume une inflexion plus large : remise en cause de la réforme des retraites, revalorisation du travail et instauration d'une semaine de quatre jours, légalisation du cannabis, accent mis sur une régulation accrue dans plusieurs secteurs stratégiques, investissements massifs dans les énergies renouvelables. Autant de marqueurs qui traduisent une orientation plus radicale et un rapprochement doctrinal avec la gauche la plus revendicative.

Mais le pivot demeure la fiscalité.

La constance socialiste

Le projet socialiste 2027 ne déroge pas à une règle immuable : face à un problème budgétaire, la solution passe d’abord par le prélèvement. Fusionner pour mieux redistribuer. Taxer pour corriger. Ajuster les tranches pour rééquilibrer. Il y a, dans cette persévérance, une fidélité remarquable. La CSG était modeste et temporaire. Elle est devenue massive et pérenne. La CRDS devait s’éteindre. Elle subsiste. L’impôt sur le revenu devait rester ciblé. Il s’apprête à devenir universel. La morale est limpide : en matière fiscale, rien ne disparaît jamais. Tout s’empile. Tout s’ancre. Tout prospère.

Reste à savoir si les Français, déjà champions d’Europe du prélèvement, souhaitent franchir une étape supplémentaire vers l’impôt total.

À force de considérer la richesse comme un phénomène atmosphérique qu’il suffirait de capter, on finit par oublier qu’elle se produit avant de se redistribuer. Et l’on découvre, parfois un peu tard, qu’un ciel trop longtemps chargé finit par ne plus rien laisser tomber.

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Yann Montero
Journaliste Boulevard Voltaire

Vos commentaires

55 commentaires

    • Eh bien si je regarde les listes on peut se demander s’il faut encore aller voter il n’y a pas une liste pour sauver l’autre et les blanc et nuls ne compte pour rien alors quelle est la solution ?!!!

      • Essayer ! Au moins on pourra juger. C’est ce que l’on dit aux enfants quand il ne veulent pas manger : « goûte avant de dire, j’aime pas ! « 

    • @Volente : vous avez raison, du simple bon sens. Ces gauchistes sont indécrottables surtout quand on constate les différents scandales qui les touchent (fraude fiscale, agressions sexuelles etc….)

  1. Le pays est en pleine décrépitude mais non on poursuit la même politique, pire on la renforce droite et gauche confondues depuis 1981 voir même avant, entre tout les partis concernés il n’ y en a pas un pour racheter l’ autre Mais bon se sont les français qui votent mal….

  2. Il n’y a pas qu’eux, j’ai retrouvé une feuille d’impôt de 86, je payais 5200 Francs d’impôts. Ceux qui sont au pouvoir depuis 40 ans, droite/gauche/centre ont toujours taxé ceux qui bossaient

    • Normal, ils tous copains et font semblant de s’affronter depuis 1981 !!!!!!!!!
      Mais ils vont manger ensemble dans les mêmes bons restaurants…

  3. Pourquoi renoncer à recourir aux recettes éculées qui ont prouver leur efficacité en creusant la dette et en détruisant l’économie.

  4. Si j’en juge par la photo de Monsieur Montero celui-ci n’a pas connu le 10 mai 81. Pour l’avoir connu, je peux vous dire que rien, absolument rien, n’a changé. Les socialos sont en fait des crypto trotskards et des crypto cocos.

  5. Nous avons déjà eu droit à la gestion du budget par des socialo-communistes pur jus entre 1981 et 1983. Puis, après le désastre économique qui s’en est suivi, avec ses 3 dévaluations, Tonton a décidé qu’il était temps de mettre les vieilles lunes marxistes de côté et de revenir à une gestion un peu plus saine.
    Le socialisme, ça ne fonctionne nulle part, pas plus en France qu’ailleurs, est-il vraiment nécessaire d’en avoir, à nouveau, des preuves ?

    • En fait Tonton a fait semblant de remiser les vieilles lunes marxistes. La fiscalité et la règlementation tâtillonne n’ont fait que croître et embellir, et ce, même après le tournant de la prétendue rigueur !
      à cette époque Mitteux a créé SOS Racisme pour mieux dissimuler le fait que la France était déjà en faillite. Depuis 45 ans, les gouvernements successifs n’ont fait que de la cavalerie. Tonton a laissé croire qu’il aimait les entrepreneurs en faisant la promotion d’un escroc tel que Bernard Ta..pie ! Bref de l’enfumage complet.

  6. Entièrement d’accord avec le nouveau nom proposé PDI
    j’ai lu « un riche s’achète des choses luxueuses avec l’argent qu’il a gagné, la gauche aussi avec votre argent

  7. Avec tous les emprunts au niveau européen (Covid, Ukraine), avec toutes les dettes déjà crées et qu’il faut faire « rouler » en partant d’un taux à 0% à 3.40% ce jour (3482Mds*3.4% = 118Mds d’intérêt par an à terme). PS ou pas PS, les impôts vont exploser, les dépenses de l’état s’effondrer et en route vers l’hyperinflation, et ce quelque soit le parti au pouvoir. Seul le timing peut éventuellement se discuter. Accrochez-vous ça va secouer !

  8. Avant de fusionner les confiscations, fusionnez la carte d’identité avec la carte vitale et le permis de conduire. Vous verrez les fraudes fondre comme neige au soleil.

    • @Waqp

      Vous allez être exaucé dans les quelques années qui viennent. L’identité numérique et dans les tuyaux après le vote de la loi, il est interdit de rire, protéger les moins de 15 ans. A Strasbourg a eu lieu un vote entérinant l’euro numérique programmable promu par la BCE. Fusion de la carte vitale, du permis de conduire, l’identité numérique et l’euro numérique programmable, et bien, ce sera fini avec la vie privée, des libertés car ce sera la porte ouverte au crédit social à la chinoise. Si c’est cela que vous voulez, votez Attal ou Philippe. Ayant refusé le compteur Linky et ne m’étant pas fait injecter les doses Pfizer, il va sans dire que jamais je ne voterai pour quelqu’un qui fera la promotion d’outils de flicage digital… Si le pouvoir macroniste voulait vraiment lutter contre la fronde aux fausses cartes vitales il l’aurait fait dès le début… Cela dit, c’est votre droit d’être captivé par les outils liberticides présentés comme « solution » à des problèmes qu’on a laissé s’aggraver.

      • Vous avez 100% raison. On est déjà flikés mais la réunion des 3que je cite et uniquement ceux là permettrait d’éteindre une grande partie des fausses cartes vitale et des faux permis. Cependant, je considère les espèces comme une liberté et je m’astreins à limiter au maximum l’utilisation de la carte bleue.

  9. Et leur fromage à toute cette brochette d’inutiles, fromage surgras à 200% de matière grasse, à quand ça s’arrête?

  10. ils n’ont pas compris que les classes moyennes ont commencé a quitter la France.
    Les 30 – 40 filent au USA Canada, Hollande Luxembourg les retraités en Italie Maroc Portugal Espagne.
    Et leurs enfants font leurs études supérieures a l’étranger et y resteront.
    Bilan quand on voit un jeune ingénieur qui gagne 8000 euro au Canada et 3000 en France..y a pas photo.

    • Depuis mai 81 la gauche au pouvoir sait parfaitement qu’elle fait fuir entrepreneurs, entreprises, classes moyennes , riches et firmes multinationales qui n’investiront pas en France.
      Mais Ils s’en contrefoutent complètement puisqu’ils ont raison !

  11. La  »gauche » gère mal, mais avec l’argent des autres, donc il n’y a pas de raison que cela s’arrête. On ne change pas une équipe qui perd.

  12. avec la gauche tous les français sont riches, évidemment nous payons leurs salaires sans sourciller, c’est qui les patrons de ces pleurnichards c’est nous, il serait temps de s’en rendre compte

    • « c’est qui les patrons de ces pleurnichards c’est nous, » nous sommes les patrons de tous les politiques, puisque nous les payons, mais ils sont tous abonnés à « modes et travaux » ( existe encore ?) et tous se torchent donc avec les patrons.

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