Présidentielle : David Lisnard ouvre la porte à un vote RN face à Mélenchon

En préférant « n'importe quel candidat » contre celui de LFI, David Lisnard fait tomber un tabou à droite.
Copie écran BFM TV
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À moins d'un an de l'élection présidentielle, le traditionnel cordon sanitaire autour du Rassemblement national continue de se fissurer. Invité de BFM TV, le 1er juillet, David Lisnard a affirmé que, dans l'hypothèse d'un second tour opposant Jean-Luc Mélenchon à un candidat du RN, il voterait pour « n'importe quel candidat » face au leader de La France insoumise. Autrement dit, y compris pour le Rassemblement national.

Une prise de position loin d'être anodine. Quelques jours plus tôt, Bruno Retailleau avait déjà refusé de renvoyer dos à dos le RN et LFI, rompant avec une doctrine longtemps défendue par une partie de la droite. À mesure que la perspective de 2027 se rapproche, le principal repoussoir semble désormais être Jean-Luc Mélenchon davantage que le parti de Jordan Bardella.

Une évolution cohérente dans le parcours de Lisnard

Cette déclaration s'inscrit dans une évolution politique amorcée depuis plusieurs mois. En quittant les Républicains après l'annonce de sa candidature à l'élection présidentielle, David Lisnard a acté sa volonté de tracer sa propre voie. Le président de Nouvelle Énergie défend une ligne libérale sur le plan économique, tout en affichant des positions fermes sur l'immigration, la sécurité et la réduction de la dépense publique.

Son objectif est également de dépasser les frontières traditionnelles de la droite. Il avait ainsi salué la proposition d'organiser une grande primaire allant d'Édouard Philippe à Sarah Knafo, estimant que cette idée permettrait de faire émerger le candidat le plus à même de porter une alternance. De la même manière, lors des dernières élections municipales, il avait implicitement soutenu Éric Ciotti, candidat UDR, face au maire sortant macroniste Christian Estrosi.

Sans prôner une alliance avec le Rassemblement national, David Lisnard n'a donc cessé, ces derniers mois, de remettre en cause les barrières politiques héritées des précédentes échéances électorales.

Le RN voit la confirmation d'une proximité politique

Au Rassemblement national, les propos du maire de Cannes ont été accueillis avec satisfaction. Interrogé par Boulevard Voltaire, le porte-parole du mouvement, Aleksandar Nikolic, y voit la confirmation d'un basculement. « C'est bien, qu'il y ait cette clarté, parce que Jean-Luc Mélenchon représente un danger », explique-t-il, avant de souligner qu'« ils appellent implicitement à voter RN, ce qui constitue quand même une nouveauté ».

L'eurodéputé va même plus loin. À ses yeux, les convergences entre David Lisnard et le RN sont nombreuses. « Je ne vois pas en quoi il est en désaccord avec nous », affirme-t-il, évoquant des positions communes sur la maîtrise de l'immigration, la sécurité, la baisse de la pression fiscale ou encore la réduction des dépenses publiques.

Une main tendue aux électeurs LR avant 2027

Fort de ce constat, Aleksandar Nikolic transforme la déclaration de David Lisnard en argument politique. Pour lui, si le président de Nouvelle Énergie souhaite réellement voir appliquer les idées qu'il défend, il devrait aller au bout de sa logique. « Il est donné à 2 %. S'il veut que des idées qui se rapprochent des siennes arrivent au pouvoir, il devrait être dans un soutien un peu plus important en notre direction », estime-t-il. Avant d'élargir son propos à l'ensemble de l'électorat de droite : « Le vote utile, aujourd'hui, c'est de voter pour le candidat du RN. »

À défaut d'annoncer une quelconque alliance, les propos de David Lisnard traduisent une évolution profonde du débat politique. Longtemps infranchissable, la frontière séparant une partie de la droite du Rassemblement national apparaît de plus en plus poreuse lorsque l'hypothèse d'une arrivée de Jean-Luc Mélenchon au pouvoir est évoquée. Une évolution que le RN entend manifestement exploiter dans la dernière ligne droite vers l'échéance présidentielle de 2027.

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Yann Montero
Journaliste Boulevard Voltaire

Vos commentaires

91 commentaires

  1. ROTAILLAUD a beaucoup de qualités mais un gros défaut, celui de refuser de tendre la main au RN, tout comme le RN qui refuse de tendre la main à Sarah KNAFO. A force de retenues pour des raisons partisanes, la droite (la vraie !) risque de perdre l’occasion de se trouver à la 1ère place. MELANCHON risque de paraître comme un sauveur contre le RN. Ce serait l’erreur la plus terrible pour notre pays.

  2. Bien Mr Lisnard mais beaucoup de Français et l’immense majorité de ceux qui sont ou ont été LR le pensent sans le dire.

  3. Moi, quand j’entends Lisnard, j’entends surtout sa volonté d’y aller seul. Et d’y croire.
    Il ne l’a pas caché non plus lors du débat avec SK.

  4. Si il y a un vote important de la droite pour le RN marine Le Pen sera bien obligée d’en tenir compte et l’union des droite se fera de fait, elle ne devra pas faire comme Chirac élu face à Jean Marie qui lui n’a pas tenu compte de tous les français.

  5. Lisnard est un mec bien , d’ailleurs il a quitté les LR car voyait bien les magouilles de Retailleau et Wauquiez , si le RN ne se présente pas ou ne peut pas et pas de Reconquête , je voterai volontiers pour lui car vu les autres , au secours pour notre pays , Lisnard est un patriote , il faut une union des droites , UDR, RN , Reconquête , Les Patriotes , et même LR sinon le pays est foutu avec l’ex macronie et la gauche ; il faut qu’ils en prennent conscience car ces pourris de gauchos ne vont pas se gêner pour s’allier , même les centristes vont voter gauche , je vois bien même Attal voter Melenchon

  6. Il est bon que cette petite droite molle commence à réfléchir sainement. Il y a de bonnes idées partout, sauf à gauche.

  7. David Lisnard est quant même Président de l’Association des Maires de France,
    et il a quitté les LR

  8. Pour moi, Marine Le Pen, fait beaucoup trop de concessions aux partis adverses, trop laxiste, tellement elle a peur de ne pas être élue, n’a aucune chance d’être élue c’est pourquoi je pense que ses adversaires vont la laisser se présenter … le mieux ce serait Bardelle, du sang neuf et beaucoup plus carré que l’autre, un véritable adversaire pour la gauche …

    • Si il y a une chose que l on peut reconnaître au RN c est qu il ne fait alliance avec personne. Il ne doit rien à personnes.

      • Tout a son honneur comme ca a sa 5eme « veste » le RN pourra se victimiser et raconter que c’est de la faute de ceux qui ne se sont pas rallies  » a son panache..rose »….

  9. Il était temps…
    Cela dit, aucun candidat présidentiel ne définira clairement le cap à donner pour dévier le pays du mur de la faillite économique dans lequel il se précipite, guidé avec précision par les règlements européens à effet de cliquet sur l’énergie et l’environnement. Et je ne crois pas que les jeunes générations aient reçu une éducation qui leur permette de comprendre que quand plus de la moitié de la population vit aux dépens d’un petit tiers dont ils spolient le travail cela ne peut que se terminer mal.

  10. Le débat gauche droite qui résumait le bipartisme de la Vème République, révolu jusqu’à la montée en puissance du RN au détriment de l’électorat ouvrier de gauche et celui de la droite notamment de LR puis le floutage de Macron depuis 2017 a morcelé l’espace politique au point où désormais il n’y a plus de majorité stable, le mode de scrutin aux législatives aidant.
    Un scrutin majoritaire à un seul tour permettrait une clarification en imposant de facto un retour au bipartisme comme c’est le cas aux USA où ce système permet d’élire des majorités cohérentes et stables de surcroît raffermies par des midterms.
    Chez nous, seule l’élection présidentielle reste l’exception en barrant l’éventualité d’une triangulaire.
    Il nous faudra bel et bien choisir entre Mélenchon et Bardella !
    Ce duel, ce tabou présenté comme l’épouvantail n’en demeure pas moins la seule réalité, il sera bien au contraire le seul moyen de mettre fin à la démagogie et à l’inaction des pouvoirs successifs qui en éludant les questions fondamentales relevant du manichéisme fondamental droite-gauche, ont mené progressivement notre pays à cet état d’incapacité, de léthargie et au marasme actuel.
    Nous n’aurons retrouvé aucune cohésion avant d’avoir accompli ce choix fondamental entre une société sans limite à toutes les inclusions au nom de droits individuels devenus fondamentaux et un état ordonné, souverain régi par l’intérêt de tous c’est à dire de la nation.

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