[Point de vue] Sondages : Édouard Philippe y croit et tente d’exister

Capture d’écran (1968)

Les sondages se suivent et se ressemblent. Pour Emmanuel Macron et Élisabeth Borne, la descente aux enfers continue, selon celui de BVA/RTL : « Seuls 28 % des Français ont encore une opinion favorable » du tandem Élysée/Matignon. Chez les 35-49 ans (leur cœur de cible avec les retraités), la dégringolade (-11 points) serait imputable à la prestation télévisuelle du Président, le 22 mars, à l’occasion de laquelle, nous dit RTL, il se « serait montré inflexible et incapable de se mettre à la place des Français ».

Pour ce qui est de son opposition ou d’une éventuelle concurrence à venir, les mêmes sondages ne sont guère plus brillants, tel qu’en témoigne celui d’Odoxa-Mascaret, commandé par les chaînes LCP, Public Sénat et une vingtaine de quotidiens régionaux.

Bien sûr, il ne s’agit pas là d’intentions de vote, mais seulement de « soutien ou de sympathie ». Mauvaise nouvelle pour Emmanuel Macron, qui pensait s’être débarrassé du maire du Havre, avec 34 % d’adhésion, Édouard Philippe continue de faire la course en tête, malgré sept points perdus. Tout juste derrière, Marine Le Pen, même en baisse de trois points, le talonne avec 32 %. Derrière eux ? Jordan Bardella (23 %), Fabien Roussel et Jean-Luc Mélenchon, respectivement à 22 %. Chez les principales figures gouvernementales, l’ambiance n’est pas, non plus, à la fête : Bruno Le Maire (21 %), Gabriel Attal (20 %), Gérald Darmanin (19 %).

Voilà qui semble à peu près représentatif de l’état des principales forces politiques en présence ; à l’exception de Fabien Roussel, dont la popularité ne se reflète pas forcément dans les urnes, étant probablement plus populaire chez les électeurs de droite que ceux de gauche. Et, bien sûr, d’Édouard Philippe, dont la cote peut être comparée à celles, toutes aussi fragiles, dont bénéficiaient naguère ces élus du cœur sans électeurs, tels Jack Lang, Simone Veil ou Michel Noir.

L’ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron semble néanmoins croire encore à un possible destin présidentiel ; si ce n’est providentiel. Ce samedi dernier rameutait-il, ainsi, ses troupes à l’occasion du congrès de son parti, Horizons, en compagnie de François Bayrou et d’Élisabeth Borne ; le genre d’affiche qui fait rêver. Histoire de refaire à nouveau les unes des gazettes ? Oui, probablement. Mais il sait aussi que plus il s’expose publiquement et plus sa cote de popularité risque d’en pâtir. Quand on se veut l’éternel recours, mieux vaut demeurer discret, tel un Antoine Pinay, éphémère ministre des Finances du Général, que des décennies durant l’on consulta, mais que, pourtant, jamais on ne rappela.

Mais il faut bien exister politiquement, malgré tout. Alors, quoi de mieux que de participer au « Quotidien » ? Et là, l’occasion de faire le buzz. De se donner des postures de « droite » tout en regardant la France profonde droit dans les yeux : « Imaginez un instant qu’au lieu de lutter contre des méga-bassines, ceux qui pratiquent la violence soient contre l’installation d’un camp de migrants. Personne, ici, ne dira ah ouais, la violence est légitime. » Belle sortie. Un peu comme « l’ordre juste » de Ségolène Royal, le « Kärcher™ » de Nicolas Sarkozy ou « l’immigration-invasion » de Valéry Giscard d’Estaing. Bref, autant d’attrape-gogos pour électeurs de droite jamais lassés d’être floués. L’époque où c’était dans les vieux pots qu’on faisait les meilleures soupes est passé depuis longtemps. Mais ça, Édouard Philippe ne le sait pas. Bref, qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour rattraper Marine Le Pen dans les sondages, tels ces enfants tentant d’attraper la queue du Mickey dans les manèges éponymes ?

Nicolas Gauthier
Nicolas Gauthier
Journaliste à BV, écrivain

Vos commentaires

41 commentaires

  1. Edouard Philippe et son nouveau parti politique. Petit à petit, les partis politique renaissent comme au bon vieux temps de la IV °république. On y revient à ce temps là ou les gouvernements tombaient tous les 6 mois.

  2. Quand je pense que la NUPES de Mélenchon a appelé à voter pour Macron, et qu’ils ne se privent pas de contester bruyamment quand ce n’est pas avec brutalité, en un mot « ils ne sont pas contents du tout », je me dis que le suffrage universel n’a pas permis à la France de se relever, tout au moins depuis que le G.D.G. est partis…
    Je crois rêver ! Bruno Le Maire (21 %), Gabriel Attal (20 %), Gérald Darmanin (19 %). Avec E. Philippe ils font tous parti de la même Obédience initiés F.M., c’est à dire à part la couleur de leurs cheveux c’est la Fraterie en Croisière….aux Ordres de Bruxelles et Washington…..tournés vers la Planète, et la France est leur Marche pied….
    Il y en a Un que vous avez oublié ! C’est parce qu’il est toujours à 7 % ? Pourtant c’est le seul qui soit vraiment pour une Politique qui a déjà réussie pour le plus grand bien de la France…Tant pis, mais les minorités font souvent la différence, on le voit avec L R.

  3. Il nous a « barbé » un certain temps… Voulant devenir un « Homme nouveau », maintenant, il nous « rase » !!!

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