[Point de vue] L’industrie française brûle et nous regardons ailleurs

FedotovAnatoly/Adobe Stock
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Le pays tout entier est focalisé sur la réforme des retraites. Mais encore une fois, nous commençons par la fin de l’histoire. Non pas que ce sujet ne soit pas primordial, mais ne faudrait-il pas en première instance regarder notre modèle économique et l’état de notre industrie ?

Il y a quelques jours, le think tank La Fabrique de l'industrie et le cabinet de conseil en stratégie Oliver Wyman ont publié une étude sur l’impact de la hausse de l’énergie sur nos industries. Le rapport, plus qu’alarmiste, doit nous recentrer sur ce sujet majeur.

En effet, près de 150.000 emplois sont directement menacés, dont 75 % par la hausse vertigineuse et non maîtrisée des prix de l’énergie. La faute à l’abandon du nucléaire, tout le monde en convient désormais. Ces augmentations peuvent être qualifiées d’européennes, car les prix sont restés stables dans le reste du monde, notamment aux États-Unis, où la filière a reçu un soutien massif grâce au plan protectionniste « Inflation Reduction Act ».

Les 25 % de pertes d’emploi restants trouveraient leur origine dans la mise en place du mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF) qui est en discussion à Bruxelles pour réguler les émissions de gaz à effet de serre des produits importés en Europe.

En 2013, des quotas dit « gratuits » d’émission de CO2 pour l’industrie lourde (principalement métallurgique) ont été mis en place pour encourager celle-ci à décarboner sans pour autant délocaliser leur activité.

Ce temps est révolu, ils vont disparaître et la filière industrielle va devoir payer « un droit à polluer ».

Ce mécanisme qui taxera uniquement les entrées sur le marché intérieur européen pèsera pour la énième fois sur la compétitivité de nos exportations, étant donné que le reste de la concurrence mondiale n’aura pas cette charge à son actif.

La solution eût été que ce mécanisme soit utilisé à l’envers, c’est-à-dire pour les exportations en les déduisant du prix du carbone payé lors de la production en Europe. Pour cela, encore fallait-il se soucier de notre avenir industriel. Parmi les secteurs les plus exposés, nous retrouvons les plus grands consommateurs d'énergie : industrie métallurgique, industrie du bois-papier-carton, industrie chimique et industrie verrière.

Pourtant, écologie et économie ne sont nullement antinomiques. Il nous faut changer la tendance actuelle et aligner nos objectifs écologiques avec nos impératifs économiques : pour protéger notre écosystème, notre souveraineté et notre prospérité.

Clément Galante
Clément Galante
Président des jeunes du CNIP (Centre national des indépendants et des paysans) Et conseiller politique en Industrie/Artisanat

Vos commentaires

13 commentaires

  1. La défense de l’industrie passe par la formation. Je suis prof de Génie Electrique, secteur qui recrute et manque de techniciens mais autour de moi tous les jeunes veulent faire des sciences molles. Oui les sciences dures, c’est dur ! Une formation technique cela prend du temps mais ensuite on devient indispensable.

  2. Quand on dit que la France est un pays des plus attractifs pour les investissements étrangers cela veut-il dire que les étrangers ont fleuré la bonne affaire en matière d’aspiration de nos compétences pour mieux nous en déposséder? Comme dirait PP « je pose la question » et est-ce vraiment réjouissant si à terme nous sommes cocus dépouillés, copiés.

  3. C’esT qui qui a bradé nos fleurons? Et maintenant on se soumet aux amerloques pour pouvoir entretenir et augmenter notre parc nucléaire. Merci Macron.

  4. C’est ce que fait l’Allemagne, toute habillée de vert mais polluant l’Europe par son charbon lourd brûlé »à la chinoise » pour compenser la perte volontaire du nucléaire qui nous offrait une énergie durable et saine.

  5. Ce soir, les informations nous disent que les faillites repartent à la hausse. Le rapport des Douanes nous indique que la France exporte désormais moins que l’Espagne. La part de l’industrie dans le PIB n’est que de 10% – 20% en Allemagne. Ce pays meurt – littéralement – mais les impôts sont féroces. Et l’on ne sait pas où passe l’argent.

    • Vous avez totalement raison. La production industrielle française est désormais au niveau de celle de la Grèce et c’est pour cela (allez comprendre) que l’on fait venir par bateau de futurs chômeurs longue durée. Avec plus de 6 millions de – soit-disant – demandeurs d’emplois nos pseudos dirigeants veulent faire travailler les actifs deux ans de plus pour pouvoir payer non pas leurs retraites mais entretenir leurs « invités » !

  6. Ce soir, les informations nous disent que les faillites repartent à la hausse. Le rapport des Douanes nous indique que la France exporte désormais moins que l’Espagne. L

  7. Un exemple de plus qui démontre que cette Union Européenne n’a de cesse que de nous ruiner et de nous soumettre.

  8. « Le rapport, plus qu’alarmiste, doit nous recentrer sur ce sujet majeur. » Alarmiste ou alarmant?

  9. Tout cette autodestruction repose sur l’hypothèse selon laquelle il faut décarboner notre économie.
    Nous attendons toujours la démonstration scientifique qui apporte la preuve de la nocivité du CO2, j’ai bien dit démonstration et non affirmation.

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