Editoriaux - Société - 18 juin 2019

PMA pour toutes : quel avenir pour l’enfant ?

Dans un petit journal auquel je suis abonné, l’auteur d’un article applaudit à la perspective de « l’enfant pour toutes ». Ses arguments sont simples. En fait, il cède à la mode et considère que les lois, qui sont dans la nature humaine depuis l’aube des temps, peuvent être outrepassées dès lors que la science le permet, et parce qu’il faut « s’adapter aux réalités de la société actuelle ». J’admets une seule chose, dans son argumentation : une femme, quel que soit son état social, peut avoir un désir d’enfant. Est-ce une raison pour lui donner satisfaction sans condition ?

Il sous-estime le besoin d’un père et d’une mère pour l’enfant parce que le fait qu’il y ait de plus en plus de couples séparés en fait une situation courante. Courante, certes, mais regrettable, et même dans ce cas, l’enfant a toujours un père. Le divorce des parents est un traumatisme pour lui, bien sûr, mais lui évitera-t-on le traumatisme du divorce de couples féminins ? L’auteur semble compter, aussi, sur cette disposition pour endiguer (modestement, admet-il) l’africanisation de la population française. Ce serait risible si le sujet n’était pas aussi sérieux. On va finir par justifier un « élevage » utilitaire.

Mais dans tout cela, que devient l’enfant ?

Pourquoi serait-il mieux élevé, comme il le suppose, puisqu’il aura l’exemple quotidien de l’anormalité ? Quelle sera son évolution psychique ? Et réfléchissons « plus loin ». Après la PMA, on aura bien sûr la GPA car, au nom de l’égalité homme-femme, il apparaîtra vite intolérable que les hommes ne bénéficient pas des mêmes dispositions. Qu’on ne dise pas que c’est exagéré. Il y a vingt ans, Mme Guigou, lors de la présentation du projet du PACS, avait garanti que le mariage pour les couples homosexuels ne serait pas envisagé, et encore moins l’adoption. On sait ce qu’il en est.

Il ne doit pas y avoir de droit à l’enfant. Il n’y a que des droits de l’enfant. Les dispositions actuelles, qui permettent aux couples hétérosexuels d’avoir un enfant lorsque la nature les en prive, me paraissent adaptées et suffisantes.

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