La municipalité semble s'en émouvoir, mais l'affaire semble entendue - et c'est Le Parisien qui la raconte. Une boucherie, menacée de fermeture après le départ à la retraite de son propriétaire, avait été rachetée par un volontaire, le sieur Hamid Mounsi. Celui-ci avait signé un bail pour un commerce de « boucherie traditionnelle », c'est-à-dire vendant tous les types de viande. Ce dernier point était important pour la mairie, puisqu'il y avait déjà six boucheries à Orly, et qu'il fallait - la diversité étant, on le sait bien, une force - que l'offre redevînt un peu plus complète. Las ! À la surprise générale, M. Mounsi a décidé de ne vendre que de la viande halal. Adieu, jarret, museau, jambon ! Mais vous me direz qu'il ne faut pas confondre charcuterie et boucherie. Dépitée et se sentant probablement trahie, la municipalité se cabre contre cette façon un peu cavalière de porter un projet de vivre ensemble. Elle se dit même prête à aller jusqu'au contentieux. Pourtant, rappelle le boucher halal, « c'est la loi de l'offre et de la demande qui régule le commerce, pas une mairie ». Il a bien raison. D'aucuns diront que le capitalisme est la dictature miroir du fanatisme religieux.

Voici, donc, qu'une septième boucherie vient d'ouvrir à Orly. Il ne reste, par conséquent, qu'une seule boucherie « haram », donc, si l'on excepte le supermarché Leclerc, évidemment. Dans la commune d'à côté. Une dernière boucherie qui va cesser son activité cette année, nous dit le quotidien. Petit à petit, l'uniformisation de l'oumma des se poursuit.

On peut s'en offusquer, car c'est choquant, en effet, mais remontons à la source du problème. À la vérité, la ville d'Orly, dans son souci particulièrement moderne de « vouloir s’agrandir », « s’est ouverte à tout le monde », comme le constate, dans les colonnes du Parisien, « Françoise », une habitante, ce qui a fini par en modifier radicalement la physionomie. D'ailleurs, « Françoise », dont le prénom a été changé, craint peut-être des représailles, car elle tient, en disant cela, des propos à l'évidence pleins de haine et dans lesquels on entend des bruits de bottes. Par conséquent, les édiles d'Orly ne pleurent-ils pas les effets dont ils chérissent les causes (comme dirait l'autre) ?

Petit à petit, Orly, comme tant d'autres villes de la banlieue parisienne, ou parfois même de la France périphérique, bascule dans un autre camp. Pas d'intégrisme ici, pas de salafisme, pas de terrorisme ; l'islam, seulement, l' dans sa version standard, sans options. Mais c'est déjà beaucoup.

22 janvier 2022

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