Tout n’est pas forcément définitivement noir, et réciproquement. Au lendemain du drame de Fukushima, voici tout juste 11 ans - drame qui n’est pas, au sens propre, un accident nucléaire, mais la conséquence indirecte d’un tremblement de terre suivi d’un tsunami -, l’ingénieur atomiste expérimenté était gentiment incité à prendre sa retraite par anticipation. Et les jeunes ingénieurs, à changer de spécialité ! Atomkraft? Nein danke!. Les Verts allemands avaient gagné, Mutti Merkel allait fermer toutes les centrales.

Dix ans plus tard, on s’arrache ces mêmes ingénieurs atomistes à prix d’or. Les finalistes de la présidentielle, et Marine Le Pen, et avant eux au premier tour Pécresse, Zemmour, et même Roussel, promettaient des centrales nucléaires aux Français comme s’il en pleuvait.

Le nucléaire, symbole du mal absolu, a retrouvé sa place au soleil. Et, même, la toute première place ! D’après une étude exclusive réalisée par Bloom, une plate-forme d’ incubée à l’École polytechnique fédérale de Lausanne, pas moins de 90 % des Français actifs sur les réseaux sociaux soutiennent le nucléaire. Ce n’est pas un sondage, c’est encore mieux : plus d’1,3 million de messages postés sur Twitter au cours des six derniers mois, des messages consacrés au nucléaire et à l’énergie en général, ont été passés à la moulinette. Le résultat est édifiant : le nucléaire, c’est branché. Chébran, aurait dit Mitterrand.

Dans le même temps, les éoliennes dégustent. Alors que leur image était encore très positive, en novembre dernier (jusqu’à 10.000 messages favorables par jour à la mi-novembre, et très peu d’activité de leurs opposants au même moment), voici que tout bascule, courant janvier de cette année. Grâce, en particulier, à un seul homme : Stéphane Bern, fort de près de 500.000 suiveurs. Il lui a suffit d’interpeller Barbara Pompili, le 20 janvier dernier, sur un projet d’installation d’éoliennes à Saint-Vaast-la-Hougue qui menaçait de déclassement des tours construites par Vauban, pour que… le vent tourne pour les éoliennes.

Jusqu’à 40.000 messages par jour dénoncent aussi bien des projets d’installation d’éoliennes que des parcs déjà en service. Et, plus largement, cette pseudo-énergie renouvelable, qui conduit à l’installation en miroir d’autant de capacités de productions d’électricité avec des centrales au gaz… ou au charbon. Elle est belle, l’écologie responsable !

Les soutiens des éoliennes se font tellement discrets qu’ils disparaissent presque des radars. Au final, le baromètre Bloom évalue l’image des éoliennes à 64 % négative, et seulement 36 % positive, en moyenne, sur les six derniers mois.

Quel enseignement tirer de tout cela ? La campagne présidentielle, bien que médiocre, nous a permis de constater qu’une idée parée de toutes les vertus, comme les éoliennes, pouvait devenir, quasiment du jour au lendemain, la pire qui soit. Et, à l’inverse, qu’une idée mal partie a priori comme le nucléaire pouvait devenir majoritaire, obligeant les plus timorés à tenter de surfer sur la vague, avec plus ou moins de succès.

De la même manière, la petite musique électorale entonnée par Emmanuel Macron, qui veut faire de la France un des pays phares de l’hydrogène (n’avons-nous pas inventé l’air liquide ?), pourrait se retourner contre lui. On vient en effet seulement de découvrir que l’hydrogène serait… 11 fois plus néfaste à l’atmosphère terrestre que le gaz carbonique ! Loin de freiner le réchauffement climatique, l'usage de l'hydrogène pourrait au contraire l’accélérer.

Derrière le scandale des éoliennes, qui ont enrichi plus d’un investisseur attiré par le seul vert des billets de banque, derrière le scandale du nucléaire et des technologies souveraines bradées (Alstom) par le ministre de l’Économie et des Finances de se cache ainsi peut-être un autre scandale, celui du miroir aux alouettes de l’hydrogène.

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19 avril 2022

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38 commentaires

  1. Eh oui, la nature, il ne faut pas trop la chatouiller, sinon, il y a un retour de balancier qui remet la pendule à l’heure. La physique, c’est pareil, à trop mentir en prétendant comme les GIECARDS des fariboles non démontrées, et non scientifiques, on se heurte à la réalité : pour produire de l’énergie, et il y en a abondamment, il faut rechercher vers les moyens que la physique découvre, l’énergie des électrons (la fission de l’uranium), et l’énergie du noyau (recherche sur la fusion, ITER…)

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