GAY PRIDE

Covid-19 oblige, c’est le 7 novembre prochain qu’aura lieu la Gay Pride officielle. Il fait frisquet, en novembre, à Paris, généralement un froid brouillard d’hiver sous lequel on s’emmitoufle, pas vraiment propice aux culs à l’air et bas résille sur platform-shoes. Difficile de sortir en guêpière à lacets sous la cornette et autres déguisements affriolants très prisés à la Marche des fiertés homosexuelles, bi, trans et tout le bazar.

Novembre, donc, car les consignes de la phase 3 du déconfinement publiées le 16 juin, sur le
site du gouvernement, sont claires : « L’interdiction des rassemblements de plus de dix personnes sur la voie publique ou dans un lieu ouvert au public imposée par l’état d’urgence sanitaire reste en vigueur. Cependant, à la demande du Conseil d’État qui avait été saisi, les manifestations soumises à l’obligation d’une déclaration préalable sont à nouveau autorisées. Les participants ne doivent pas être plus de 5.000 et doivent respecter les règles sanitaires (distanciation physique d’au moins un mètre entre les personnes, port du masque systématique lorsque le respect de cette distance n’est pas garanti, gestes barrières). »

Simple et concis, mais pas respecté du tout car ce n’est pas un petit virus qui pourrait empêcher de défiler pour la cause. Juste, la cause, forcément. C’est ainsi que quelques milliers de personnes ont défilé dans les rues de Paris, le samedi 4 juillet, non pour fêter l’indépendance des États-Unis mais, aux couleurs arc-en-ciel LGBT, pour soutenir le mouvement Black Lives Matter. Aux dires d’un manifestant cité par Valeurs actuelles : « En raison de Covid, le défilé normal de la fierté a dû être annulé, mais nous avons réussi à organiser une fierté plus politique. Ce n’est pas seulement un mois de fierté, nous devons nous battre tous les jours, c’est une bataille de tous les jours, pour faire passer un message dans le monde entier », a déclaré un autre.

Opprimés de tous les pays, unissez-vous. Ma misère contre la tienne et surenchère victimaire au menu. Avec des pancartes brandissant des slogans d’une grande poésie : « Je ne veux pas être courageuse pour aimer », « Trans, mon binaire frère, VNR, pas prête (sic) de se taire ». VNR, se taire… c’est sûrement ce qu’on appelle une rime riche… Et puisque le prétexte était politique (George Floyd, Traoré, tout ça, tout ça), on a crié « Tout le monde déteste la police ! »

Si l’on y réfléchit bien, cette phrase n’est plus un slogan, c’est juste devenu un mot de passe à l’ancienne. C’est le « Sésame ouvre-toi » qui déverrouille les portes du bien, qui vous fait pénétrer le cercle en confiance, vous vaut la reconnaissance des amis et la bénédiction des bien-pensants. Question, toutefois, aux abrutis qui scandent cette phrase à tout faire : si demain, vous, LGBTQIA+, êtes agressés dans la rue par des « homophobes », sur qui allez-vous compter pour vous défendre ? Imaginez un instant que la police prenne prétexte de votre slogan pour regarder ailleurs ?

Hélas, il y a plus consternant encore. C’est cet autre slogan repris en beuglant par les manifestants : « Les hétéros n’existent pas ! » Voilà donc des gens qui, depuis des décennies, nous bassinent avec le droit à être ce qu’ils sont, droit qu’on leur autorise bien volontiers, mais qui voudraient désormais nous imposer de ne plus être ce que nous sommes. Ayant obtenu la reconnaissance, le mariage, l’adoption puis l’insémination en attendant que tombe le dernier bastion de la GPA, il y a belle lurette, déjà, que nous n’avons plus le droit d’être indifférents. Nous sommes à chaque instant sommés de nous prononcer « pour ». Forcément. Mais ça ne suffit plus : nous devons maintenant renier notre nature quand l’éventail chaque jour plus délirant des sous-groupes prétend imposer ses particularismes. Tout est permis, revendiqué, encouragé, sauf l’hétérosexualité ! Tout cela porte un nom : c’est la dictature.

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