Nicolas Meizonnet s'est opposé, dans l'Hémicycle, à l'allongement du délai légal pour avorter de 12 à 14 semaines. Le texte prévoit aussi la suppression du délai de réflexion pour les femmes, la disparition de la clause de conscience pour les médecins et la possibilité, pour les sages-femmes, de pratiquer des IVG. Les explications du député RN du Gard au micro de Boulevard Voltaire.

 

 

Vous êtes député du Gard pour le Rassemblement national. L’Assemblée a prolongé le délai d’IVG de 12 à 14 semaines. Pourquoi vous êtes-vous opposé à ce prolongement ?

 

Effectivement, nous étions amenés à nous prononcer sur l’allongement de ce délai légal d’avortement de 12 à 14 semaines. Dans ce projet de loi, il n’y avait pas que cette question. Il y avait aussi le retrait pur et simple d’un délai raisonnable de réflexion de 48 heures proposé aux femmes entre la 1re consultation et la réalisation. Il y avait également la suppression de la clause de conscience pour les médecins et la possibilité de permettre aux sages-femmes de pratiquer l’IVG. Il faut savoir que la majorité présidentielle souhaite, à travers ce texte, faciliter l’accès à l’IVG parce que les femmes qui souhaiteraient se faire avorter seraient confrontées à des obstacles, notamment le manque d’information, le manque de structures et de praticiens. On peut tout à fait reconnaître qu’il peut y avoir des obstacles, notamment en raison des déserts médicaux. Tout cela, nous ne le nions pas, mais nous ne traitons pas le problème à la racine, à savoir de faire en sorte que ces obstacles n’existent plus plutôt que d’étendre la durée d’avortement qui n’est pas anodin.

 

 

Il y a peut-être une volonté de donner une solution trop simple à un problème beaucoup plus profond. Le professeur Israël Nisand, représentant des gynécologues obstétriciens de France, rappelle qu’à 14 semaines l’opération nécessaire pour pratiquer un avortement est beaucoup plus lourde puisqu’il ne s’agit plus d’aspiration mais il s’agit, et je m’excuse auprès des auditeurs pour ces termes très crus, de fracasser le crâne de l’enfant et de le sortir morceau par morceau. C’est extrêmement violent à pratiquer, et pour la femme également.

 

On passe du stade de l’embryon au fœtus. L’ossification du crâne se fait ainsi que la détermination du sexe. On voit même, sur certaines échographies, des fœtus avec le pouce dans la bouche. Entre 12 et 14 semaines, il se passe incontestablement des choses. Comme vous l’avez dit, plus l’acte d’avortement est tardif, plus il est lourd et dangereux. C’est, d’ailleurs, ce que disait Simone Veil.

Nous, au Rassemblement national, nous ne sommes pas contre l’avortement, il n’est pas question de remettre en question ce droit-là ou le droit des femmes, mais on voit que l’on glisse dans une dérive idéologique et progressiste où le rapporteur de la loi souhaite inscrire son nom et se prend pour Simone Veil, en oubliant ce qu’était la loi Veil dans son essence. L’avortement devait rester quelque chose d’exceptionnel et n’est absolument pas un acte anodin.

Nous avons un gouvernement qui ferme 20 % des lits d’hôpitaux et qui suspend 15.1000 soignants pendant la crise sanitaire, et on nous dit qu’on est face à un déficit de praticiens, donc il faut rallonger l’IVG à au moins 14 semaines. J’étais dans l’Hémicycle pour rappeler la position du Rassemblement national contre ce projet de loi. Je le redis, ce sujet appelle à l’humilité. Il touche à l’intimité et à la vie. Il faut être extrêmement prudent sur ces sujets-là.

 

 

C’est un sujet extrêmement grave. Néanmoins, très peu d’élus étaient présents.

Pourquoi un sujet aussi important ne mobilise-t-il pas l’ensemble de l’Assemblée nationale ?

 

Il faut quand même dire que nous étions en deuxième lecture. Pour ne rien vous cacher, on savait à l’avance que l’opposition serait extrêmement minoritaire. La majorité présidentielle se comporte de façon extrêmement sournoise. On ne traite pas ce type de débat à la fin d’un mandat, au moment où tous les Français ont les yeux rivés vers l’élection présidentielle. C’est très cynique de la part du gouvernement et de sa majorité de présenter ce projet. Il est aussi tout à fait possible que l’opposition se soit démobilisée, tant la majorité est écrasante. De La France insoumise jusqu’au MoDem, voire même jusqu’à certains députés LR, sauf erreur, la très large majorité est favorable à ce projet de loi.

1 décembre 2021

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