Nos révolutionnaires totalitaires et autoritaires sont de retour et passent aujourd’hui par la Grande-Bretagne pour imposer leur idéologie chaotique. Restons vigilants : ce phénomène pourrait bien s’étendre à notre douce si, comme pour la théorie du genre, nous n’y prenons garde.

Un article numérique du Daily Mail ,, auquel fait écho le journal La Croix ce 31 octobre, rapporte que certaines écoles britanniques, sous couvert de ne heurter aucune sensibilité spirituelle, n’utiliseront plus les références « avant et après Jésus-Christ » mais les remplaceront par « avant et après l’ère commune », ce qui n’est autre qu’un arrangement sémantique puisque l’« ère commune » renvoie à la datation du calendrier grégorien, dont le point de référence est la naissance du Christ.

Or, premièrement, nous savons tous aujourd’hui que l’année de naissance du Christ calculée, pour faire simple, au VIe siècle après Jésus-Christ ne correspond pas à la date exacte de sa naissance, survenue quatre à six ans auparavant sans que cela ne gêne pour autant les datations historiques, pas plus en tout cas que de se fonder sur un calendrier lunaire encore plus inégal ou sur la fondation d’une ville, d’un monument ou sur la création d’un ouvrage dont les datations exactes restent à vérifier. Il faut, en effet, un point de référence arbitraire autour duquel s’articuleront tous les autres événements.

Secondement, ce mode de calcul du calendrier grégorien s’est si largement étendu que même les pays qui utilisent d’autres computs calendaires ne s’offusquent pas de notre calendrier : chacun sait que, pour accepter la différence, il faut reconnaître son existence, non chercher à l’effacer. Chacun sait aussi que le commerce ne se porte jamais mieux qu’en temps de paix et qu’il convient donc de connaître a minima les us et les coutumes des pays avec lesquels on commerce pour flatter l’ nationale et écouler ses marchandises. Mais ce n’est pas la visée des extrémistes laïcs anglo-saxons, qui veulent aujourd’hui éradiquer toute référence directe à l’identité culturelle et historique de leur patrimoine, ce que les magistrats du Conseil d’État français qui veulent supprimer la croix de la statue de saint Jean-Paul II à Ploermël sont en passe de faire également.

Toutefois, si nous devions suivre à la lettre la logique de ces terroristes de la laïcité, au sens de la Terreur exercée à la fin du XVIIIe siècle en France, terroristes qui se réclament pourtant d’une vision « éclairée » par la « pensée des Lumières », et puisqu’il convient de ne heurter aucune sensibilité, compte tenu de ce que je me sens particulièrement blessé par cette à tout crin lorsqu’elle entend effacer toute référence à l’ chrétienne de la France, il me semble donc que je suis en droit d’exiger de ces laïcistes de ne supprimer ni les mentions BC (avant Jésus-Christ) et AD (après Jésus-Christ) en Grande-Bretagne, ni la croix de la statue de saint Jean-Paul II en France : ne nous trouvons-nous pas alors dans une aporie non seulement stérile, mais dangereuse ?

Cette impasse est tout d’abord stérile car il serait plus efficace d’instruire les peuples sur les divers calendriers existants plutôt que de vouloir éradiquer l’un d’eux, par exemple. C’est également une pente dangereuse car elle risque de raviver des réactions extrêmes, puisqu’elle touche à l’essence même de nos civilisations. Tel Sénèque, appelons-en donc à la tempérance et opposons l’instruction à la destruction.

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3 novembre 2017

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