Dans mon petit village de 1.500 âmes – pardon pour ce crime de lèse-laïcité ! –, un député a été élu le 18 juin 2017. Oh ! une élection comme il y en eu dans tant d’autres circonscriptions, fiertés de notre beau pays avant-gardiste de la démocratie. Au premier tour, il a recueilli 20 % des voix des inscrits, ce qui, par la grâce d’une abstention frisant la moitié des électeurs, lui attribue un score de 40 % des votants. Surfant sur la vague LREM, et encarté comme tel, le voici résident du palais Bourbon en compagnie de 308 autres élus du même tonneau.

Monsieur Mondéputé, siégeant depuis 1.306 jours, n’a plus l’excuse de la nouveauté. Dès lors, il est tentant de regarder son activité de membre de l’Assemblée nationale. L’Observatoire citoyen de l’activité parlementaire, organisme qui se présente comme « un site qui cherche à mettre en valeur l’activité parlementaire des député », fournit une réponse crédible.

Que dit-il de Monsieur Mondéputé ? On lit :

« Ce député n’a présenté aucun rapport » ;

« Ce député n’a présenté aucune proposition de loi ».

Il a posé 7 questions orales au gouvernement, soit 1 toutes les 26 semaines.

Il a posé 30 questions écrites au gouvernement, soit 1 toutes les 6 semaines.

Au cours des 12 derniers mois d’activité, il a fait, dans l’Hémicycle, 11 interventions « longues » – le site précise « de plus de 20 mots » –, ce qui lui vaut de « faire partie des 150 députés les moins actifs ».

Il est membre de la commission Développement durable et Aménagement du territoire ; sur la même période des 12 derniers mois, il y a été vu à 9 reprises, sa dernière présence remontant à la semaine du 5 octobre 2020. Depuis, c’est-à-dire pendant 6 mois et demi, Monsieur Mondéputé n’a plus reparu. Nous n’avons pas affaire à un stakhanoviste !

Pour cette intense activité, Monsieur Mondéputé dispose, outre une rémunération de 7.240 euros brut par mois assortie de plusieurs avantages en nature, de cinq collaborateurs. On pourrait penser que ce quintet d’assistance lui permet au moins de répondre au courrier : même pas ! Je lui ai envoyé deux lettres : une fois en mai 2020, à propos de la loi Avia, une autre fois en août 2020, au sujet de la loi sur l’allongement à 9 mois du délai légal d’ en cas de détresse psychosociale. Il n’a daigné répondre ni à l’une ni à l’autre, ce qui est, au mieux, une entorse à la politesse la plus élémentaire et, au pire, un manque avéré de courage.

L’impression qui ressort des données de l’Observatoire ne permet pas de dire que ce député met « du cœur à l’ouvrage », comme on dit dans les campagnes (pas seulement électorales). L’image qui vient à l’esprit est plutôt celle d’un flotteur de canne à pêche qui, sans trop d’efforts, suit les oscillations d’une mer qui clapote gentiment. Avec de tels activistes de la représentation du peuple, on peut craindre que, les prochains dimanches d’élection législative, bien des électeurs aillent, justement et encore une fois, à la pêche.

« Redonner confiance dans les institutions », s’époumone le gouvernement en perdition. Avec des députés comme celui-ci, ce n’est pas gagné.

28 avril 2021

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