Editoriaux - Sciences - 24 décembre 2018

“Mission Mars 2020” : vers des missions martiennes habitées ?

Dans le cadre de l’exploration de la planète Mars, la NASA a commencé la construction d’un nouveau rover baptisé Mars 2020 dont le lancement est prévu pour l’été 2020.

Son jumeau, le Rover Curiosity, lancé en 2012 et toujours en activité dans le cratère Gale, avait pour rôle de démontrer l’habitabilité de la planète.

Mars 2020, lui, aura pour mission de rechercher des traces d’une vie disparue qui, si elles existent, devraient remonter à plus de 3,5 milliards d’années. Pour cela, très semblable à Curiosity, il sera doté d’outils technologiques permettant la collecte d’échantillons de sols martiens mais aussi – et c’est nouveau – leur stockage. Les échantillons devraient être renvoyés sur Terre pour analyses par une mission retour. Il emportera également une caméra équipée d’un laser, « SuperCam », construit par la France.

Le lancement devrait avoir lieu à l’été 2020 (période de positions favorables de la Terre et de Mars). L’arrivée du rover sur Mars est prévue pour février 2021. Le site d’atterrissage, le cratère Jezero, a été choisi parmi une soixantaine d’emplacements. Ce cratère de 45 km de diamètre se trouve à l’emplacement d’un ancien lac et conserve les traces de delta de rivière. On y trouve cinq types de roches et cela en fait un site d’études très prometteur. Il comporte, cependant, des difficultés d’atterrissage dues à son relief accidenté. Aussi, si le système de rentrée atmosphérique, de descente et d’atterrissage de Mars 2020 ressemble à celui de Curiosity, quelques améliorations techniques ont-elles été apportées dans les techniques de guidage et d’atterrissage.

La mission devrait durer au moins une année martienne, soit 687 jours terrestres.

Ses objectifs sont nombreux :
1) Recherche d’environnements susceptibles d’avoir accueilli anciennement une vie microbienne.
2) Recherche de traces éventuelles de cette vie microbienne, c’est-à-dire détermination d’une habitabilité de l’environnement par le passé, recherche d’indices potentiels de vie et de matériaux ayant gardé des signatures biologiques.
3) Pour cela, collecte et stockage d’échantillons de roches et de sols.

En effet, le rover Mars 2020 est doté d’une foreuse pour le carottage d’échantillons. Deux à trois douzaines de carottes du diamètre d’un crayon devraient être prélevées jusqu’à dix mètres de profondeur et stockées dans un conteneur en attendant le retour sur Terre.

Il possède également des instruments d’analyse permettant l’étude sur place des caractéristiques chimiques, physiques, minérales et organiques des roches prélevées.

4) Enfin, préparation des futures missions habitées sur le sol martien en analysant les conditions climatiques, poussières, températures… Sont prévus également des tests de production d’oxygène à partir de l’atmosphère martienne, celle-ci étant composée de 96 % de dioxyde de carbone. Cette production d’oxygène est un préambule indispensable à la venue de missions humaines.

Dans l’éventualité où Mars 2020 ne trouverait aucun signe de vie passée, le projet permettra malgré tout de progresser dans la manière d’utiliser les ressources naturelles de la planète et dans la connaissance des conditions climatiques régnant à la surface. Cela ouvrant la voie à de futures installations humaines allégées en matériel. Mais de nombreuses questions restent en suspens : la mission retour des échantillons sur Terre est prévue aux alentours de 2026-2028 pour des analyses très pointues. À ce jour, elle reste à financer et à réaliser.

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