Audio - Editoriaux - Entretiens - 3 octobre 2019

Michel Thooris, sur l’attaque à la préfecture de police de Paris : « Après plus de 50 suicides de policiers, cette terrible affaire endeuille encore la police »

Dans les locaux de la préfecture de police de Paris, un agent administratif employé depuis vingt ans a tué quatre collègues à l’arme blanche avant d’être abattu.

Pour l’heure, le mobile de « cet acte d’une violence sans précédent » n’est pas connu.

Réaction de Michel Thooris au micro de Boulevard Voltaire.


Au lendemain de la manifestation ayant rassemblé 22 000 policiers, un attentat odieux est perpétré au sein même de la préfecture de police de Paris. Un de vos propres collègues ayant 20 ans d’ancienneté dans la « maison» a tué quatre de ses collègues.
On imagine que vous êtes sous le choc ?

C’est un choc sans précédent. Jamais une violence aussi brutale n’avait été exercée par des collègues contre des collègues. Aujourd’hui, l’ensemble de la famille de la Police nationale est très lourdement endeuillée.


Être frappé de cette façon en plein cœur s’apparente à de la trahison…

C’est extrêmement dur. Pour l’instant, on ne connaît absolument pas les motivations qui ont pu conduire cet agent administratif à s’en prendre ainsi aussi sauvagement à des collègues du ministère de l’Intérieur.
On ne sait pas quelles étaient ses motivations, mais il est évident qu’une telle violence est absolument insupportable. Depuis le 1er janvier, à plus de 50 reprises, des agents du ministère de l’Intérieur se sont donnés la mort.
On est évidemment sous le choc d’apprendre qu’un fonctionnaire du ministère de l’Intérieur a pu déraper au point de massacrer à l’arme blanche des collègues.
Pour l’instant, je n’ai pas d’information précise sur ses motivations. On va attendre de savoir exactement qu’elles ont pu être les éléments déclencheurs d’une telle chose.


On ne connaît absolument pas le mobile de cette attaque. En revanche, le mode de procédé peut faire penser à une personne soit déséquilibrée, soit radicalisée.
Après le deuil viendra le temps des questions. Comment s’assurer de la loyauté et de l’équilibre des agents de police ?

C’est très compliqué. Pour l’heure, le motif religieux nous paraît peu probable. On s’orienterait plutôt vers un collègue qui aurait pété les plombs pour des problèmes hiérarchiques ou peut-être des affaires privées qui auraient pu interférer dans sa vie de tous les jours. Je ne peux pas m’avancer là-dessus.
J’insiste sur le fait qu’il faudra déterminer la cause. On en tirera toutes les conséquences.
J’insiste que depuis le début d’année, plus de 50 fonctionnaires de police se sont donné la mort. Aujourd’hui, on va peut-être franchir un cap avec un fonctionnaire qui s’en sera pris physiquement à d’autres collègues. Il faudra voir le mobile et faire la lumière sur cette affaire qui endeuille l’ensemble des 185 000 fonctionnaires du ministère de l’Intérieur.


Est-ce courant pour un policier ou un agent d’avoir des armes blanches dans son bureau ?

Il semblerait que compte tenu du mode opératoire, la préméditation soit envisagée. Visiblement, c’est un acte qui avait été préparé et probablement mûri. Il faudra que l’enquête puisse déterminer rapidement les causes de cet acte. Des perquisitions vont être menées à la fois sur son lieu de travail et à son domicile. Sa vie va être épluchée de manière très précise sur ses relations et sur le plan informatique. Cette procédure permettra de déterminer son entourage familial et professionnel et pourra peut-être éclairer les éléments déclencheurs de cet acte d’une violence impressionnante.

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