Editoriaux - Histoire - Religion - 23 juillet 2018

Mgr Cattenoz et la cabale des tartuffes

Marianne, Mediapart, Têtu et les autres font semblant de découvrir l’Église catholique. Il faut dire que le sermon de Mgr Cattenoz, archevêque d’Avignon, fut révolutionnaire : on n’avait rien entendu de tel lors de cet épisode insignifiant des manifs… Les manifs comment, déjà ? Ah oui, les manifs pour tous. Passées assez inaperçues dans la presse de gauche, n’est-ce pas ? Quant à l’avortement, c’est un non-sujet qui ne défraie régulièrement la chronique que depuis un demi-siècle.

Quelle ne fut donc pas la surprise — totale, on s’en doute — de tous ces tartuffes en découvrant qu’un évêque osait prêcher dans sa cathédrale à propos d’un thème qui ne figurait même pas dans les lectures du jour — ne riez pas : la presse athée et anticléricale se met aux commérages de parvis. Pour une fois que son sermon passait à la radio, est-ce qu’il ne pouvait pas se contenter de pontifier sur le tri des déchets et la paix dans le monde ? Qu’est-ce que c’est que ce prélat qui se mêle de parler de morale ?

Plaisanteries mises à part, ces journalistes militants devraient s’habituer à l’idée que l’Église catholique compte 1,2 milliard de fidèles et que son message n’a pas varié d’un iota en 2.000 ans. Inutile de “faire pression” comme sur les girouettes de la politique : ce n’est qu’une campagne de presse, quand le plus grand cimetière de prêtres est à Dachau. Là non plus, l’Église n’avait pas cédé.

Il y a une sorte de romantisme de la gauche anticléricale dans son idée du progrès perpétuel, qui consiste à croire que l’État aurait écrasé l’Église définitivement, et que les autres religions subiraient toutes le même sort. C’est se tromper d’échelle de temps et raisonner sur un siècle quand l’Église voit le monde de sa création à son achèvement. C’est avoir pour horizon les frontières d’un pays quand l’Église recouvre cinq continents. C’est prendre quelques millions d’hommes qui ont fait provisoirement le dos rond en attendant des jours meilleurs pour une capitulation en rase campagne du sixième de l’humanité.

Non, l’Église n’a pas été matée par la République. Elle a connu l’Empire romain, l’Église, et elle l’a enterré. Elle a baptisé les royaumes, et les a enterrés de même. Elle enterrera la République quand son tour viendra, sans être jamais devenue ni avorteuse ni LGBT.

“Un temps viendra où l’on ne supportera plus l’enseignement solide ; mais, au gré de leur caprice, les gens iront chercher une foule de maîtres pour calmer leur démangeaison d’entendre du nouveau. […] Mais toi, en toute chose, garde ton bon sens, supporte la souffrance, travaille à l’annonce de l’Évangile, accomplis jusqu’au bout ton ministère” (Deuxième épître de saint Paul à Timothée, évêque).

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