Les États pivots encore indécis (Pennsylvanie, Géorgie, Arizona), encore en cours de dépouillement, ont livré, à la mi-journée du 7 novembre, leurs résultats, immédiatement présentés comme officiels par les grands médias anti-Trump. On ne saura que vers mi-décembre si ces résultats sont confirmés, après épuisement des recours judiciaires, si sera le 46e président des USA. Quoi qu’il en soit, le président Trump aura marqué de son empreinte les USA et la planète. Une empreinte profonde et révolutionnaire qui demeurera. Il importe donc, d’une part, d’analyser les vents contraires qui ont soufflé si fort et si longtemps et, d’autre part, de projeter les conséquences de ce séisme sur le sort imaginable des USA, de la planète, de la France.

Les vents contraires – aux USA et en France -, c’étaient les sondages, les réseaux sociaux, les grands médias privés, le Covid-19, les bobos, la rue, les gauchistes ( compris), les minorités sociétales jacassantes… Et encore les lobbys souterrains de la finance, du deep state, des GAFA, du Pentagone. Pourquoi une telle opposition et de telles erreurs ? S’agissant des sondages, on observe que jamais autant de sondés n’ont refusé de répondre aux sondeurs. Non seulement parce que les sondeurs sont méprisés pour s’être tellement trompés en 2016, mais aussi car le matraquage médiatique tentait de culpabiliser le vote Trump, notamment parmi les Noirs et les Latinos. Or, ces derniers ont voté Trump dans des proportions bien supérieures à ce qu’on attendait en raison du succès économique dont les classes laborieuses ont bénéficié (jusqu’à la pandémie), mais aussi par adhésion au discours favorable aux valeurs traditionnelles de bon sens.

Jusqu’au soir du scrutin, Trump restait en tête des suffrages. Ce farfelu, homme de scène et de communication, mais aussi de bon sens, sut parler à la majorité silencieuse et laborieuse du peuple américain, et prendre en compte ses préoccupations : insécurité, immigration, chômage. Il y eut aussi l’attitude des démocrates à l’égard de Donald Trump, mauvais perdants depuis 2016, y compris leur absurde et stérile tentative de destitution. En outre, le scandale du fils (Hunter) Biden et la façon dont le FBI l’a étonnamment ignoré ont donné la nausée à cette majorité silencieuse. Joe Biden, qui fait bien plus que son âge, est trop centriste pour la mouvance Sanders et il est flanqué d’une candidate vice-présidente clivante. L’amalgame pro-Biden est avant tout fédéré par un viscéral anti-trumpisme. Parmi les causes du vote républicain, il y a eu : a) Trump est l’homme qui a fait ce qu’il a dit, b) qui veut en finir avec les aventures militaires étrangères, c) stopper l’ et l’insécurité, d) faire revenir les emplois délocalisés aux USA, e) défendre les valeurs traditionnelles et familiales. Trump a, sans nul doute, révolutionné pour longtemps la communication politique et les relations internationales.

Et demain ? Quelles seront les conséquences de ce séisme sur les USA, la planète, la France ? Certains journalistes français, particulièrement ignorants, proclamaient que M. Trump n’avait pas de programme. Or, derrière ses facéties populistes, le président avait bien un programme de rupture radicale, tant par rapport à la ligne américaine depuis la Seconde Guerre mondiale que vis-à-vis de la doctrine du parti républicain : d’où les tensions personnelles fréquentes dans l’entourage de la Maison-Blanche. Pour longtemps encore, les décisions de la nouvelle équipe seront comparées à la précédente ligne Trump sur l’économie : une fiscalité modérée, une inversion des faveurs fiscales au profit des entreprises qui relocaliseront, des taxes douanières protectrices, une rupture avec la mondialisation commerciale de l’OMC et, donc, aussi avec la méthode politique du multilatéralisme.

La peut-elle s’attendre à une attitude moins dure tant sur le plan commercial que sur celui des droits de l’homme, ou de ses postures militaro-stratégiques ? Au plan militaire, le retrait des boys des terrains d’opérations extérieures, en réponse à la demande latente de la population, sera-t-elle démentie ? Si c’était le cas, l’opinion jugerait Biden sévèrement. Sous l’angle géopolitique Biden interrompra-t-il le dialogue avec la Russie (phobie démocrate) avec, en tête, l’idée de réduire le rôle de l’OTAN ? Que décidera-t-il pour la Turquie, qui n’y a plus sa place ? Car l’ennemi n’est plus l’URSS – ni la Russie – mais la et l’islamisme. Biden relancera-t-il l’intervention américaine au Moyen-Orient ? Quelle sera sa relation avec la France et avec l’Europe pour ce qui concerne les échanges industriels, la géopolitique ? Et, surtout, tiendra-t-il le coup physiologiquement ?

8 novembre 2020

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