Je résume avec un « débrief » concis pour ne pas abuser de la patience des lecteurs, à l’inverse de la prestation du Président.

Monsieur Macron, otage de la Royale et de Bouygues, n’a pas réussi son appontage !

Réalisé à bord du « fleuron » rénové de la Marine, « lieu inouï », selon l’intéressé, l’entretien aurait dû judicieusement porter sur les missions régaliennes du chef des armées, et en particulier du futur de la Défense.

Las, l’actualité populaire et les journalistes commandent, et c’est un niveau très terre à terre – si je puis dire – qui l’a paradoxalement marqué.

Une demi-heure de propos un rien convenus, voire confus, et d’évidences telles que ce message important : « Les impôts servent à financer les services publics » !

Les sept sujets abordés ont surchargé une rencontre que l’on avait annoncée pour dix minutes. Trump, commune, taxes, santé, gilets jaunes, Benalla, bilan. Se référant quand même au porte-avions, son hôte, Gilles Bouleau, a posé la question d’un successeur. Réponse rapide et lapidaire pour indiquer qu’une étude serait menée d’ici deux ans en fonction des menaces. Fermez le ban !

Après l’arrivée en hélicoptère sur le pont d’envol – comme Hollande, plusieurs fois durant son mandat – et son accueil par une belle rangée de gilets verts, c’est dans le hangar déserté avec son matériel disparate guère valorisant qu’eut lieu l’événement. Le champ souvent élargi de la caméra donnait, par intermittence, la vedette à deux . Dassault a pu être incidemment satisfait.

Gilles Bouleau a tenté, durant les dix dernières minutes, de relever les brins d’arrêt pour interrompre une soudaine logorrhée présidentielle. Hélas, la crosse d’appontage restait relevée et, emporté par son élan, le pilote de l’État a volé du temps avec plusieurs tours de piste avant son atterrissage final sur un terrain de déroutement.

Les commentateurs quasi unanimes n’ont retenu que la confession finale « Je n’ai pas réussi à réconcilier les Français avec leurs dirigeants », imputant cependant le divorce du peuple avec les chefs à toutes les démocraties, ce qui l’exonère un tantinet de sa propre responsabilité.

Les prochains diront le verdict !

Quant à la Marine nationale, elle n’a guère bénéficié, cette fois-ci, me semble-t-il, du résultat positif d’un Président à bord du Charles-de-Gaulle, en dépit des nombreuses vidéos d’illustration de manœuvres, en marge des débats en studio.

Car, erreur funeste des documentalistes, plutôt que montrer de dynamiques et symboliques catapultages, ils n’avaient retenu que des appontages qui écrasent les avions sur le pont et les stoppent sans ménagement, métaphore visuelle particulièrement inopportune en la circonstance…

15 novembre 2018

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