Dans un pays chaque jour un peu plus fracturé – fracture sociale, sociétale, géographique, identitaire, culturelle… et maintenant vaccinale -, dans un archipel dont les îlots s’éloignent chaque jour un peu plus comme dans une lente dérive de tectonique des plaques, alors que sur les plateaux télévisés on se gratte la tête et disserte à l’infini pour savoir comment réconcilier des Français si persuadés qu’aucun destin commun ne les unit plus qu’ils ne se déplacent même pas pour voter… on a assisté, mardi 14 juillet, en marge du défilé, à un moment de communion populaire.

Pensez, un petit miracle : même Emmanuel et Marine Le Pen ont tous deux applaudi de concert.

La vidéo, parue sur le compte officiel de l’armée de terre, est très courte. Sur les Champs-Élysées, alors que rien n’a pas encore commencé, un jeune homme en uniforme – de l’école militaire des aspirants de Coëtquidan, me soufflent les connaisseurs – s’agenouille devant une jeune fille et la demande en mariage. Si la vidéo ne permet pas d’entendre la réponse, tout porte à croire qu’elle a été agréée : il lui passe aussitôt la bague (de fiançailles) au doigt et l’embrasse.

Ce que l’on appelle un happy end. Ils se marièrent et ils eurent beaucoup d’enfants. Du moins le leur souhaite-t-on.

 

Ses anciens diront que, de leur temps, en uniforme, ils n’avaient même pas le droit de porter une valise… une telle manifestation d’affection pour la gent féminine leur aurait valu – leur a valu, pour certains – 40 jours d’arrêt.

Les esprits chagrins qu’il serait encore plus beau sans son , imposé par le défilé.

On se réjouit pourtant que ce spectacle romantique à souhait ait suscité un tel buzz sur les réseaux sociaux : la vidéo a été partagée des dizaines de milliers de fois et reprise par la plupart des grands médias.

« Tous mes vœux de bonheur ! » a tweeté Emmanuel Macron.

« Si charmant et si… français ! » a commenté, sur son compte Twitter aussi, Marine Le Pen.

Avec son modeste téléphone, un anonyme copain – et complice – de l’intéressé a convoqué tout à la fois Walt Disney et Jane Austen, le et la chanson de , la cinématographie des années 50 et Mel Gibson. « Pouah », éructent sans doute in petto avec dégoût les réalisateurs français subventionnés. Et pourtant, cette petite scène ordinaire plaît et fait rêver, bien plus que tous leurs navets neurasthéniques confits dans l’idéologie et tournés à grands frais dans les studios du Wokistan.

Sur les réseaux sociaux, les commentaires vont bon train. « Dire que cela ne m’est jamais arrivé… », déplore l’une, espérant peut-être encore susciter des vocations. « Attention, Alice Coffin va nous expliquer que c’est un  », ironise l’autre. « Il a écouté Viktor Orbán », glisse, taquin, un dernier.

Le fait est que l’on y trouve un condensé de tout ce que l’on croyait et enterré à force d’avoir été abîmé : l’amour de la France et celui entre un homme et une femme, l’engagement dans le mariage et le service de la nation, la famille (en puissance), la galanterie, l’élégance, les joies simples, l’esthétique, nos mœurs et notre savoir-vivre – « mon cœur aux dames, ma vie à la patrie » -, et toutes ces choses aujourd’hui réputées ridicules et désuètes qui, dès qu’elles refleurissent, pourtant, s’attirent l’attendrissement de tout un pays.

Tu es fleur bleue, Gabrielle. Un peu naïve et cucul la praline. Une bluette suffit à te faire tourner la tête. Soit, j’en conviens. Mais avant de laisser Monsieur Àquoibon vous offrir une corde et Madame Toutestfoutu allumer le gaz, regardez cette petite vidéo, on ne sait jamais.

Vive les (futurs) mariés !

15 juillet 2021

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