Chez Macron, on peut « être Charlie » et « ne pas être Charlie ». Enfin : à la façon de son ami Mohamed Saou. Chez Mélenchon, vous pouvez aussi venir tranquille, car celui qui fut pendant des années un apparatchik du PS nous l’a redit : “Je ne suis pas d’extrême gauche.” Chez et chez Mélenchon, c’est table ouverte, auberge espagnole et parfois islamiste. Voilà donc les scoops du week-end de Pâques.

Mais le plus gros scoop, qui a immédiatement déclenché une polémique, c’est Fillon qui l’a habilement lancé : il pourrait nommer dans son gouvernement des membres de… Sens commun !

Vous savez, ces gens de droite, essentiellement catholiques et conservateurs qui, à l’issue des Manifs pour tous, ont décidé de s’organiser et d’investir le parti LR, qui avait bien besoin de sang neuf par ailleurs. Ils sont jeunes, motivés, bien élevés, et très naïfs aussi, notamment pour la question des investitures… moment où ils se font systématiquement rouler dans la farine. Mais bon, nul n’est parfait ! Et il y a bien pire chez les LR (voir fin de l’article).

Mais, depuis le début, ces gentils amis de Sens commun, c’est la Cagoule ! Une dangereuse secte d’extrême droite, moitié mafieuse moitié pétainiste, qui tente comme une pieuvre de s’infiltrer dans les programmes et les appareils politiques de droite.

Souvenez-vous, le Trocadéro, façon 6 février 1934, c’était eux ! Et voilà que leur sulfureux candidat s’apprête à les faire entrer au gouvernement ! En déplacement au Puy, chez M. Wauquiez (autant dire à Vichy !), M. Fillon, interrogé à ce sujet, a paisiblement répondu, sur le mode de son célèbre “Et alors ?” : « Pourquoi pas ? » Il progresse, M. Fillon. C’est à croire qu’il a retenu les sages conseils de Gabrielle Cluzel.

Et il a développé, tout aussi sagement :

Sens commun fait partie des hommes et des femmes qui sont fiers de leur pays, attachés à leurs traditions, pour lesquels j’ai beaucoup de respect, c’est des composantes. […] Cette façon qu’ont une partie des commentateurs et des élites politiques de classer les Français et de jeter une forme de discrédit sur certains d’entre eux est insupportable.

Il n’empêche : la gauche continuera d’agiter les épouvantails qu’elle peut. Et c’est de bonne guerre, au stade où elle en est. Mais le plus grave, ce sont ces élus LR, bien présents dans un wagon derrière Fillon, mais qui ne poussent guère, et qui pèsent même bien lourd… Ils sont très investis, certes, mais surtout pour leur investiture ! Car, pour la campagne de Fillon, ils se sont mis “en retrait” !

Petit florilège et petite liste de ces élus à mettre définitivement à la retraite aux législatives de juin ?

Arnaud Robinet, député-maire de Reims : “Perso, je préfère le sens de l’intérêt général que le sens commun.” Gentil, hein, de la part d’un gars qui est dans le même parti que vous ?

Dominique Bussereau, député de Charente-Maritime : “L’arrivée de Sens commun au sein du parti a été une erreur, sa présence dans un gouvernement serait une faute.” Là, ça sent la raffarinade amère longuement remâchée depuis le putsch raté anti-Fillon !

À vous de compléter la liste !

17 avril 2017

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