Editoriaux - People - 17 mars 2019

Lorsque Kate n’avait pas le droit de coucher avec William…

Il n’y a pas qu’en France que ça tourne pas très rond. Prenez le Royaume-Uni. Ne parlons pas du Brexit, dont on ne comprend plus grand-chose, il faut bien l’avouer. Non, bien plus important : la famille royale. Rassurez-vous, pas de divorce en vue, la génération d’avant a eu son compte et ça doit en sauter une, comme beaucoup de choses dans les familles !

Non, la presse people française nous en apprend de belles. Closer : “Kate et William ont longtemps dû faire chambre à part… sur ordre du prince Charles.” Gala : “Kate Middleton, cette petite humiliation du prince Charles qu’elle a subie pendant 5 ans.” Des informations de la plus haute importance stratégique reprises du Daily Express, un tabloïd quotidien britannique. En lisant ces titres, on s’exclame : qu’est-ce que c’est, encore, que cette histoire ? De quoi y s’mêle, le prince de Galles ? Faut-y au prince William un bon de saillie signé en bonne et due forme par le mari de la duchesse de Cornouailles pour avoir le droit d’accomplir son devoir conjugal ? Gonflé, lui qui, jadis, lorsqu’il n’en finissait pas d’être célibataire, ne demandait apparemment l’autorisation à personne, et sans doute pas à sa royal mum, pour batifoler, et qui ne fut sans doute pas un parangon de fidélité une fois qu’il eut épousé Diana !

Mais non, ce n’est pas du tout ça. Comme quoi tout n’est pas dans le titre. Car de quoi s’agit-il, en fait ? Bien longtemps avant leur mariage, entre 2001 et 2006, lorsque Catherine Middleton était invitée à Highgrove, la résidence secondaire du prince Charles (comme vous le savez sans doute), elle n’était pas autorisée à dormir dans la même chambre que William. Damned! Il est vrai que les deux tourtereaux n’étaient même pas fiancés. L’humiliation, quoi ! « L’affaire », en fait, a été « révélée » en 2013 par Marcia Moody dans son bouquin Kate: A Biography. Longs à la détente ou rien à se mettre sous les dents par les temps qui courent, nos tabloïds britanniques et journaux people français ?

Du coup, on est un peu déçu. “Petite humiliation” ? On imaginait la pauvre petite Kate dormant à l’étage des domestiques ou devant débarrasser la table en mini-jupe noire et petit tablier blanc. Pire encore : aller faire la lessive au lavoir par des zéro degré, écologie – dada du daddy – oblige.

L’occasion, en tout cas, de faire passer le prince Charles pour un vieux schnock réac et un brin hypocrite alors que, finalement, il a peut-être rendu un magnifique service aux deux jeunes amoureux. Concubiner tel le vulgum pecus, que cela est commun et sans saveur, isn’t it? Alors qu’en les obligeant à faire chambre à part, il leur a peut-être offert des péripéties inoubliables. Le manoir de Highgrove, situé dans le duché de Cornouailles, n’a rien d’un pavillon de banlieue, vous vous en doutez. On peut alors imaginer des scènes délicieuses : une fois le dernier brandy bu au coin du feu dans le grand salon (il y a toujours un grand salon !), chacun et chacune ayant rejoint ses appartements, le jeune William de traverser le long couloir aux murs desquels sont accrochés de ravissantes scènes de chasse, dans ses mules en cuir pour aller toquer à la porte de sa belle. Ou, pourquoi pas, sur la pointe de ses petits pieds nus d’albâtre de fille d’Albion, revêtue d’une simple nuisette, l’intrépide Kate de s’en aller gratter de ses ongles à la porte de la chambre princière. Pas de gardes armés de hallebarde pour se mettre en travers du chemin. Only les ronflements des Galles-Cornouailles que l’on peut entendre derrière la lourde porte de la chambre du milieu. Et au petit matin, le retour dans l’ordre des choses avant que la domesticité ne se mette en branle. Allez savoir…

Être old-fashioned ne doit pas avoir que du mauvais.

À lire aussi

Jean-Claude Juncker : le lointain plutôt que le prochain

Il paraît même qu’il y en a qui aiment tant leur pays qu’ils sont prêts à tout sacrifier p…