“Lorsque vous êtes condamné pour des faits graves comme les violences aggravées, vous ne pouvez plus rester dans vos mandats !”

Le maire de Carpentras, Francis Adolphe, a été condamné, en juin 2017, par la cour d’appel de Nîmes pour violences aggravées sur son ex-compagne. Son pourvoi ayant été rejeté au début du mois de mai, la condamnation de l’édile à huit mois de prison avec sursis, 5.000 euros d’amende et cinq ans d’interdiction de droits civiques et familiaux est donc devenue définitive. Malgré tout, à ce jour, M. Adolphe est toujours en fonction. Réaction d’Hervé de Lépinau, conseiller Front national de Carpentras, au micro de Boulevard Voltaire.

Vous avez signé une tribune incitant Francis Adolphe, le maire de Carpentras, à se taire et à se retirer suite à sa condamnation en justice..
Maintenez-vous cette requête ?

Je n’ai pas beaucoup de pouvoirs dans cette affaire puisqu’une décision de justice est aujourd’hui passée en force de chose jugée. Il s’agit de l’arrêt de la Cour de Nîmes du 27 juin dernier puisque son pourvoi en cassation a été rejeté. Il a donc été définitivement reconnu coupable des faits de violences aggravés sur son ex-compagne assorti de huit mois de prison avec sursis, 5000 euros d’amende et une peine complémentaire de 5 ans de privation de ses droits civiques, civils et familiaux. Ce qui veut dire qu’il est aujourd’hui inéligible et doit par conséquent être démis de ses mandats.
Il refuse de quitter ses mandats, car il part du principe que seul le préfet est en mesure de lui notifier cette déchéance. Il y a deux aspects pour appréhender cette question, le juridisme qu’a choisi Francis Adolphe, et l’éthique et la morale que je souhaite voir respecter.
Quand on est condamné pour des faits graves de violences, et que la justice demande, vous ne pouvez plus rester dans vos mandats surtout quand une décision de justice vous demande de partir.
L’inéligibilité est définitive le concernant pour une durée de 5 ans.

Francis Adolphe ne démissionnera pas pour l’instant…

Je pense que c’est une question de jours. Monsieur Adolphe est l’un des premiers soutiens provinciaux d’Emmanuel Macron dans la campagne présidentielle de l’année dernière. Monsieur Macron commence à avoir quelques difficultés avec certains ministres. Ils sont également dans le collimateur de la justice. L’affaire de Las Vegas prend du temps à un de ses ministres qui va devoir se présenter devant des enquêteurs pour répondre à un certain nombre de questions. Je ne pense pas qu’Emmanuel Macron s’encombrera très longtemps du cas de monsieur Adolphe.

Le fait que Francis Adolphe soit appelé à être démis de ses fonctions est-il une bonne nouvelle pour le Front national de Carpentras ?

Ce n’est en tout cas pas une bonne nouvelle pour la collectivité. Le fait qu’un maire soit démis de ses fonctions et refuse de partir crée une insécurité juridique dans les actes administratifs passés par cette collectivité. Une fois de plus, c’est la collectivité qui va en pâtir.
Sur le fond, nous sommes certes face à un condamné de droit commun pour des faits indépendants de l’exercice de son mandat. Cependant, pour un édile, il a réellement révélé dans le traitement de cette affaire un caractère malsain dans l’approche de la vérité et de l’honnêteté. Les mensonges assénés aujourd’hui auprès de la population pour tenter, de manière désespérée, de rester en place, en sont la preuve.

Qu’en pense l’opinion ?

Tout d’abord, le radio-trottoir permet de constater qu’une majorité ne comprend pas ce qui se passe. Celui qui vous parle est avocat et il sait que le traitement juridique de ces affaires est assez compliqué. Tout à chacun pourrait penser qu’une fois une décision rendue doit s’appliquer. Mais ce n’est pas nécessairement le cas en raison des délais de procédure et à la loi électorale. Je comprends que les gens soient un peu perdus.
Ensuite, il y a aura toujours l’affect des adorateurs zélés qui ne jurent que par cet élu qui correspond à ce qu’ils souhaitaient, et qui à fait droit à certaines sollicitations. C’est le jeu classique de la politique locale.
Le meilleur moyen pour savoir quelle est la proportion des pour et des contre est de renvoyer les électeurs aux urnes. Pour cela, il faudrait qu’un tiers du conseil municipal de Carpentras démissionne. Je ne crois pas que se soit à l’ordre du jour. Les élus de la majorité sont bien trop accrochés à leurs petites prérogatives et surtout aux indemnités qui vont avec pour lâcher-prise aujourd’hui.

Si jamais il devait démissionner, seriez-vous le candidat du Front national ?

Pour l’instant, je ne me suis très honnêtement pas posé la question, car chaque jour suffit sa peine. Je ne crois pas à cette démission en bloc.
Si jamais, elle devait intervenir, il y aurait un tour de table préalable pour déterminer la meilleure tête de liste et surtout constituer la liste. Je rappelle que l’élection municipale est certainement l’élection la plus compliquée, car il faut trouver des dizaines de personnes en mesure de s’associer à une gestion municipale et ce n’est pas facile.

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