Editoriaux - Histoire - Industrie - Politique - 5 février 2018

LGV Paris-Orléans-Clermont-Ferrand-Lyon : aux calendes grecques

LaMontagne.fr du jeudi 1er février annonce la remise aux calendes grecques du projet de ligne grande vitesse (LGV) POCL (Paris-Orléans-Clermont-Ferrand-Lyon). Le rapport du Conseil d’orientation et d’infrastructure (COI), sorti ce jour-là, indique en effet que ce projet est gelé pour au moins dix ans.

Cela ne nous renvoie-t-il pas, nous les Auvergnats, à notre image de bougnats et au temps des sapinières ? Avant le chemin de fer, une CLOP (Clermont-Ferrand-Orléans-Paris), voie fluviale et sans fumée, assurait l’essentiel des échanges commerciaux avec la capitale. Depuis les ports des Martres-de-Veyre, de Mirefleurs et de Pont-du-Château (port fluvial de Clermont-Ferrand) jusqu’aux quais de Bercy, par la rivière Allier, la Loire, le Loing via le canal de Briare et, enfin, la Seine, le vin, embarqué sur des sapinières comparables aux gabares de la Dordogne, coulait à flots.

Toutefois, il n’est pas possible d’ignorer le chemin parcouru par cette magnifique région qui, sans oublier ses racines, son histoire, a su prendre le virage de la modernité. Des fleurons de notre industrie, tels que Michelin, deuxième fabricant de pneumatiques au monde, Aubert & Duval, leader mondial pour les grandes pièces matricées en aluminium, Limagrain, quatrième semencier mondial, et les Eaux de Volvic, dont l’usine du Chancet est l’un des plus grands centres d’embouteillage au monde, donnent une autre image que celle d’une terre endormie à l’image de ses volcans éteints. Son thermalisme est dans une grande phase de rénovation, et ma belle ville de Châtel-Guyon porte un projet, dans ce domaine, de plus de trente millions d’euros.

Alors, pourquoi cette trahison de l’État français envers la région Auvergne, sur un projet aussi vital pour son développement, inscrit dans la loi du Grenelle de l’environnement publiée au Journal officiel du 5 août 2009 ?

Jean-François Copé, depuis un îlot de lucidité perdu dans un océan d’amertume, nous a dit que le PS s’était réincarné en LREM. Mais malheureusement, pour ce qui concerne la continuité de l’État, le projet LGV POCL n’a pas suivi. Si les socialistes, pour une fois, n’ont pas fait dérailler un projet sarkozyste, la nouvelle majorité, elle, l’a fait…

Faut-il y voir la main de Macron, qui joue au jeu de l’oie et renvoie Laurent Wauquiez dans le Puy à la case 31 et Brice Hortefeux à la Mort (mort politique s’entend, car le TGV auvergnat est son bébé), case 58 ? Serait-ce la manière de trouver l’argent manquant pour le Grand Paris Express, ces treize milliards d’euros (Le Figaro Flash Écho du 17 janvier 2018) qui représentent aussi le coût du TGV pour l’Auvergne ? Est-ce une tactique pour attiser la lutte Wauquiez-Pécresse au sein des LR, et favoriser un parisianisme susceptible de déboulonner un dangereux opposant ?

Aujourd’hui, la situation peut se résumer ainsi : loin des yeux de Paris, une chaîne de volcans assoupis s’étend. Pas un seul TGV ne se glisse au pied de ces puys majestueux. Ô, terre de promesses, que nous modernisons sans cesse, espérons, espérons, espérons.

À moins que Wauquiez ne sorte du Puy et remporte l’élection présidentielle de 2022. Sinon, pour l’Auvergne, cela sera donc le TVG (Train Vieille Génération) et non le TGV…

Signé : un Auvergnat d’adoption, et plus particulièrement un Brayaud.

À lire aussi

Greta Thunberg : une illustration du « début de la tyrannie » selon Platon

Attention au syndrome de Stockholm ! …