L’Europe plutôt que l’ONU, ce “machin” qui ne sert à rien ?

L’Europe vient de prendre une décision importante qui concrétise son poids international dans l’exercice de la démocratie !

Une nouvelle “ligue” de sept pays de l’Union européenne lançait, jeudi 31 janvier, un ultimatum au président vénézuélien en exercice, Nicolás Maduro, pour qu’il reconnaisse
Juan Guaidó, président du Parlement, comme président par intérim. Rien que ça !

Car un “ultimatum”, ce n’est pas rien ! Il rappelle des souvenirs sombres et contrastés de l’Histoire, mais surtout suggère une action de représailles immédiates sans sommations, en cas de non-observation.

Cependant, ce nouveau droit d’ingérence soudain ne laisse pas d’étonner le citoyen européen – et national – moyen. En effet, l’état du Venezuela, superbe exemple de la réussite sociale et économique bolivarienne, n’est pas nouveau, ce qui ne semblait pas avoir ébranlé Bruxelles ou Strasbourg jusqu’alors. Pourquoi les mêmes fins limiers occidentaux du droit démocratique ne s’étaient-ils pas fédérés lors de la réélection du président moustachu en mai 2018 ? La Communauté attendait sans doute un nouveau “leader” mieux affirmé.

Autre question subsidiaire : mais que vient faire la Grande-Bretagne dans cette réprobation commune alors qu’elle ne brille guère d’une situation démocratique très équilibrée et porteuse d’un nouveau et brillant avenir ? Un gage intéressé de solidarité pour mettre un peu de miel dans les complexes accords sur le Brexit ?

Lorgnant de l’autre côté de l’Atlantique, on a constaté que Trump avait lancé les premières lucioles menaçantes vers l’héritier de Chávez, ce qui laisse volontiers à penser que les nouveaux Torquemada européens se sont sentis inspirés et encouragés par cette initiative.

Mais, bizarre, les mêmes ne s’inquiètent pas de la rupture unilatérale par le même grand “big-tweet-addict” des accords, objets du traité sur les armes nucléaires de portée intermédiaire (FNI) conclu en 1987. Dénonciation immédiatement et symétriquement prononcée par Poutine directement concerné !

Et la voix de l’Europe sur ce sujet soudain beaucoup plus brûlant pour la sécurité mondiale ? Nada, pour l’instant. Silence prudent, expectative spéculative ou attente d’une déclaration commune du nouveau couple franco-allemand ?

L’ONU, ce « machin » qui siège à 365 kilomètres de Washington est, quant à lui, totalement silencieux autant que son Conseil dit de sécurité dont on n’a pas noté encore, me semble-t-il, qu’il se soit réuni en urgence.

Le devenir du Venezuela pèse-t-il plus lourd sur l’échiquier mondial que la relation Moscou-Washington ?

C’est peut-être, enfin, le moment pour l’Europe de montrer sa capacité d’arbitre modérateur, voire mieux, de pacificateur !

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