Dimanche soir, nous reçûmes le téléphone d’un ami libanais et la conversation a tout de suite tourné sur le sujet de l’heure : le Liban. En résumé, la situation libanaise est désespérée et doit durer encore six ou sept mois, à cause de la situation mondiale, qui ne permet pas de s’entendre entre Libanais et former un gouvernement qui trouverait des solutions contre la famine, les vols et la corruption.

En effet, les dirigeants libanais sont divisés entre pro-Occidentaux et pro-Orientaux, pro-Saoudiens, pro-Turcs et pro-Syriens et s’accusent tous et accusent leurs banques de tous les maux du pays et du peuple et d’avoir volé les déposants…

Ce fut à ce moment, vers minuit, que je lus que le Patriarche maronite aurait rencontré le président de la République, reçu le président du Conseil désigné et d’autres hommes politiques, pour qu’ils s’entendent rapidement et avant Noël, pour former le gouvernement tant attendu sans lequel le Liban ne pourra pas recevoir de l’aide extérieure pour remonter son économie.

Comment cela se fera-t-il, alors que le Patriarche avait lancé une proposition tant critiquée, que le Liban devrait devenir un État neutre alors que certains de ses territoires et certaines de ses eaux maritimes sont encore occupés par et que entier est divisé entre pays de l’, pays d’Eurasie, que les accusations politiques, humanitaires et même sanitaires fusent à l’intérieur de ces coalitions et à l’intérieur même de chaque pays, comme les États-Unis, la France, tandis qu’au Liban, « tout le monde accuse tout le monde » de vols et de corruption ?

Un dicton libanais dit que « si le danger ne devient pas mortel, il ne sera pas résolu ». En fait, le danger est devenu mortel pour tout le monde, à tel point, que l’ israélienne a dernièrement eu peur d’un garçon libanais de neuf ans qui a traversé leur grille de défense pour rattraper sa poule et a même tiré des coups de feu en l’air pour lui faire peur, sans résultat.

Oui, l’esprit de Noël, c’est l’esprit d’un enfant, un Enfant Dieu pour tout chrétien et la situation mondiale est devenue si dangereuse qu’il est temps de nous asseoir tous, à table, pour discuter, à commencer par les Libanais, pour que d’abord les politiciens corrompus trouvent un moyen de satisfaire le peuple qu’ils ont volé, quitte à se satisfaire par d’autres moyens, avant qu’ils ne perdent la bourse et la vie.

Pourquoi pas une paix qui commence entre Libanais et la formation de notre gouvernement ? Pourquoi pas, aussi, un esprit de paix entre Israéliens, Arabes et Iraniens, un esprit de paix qui permettrait une paix dans la justice pour tous et arrêter de s’entre-tuer au lieu de vivre ensemble entre croyants des trois religions du Dieu unique ? N’y a-t-il pas assez de place pour tout le monde et l’arrêt des guerres ne permettra-t-il pas des économies sur les armes qui enrichiront tous les insatiables, surtout dans la coopération, pour profiter des biens que Dieu a fournis généreusement à notre région ?

En tous cas, nous Libanais « étendons nos pieds à la taille de notre tapis » et pensons d’abord à nous entendre entre Libanais avant de donner des leçons aux autres.

Vive le Liban, un Liban gouverné avec justice, qui, « encore un peu de temps, se changera en verger, et le verger sera considéré comme une forêt » (Isaïe).

21 décembre 2020

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