Elle allait tout révolutionner. On ne savait pas vraiment pourquoi mais, nous disait-on, une femme Premier ministre allait forcément nous changer des hommes qui alternaient au poste de chef de gouvernement depuis l’indépendance du pays. Les débuts étaient prometteurs : c’est que , membre de la grande famille libérale francophone, était parvenue à imposer son style, tout en sobriété et en bienveillance.

Patatras ! Après une conférence de presse ratée, fin avril, entre retard et confusions dans le propos, qui vit l’étoile de la Brabançonne commencer à pâlir, le personnel médical de l’hôpital Saint-Pierre, dos tourné, lui a réservé une haie de déshonneur ce samedi.

Fort sollicités ces derniers mois, pour cause de coronavirus, les médecins, infirmiers, personnel de nettoyage et administratif ont protesté, à cette occasion, contre les arrêtés royaux prévoyant une réquisition des effectifs en cas de besoin. La coupe était pleine pour le milieu hospitalier déjà entièrement mobilisé pour lutter contre le Covid-19.

Du côté du Mouvement réformateur, parti de Sophie Wilmès, des voix dénoncent une action menée par les syndicats et la gauche afin de déstabiliser le Premier ministre. Pourtant, en filigrane, comme en France, on peut lire dans l’action menée la colère des professionnels de la santé structurellement dévalorisés et en manque de moyens.

La est un des pays les plus touchés par le coronavirus par habitant. La gestion a été maladroite (pour utiliser un euphémisme), entre masques détruits non remplacés et masques commandés… inutilisables, manque de prévoyance des gouvernants, communication hasardeuse et, en raison de la structure fédérale du pays, gestion de la crise entre neuf (!) ministres compétents en matière de santé (dont le ministre fédéral de la Santé publique Maggie De Block, sans doute consciente elle-même de ses failles qu’elle a déclaré être consciente « qu’on ne lui demanderait plus d’être ministre ».

Sophie Wilmès avait obtenu des pouvoirs spéciaux des différents partis composant le Parlement fédéral, à l’exception du PTB (gauche communiste) et du Vlaams Belang (droite identitaire flamande) : on doute que ceux-ci soient prolongés et que les partis autour de la table puissent former un gouvernement pratiquement un an (!) après les élections. La Belgique entre un peu plus dans la crise.

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