Les chrétiens d’Orient : une cause qui mobilise la jeunesse française
Depuis 2013, l’association SOS Chrétiens d’Orient œuvre en apportant une aide matérielle concrète et humaine aux chrétiens orientaux, portée notamment par de jeunes volontaires. À l'occasion de la sortie de son documentaire « Délivre-nous du mal - Humanitaires français au cœur de la guerre » sur OMERTA, le journaliste Régis Le Sommier nous invite à découvrir ces jeunes dont l’engagement sur le terrain dépasse les frontières. Rencontre avec une jeunesse porteuse d’espérance.
Une jeunesse qui s’engage
Lorsque Jeanne décide de partir au Liban pendant huit mois avec SOS Chrétiens d’Orient, cette jeune femme de 22 ans ne cherche ni aventure ni dépaysement. « Mon but, c’était vraiment juste de rendre service », résume-t-elle simplement. Un trait commun à l’ensemble des volontaires qui partent pour aider leurs frères d’Orient, alors qu’ils ne sont même pas forcément tous chrétiens. Tout comme elle, Agathe, une étudiante de 24 ans, est partie une première fois avant de revenir pour une seconde mission au pays du Cèdre. Toutes deux évoquent cette même envie d’aider, mais aussi de comprendre une réalité souvent lointaine pour les Français. « Ils ont envie d'aider, de découvrir, de comprendre par eux-mêmes ce qu’il se passe, mais aussi d’apporter un témoignage, de ne pas détourner le regard de leur malheur », explique Agathe, à propos des raisons qui poussent les volontaires à partir.
Dans son documentaire, Régis Le Sommier confie avoir été profondément marqué par ces jeunes volontaires qu’il a accompagnés sur le terrain. « On les caricaturerait facilement comme des petits Versaillais », déclare-t-il. « Mais ils ont une force intérieure incroyable. » Pourtant habitué des zones de guerre, le reporter raconte avoir découvert une jeunesse bien différente de celle souvent décrite dans certains médias : « J’ai été surpris par leur maturité par rapport à leur apparence. Les filles, par exemple, sont toutes menues mais ont une force, c’est inimaginable. Agathe, Mado, Philomène, c'est des gens que je n'oublierai jamais », déclare-t-il de façon touchante.
Un Liban meurtri, mais bien vivant
De Beyrouth à Tripoli, les volontaires découvrent un pays en crise, profondément fragilisé. Mais derrière la peur liée à la guerre, c’est avant tout la détresse quotidienne des Libanais qui les marque profondément. « Il y a beaucoup de tristesse », raconte Jeanne. « Quand les Libanais nous disent : "c’est notre pays et on le voit se détruire", ça nous fait mal au cœur. » Nonobstant, tous insistent sur l’extraordinaire chaleur humaine et le sens de l’accueil des Libanais. C’est d’ailleurs peut-être ce qui revient le plus, lorsqu’ils évoquent leurs souvenirs. « La chose qui m’a le plus marquée, c’est vraiment le grand cœur des Libanais », confie Jeanne. « Ils nous accueillent comme des rois alors qu’on ne les connaît pas. » Agathe, qui a mis de côté ses études pendant près d’un an pour se rendre utile, partage ce constat avec émotion : « Ils sont tellement accueillants, tellement gentils… C’est les Libanais, quoi. » Une chose est sûre pour ces volontaires, c’est l’attachement viscéral qui les lie désormais à ce pays, et ce, peu importe la durée de leur mission. « Le Liban, c’est une deuxième maison, maintenant », reconnaît Jeanne.
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« On reçoit plus qu’on ne donne »
Au-delà de l’aide humanitaire, tous les volontaires décrivent une expérience profondément humaine. Ils partent pour aider, certes, mais reviennent souvent transformés. « On part avec l’envie de servir, mais en réalité, eux aussi nous apportent énormément », affirme Agathe. Jeanne, quant à elle, explique que cette expérience a même renforcé sa foi et changé son regard sur la vie. « Les Libanais m’ont appris l’espérance », dit-t-elle. Les Libanais, bien connus pour leur résilience, impressionnent particulièrement les jeunes Français. « Ils ont une foi dans la Providence qui est merveilleuse », poursuit Jeanne, en évoquant ces familles qui continuent à vivre malgré la misère dans laquelle elles sont plongées.
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Une présence humaine qui compte autant que l’aide
Dans son documentaire, Régis Le Sommier suit les volontaires dans leur quotidien auprès des populations les plus pauvres, comme dans le village d'El Mina, près de Tripoli, ou dans la capitale. Il montre la réalité d’une mission humanitaire qui dépasse largement le simple soutien matériel entre distributions de médicaments, visites aux personnes isolées, accompagnement des malades, leçons données aux enfants, etc. Il se remémore particulièrement certaines visites dans des centres accueillant des personnes handicapées ou souffrant de troubles psychiatriques, comme à Deir El Salib. « Certains des malades étaient attachés », raconte-t-il. « Et les volontaires étaient très à l’aise avec eux. Franchement, chapeau ! » Ce qui le frappe, c’est la constance de cet engagement. « Ils assurent un suivi, ils retournent voir les malades et les familles régulièrement », souligne-t-il.
Pour les volontaires, cette présence humaine est parfois aussi importante que l’aide apportée. Pour eux, il est important de montrer aux Libanais qu’ils ne l'oublient pas et qu’ils sont présents quoi qu’il arrive. Pourtant, ils savent tous que leur action reste limitée face à l’ampleur de la crise. « On est une petite goutte d’eau », reconnaît Jeanne.
Une génération porteuse d’espoir et loin des caricatures
« Ce documentaire est d’utilité publique », estime Régis Le Sommier. Selon lui, un maximum de personnes devraient le voir. Pour l’instant, aucune date de sortie sur YouTube n’est encore annoncée, mais il est disponible sur le site Internet d'OMERTA.
Derrière les missions humanitaires, c’est aussi le portrait d’une génération en quête de sens qui se dessine. Des jeunes très différents les uns des autres, issus de milieux différents, mais réunis par une même volonté d’aider. « Le point commun entre tous les volontaires, c’est vraiment cette envie de donner », résume Agathe. Une jeunesse qui, dans un monde souvent décrit comme individualiste, continue de prouver que l’engagement et la solidarité peuvent faire changer le monde.
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13 commentaires
C’est hélas une infime partie de la jeunesse française……..le reste ne s’intéresse qu’a la « teuf », au « teuchi », aux bagnoles, aux TPH portables, aux moyens de gagner du fric sans se fatiguer…
C’est une très belle cause qui mobilise des jeunes qui ont des valeurs chrétiennes fortes.
Même s’ils ne sont pas dupes des contextes politiques locaux ou généraux il n’y a jamais de haine dans leurs lettres d’information. Jamais.
Pas de haine pour des jeunes qui se disent chrétiens, ça me paraît la moindre des choses !
Une cause qui mobilise la jeunesse. Très bien. Oui, mais pas la gauche qui se mobilise à fond pour la Palestine.
Oui ont doit aidé tous les chrétiens surtout ceux d’Orient qui eux sont dans le malheur depuis des années.
Les chrétiens libanais doivent être aidés maintenant que leur pays ait été envahi par les musulmans mais les chrétiens d’Irak (qui parlent encore araméen), ceux de Syrie ou de Turquie sont dans une situation bien pire, hélas.
Et n’oublions pas non plus les chrétiens du Kosovo…
d’après ce que je sais ( parce que je donne à SOS Chrétiens d’Orient), cette association conduit des actions également en Irak, Syrie, Egypte, Pakistan etc etc… Ils sont courageux et déterminés mais la haine anti chrétienne qu’il combattent est tellement immense et irrationnelle…
SOS Chrétiens d’Orient vient aussi en aide aux chrétiens d’Irak, de Syrie, d’Arménie…
Votre don est affecté au pays que vous souhaitez car les appels de donc sont ciblés en fonction des urgences.
« C’est notre pays et on le voit se détruire » !!? …Je l’entends tous les jours ! et je suis dans mon pays : en France
Entièrement d’accord.
Avant de nous faire pleurer sur cette « pauvre France », pensez plutôt, comme ces jeunes gens
courageux, à aider ceux qui en ont vraiment besoin !
Tous mes respects à cette jeunesse faite de dévouement.