Nombreux sont ceux qui s’offusquent face à la violence présente dans les manifestations de gilets jaunes. Ça condamne à tout va. Le dernier exemple que l’opinion publique retient est le saccage, à Paris, du monument rendant hommage au maréchal Juin, le 16 novembre dernier.

Plusieurs questions se posent ? S’agissait-il de gilets jaunes ? S’agissait-il de ? Ou bien de « casseurs ».

Le casseur passe bien, c’est à la fois un gilet jaune et un Black Bloc. Les uns voient, dans ces manifestations, seulement des Black Blocs d’extrême gauche, et d’autres pensent que les gilets jaunes sont tous des casseurs. Et ceux-ci demandent qu’il serait mieux que les choses se règlent autour du fameux « débat démocratique ». « Il faut s’asseoir autour d’une table et discuter », nous dit-on. À chaque fois qu’un média parle d’une manifestation, on a l’impression que la violence ne devrait plus exister au XXIe siècle et que c’est chose étrange de voir des heurts, des troubles et des dégâts surgir à cette occasion !

Mais il ne s’agit pas, ici, de légitimer la violence, il s’agit surtout de ne pas se donner cet air suffisant et hautain, comme ces journalistes qui s’érigent en moralisateur de la sainte raison et qui répondent à la violence par un méprisant « mais quand même, il vaut mieux discuter, enfin ! » Comme si c’était évident.

Alors, il faut se faire l’avocat du diable et se mettre à la place d’un militant d’extrême gauche, par exemple. C’est toujours plus intéressant de bien comprendre ceux qui agissent différemment. Le militant d’extrême gauche, qui s’organise en Black Bloc lors d’une manifestation et perçoit la violence comme une fin. La lutte qu’il mène doit aboutir à un état de chaos qui est plus préférable au capitalisme, règne de l’argent. La guerre civile qu’il semble promouvoir est, de son point de vue, bien plus proche de la paix que l’état actuel des choses dans lequel les dominants exploitent les dominés (en extrapolant la simple dichotomie bourgeois/prolétaire, la lutte est infinie : spéciste, antispéciste, lutte des genres, lutte des sexes, minorités, etc.).

Le casseur d’extrême gauche ne lutte pas seulement pour rétablir, par le chaos, l’égalité entre les différentes portions de l’humanité, il lutte pour sauver l’humanité elle-même. En effet, quand le GIEC donne des chiffres alarmants sur le réchauffement climatique – il faut limiter de toute urgence la production de gaz carbonique pour sauver une partie du « vivant », comme le dit Aurélien Barrau -, là, évidement, un casseur d’extrême gauche a tout compris. Il faut accélérer la chute des institutions et de l’ordre établi parce qu’il est trop tard, et un État ne pourra jamais reprendre les choses en mains. Mieux vaut détruire que périr.

Et, de toute manière, un antifasciste est quand même un fils de 1789 ! Qui peut reprocher à quelqu’un d’être un fils de la Révolution ? C’est l’essence même de notre République, nos droits en sont issus, nos droits sont ceux de l’Homme, ils sont nés dans la tourmente, la Convention a mis en place un régime de terreur en leur nom. Qui n’a pas envie de chanter la « Marseillaise » en levant le point ? C’est un chant de lutte, c’est un chant de révolutionnaire. Si un sang impur doit abreuver nos sillons, il faut bien que ce sang coule de quelque part. Les racines les plus profondes de nos constitutions invitent, à chaque moment, le peuple à se soulever.

Alors, soyez honnêtes, les moralisateurs de la sainte raison ! Les Black Blocs et autres antifascistes sont les plus fidèles fils de la République et des institutions en place. Ils rappellent à chaque manifestation que c’est dans la terreur que se préservent les droits de l’homme.

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