Editoriaux - 15 janvier 2020

Le slip récidive

L’affaire du Slip français rebondit. Après avoir puni les quelques employés qui s’étaient grimés à l’occasion d’un réveillon sur le thème de l’Afrique et s’être confondu en excuses, le fondateur de l’entreprise est à son tour pris dans la lumière des phares de l’inquisition « Big Brother ».

Suite à des fouilles dans les tréfonds du JT de France 2, une archéologue de la délation a mis au jour une vidéo de 2013 dans laquelle le saint homme pétri de valeurs, Guillaume Gibault, déclare à propos d’autres personnes nommées comme lui « personnalités prometteuses » par le journal Les Échos : « C’est pas des petits pédés. »

Le magazine Têtu, qui rapporte ces propos ancestraux, ne sait plus à quel slip se vouer. Le patron de la boîte qui se targuait de promouvoir la marque auprès de la population gay n’est-il pas, en réalité, un méchant homophobe déguisé en bobo bien-pensant ? Une taupe infiltrée dans le monde enchanteur du sous-vêtement masculin made in France ?

Désormais rompu aux techniques de contritions les plus sophistiquées, l’incriminé sort à nouveau de son bureau à plat ventre et réitère des excuses déjà formulées à l’époque du crime. Et puis des valeurs et encore des valeurs… À ne plus savoir qu’en faire. Quasiment grossiste ! Chez Le Slip français, des hangars entiers sont pleins à craquer de valeurs.

La virtuosité avec laquelle leur dirigeant exécute ces exercices de regrets éternels amène les cadres de l’entreprise à s’interroger sur l’opportunité de créer un département « Excuses ». De simples mots d’adhésion à l’idéologie ambiante imprimés sur la face arrière des slips permettrait à la clientèle soupçonnée de turpitudes intellectuelles de sauver la face en baissant son pantalon. Accusé de racisme, celui-ci clouerait le bec à ses détracteurs en montrant ses valeurs brodées en relief sur son slip kangourou tandis que celui-là serait immédiatement embauché à la rédaction de France Inter après qu’il aura déposé son bermuda sur le bureau du DRH.

Dans ce contexte, il va de soi que toute prise de position pouvant s’apparenter à de la « slipophobie » serait dénoncée sans ménagement par les cerbères du politiquement correct.

Dernière minute : nous apprenons à l’instant que le chansonnier Frédéric Fromet va plus loin en abandonnant, chaque matin, pantalon, slip et tout ce qui se trouve à l’intérieur avant d’entrer dans la Maison de la radio.

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