On apprend, par Le Figaro, que quelques « enfants du djihad », comme on les appelle, sont arrivés en France depuis la Turquie. Selon un bilan établi le 6 juillet, 169 seraient rentrés dans notre pays. Des députés et sénateurs Les Républicains ont écrit au chef de l’État pour s’inquiéter de leur suivi. On se doute, en effet, que ces enfants, qui sont partis en avec leur mère ou sont nés là-bas, sont traumatisés par ce qu’ils ont vécu et que les plus âgés d’entre eux peuvent constituer un danger.

Cette question revient régulièrement dans l’actualité, malgré la discrétion qui l’entoure. Le Défenseur des droits, en mai 2019, demandait à la France de faire cesser les « traitements inhumains » subis par les enfants de et leurs mères. Des tribunes, comme celle parue dans Le Monde du 19 juin, des instances internationales, des formations politiques, jusqu’au sein de la majorité, demandent le rapatriement de ces enfants. La Ligue des droits de l’homme et la Fédération internationale pour les droits humains organisent des colloques pour le réclamer. Des pressions sont exercées sur Emmanuel Macron.

Officiellement, le gouvernement pratique le « cas par cas », sur des critères difficiles à évaluer. Il est surtout sensible aux sondages, qui révèlent que les Français s’inquiètent majoritairement de ces retours. Certes, il est difficile d’avoir, sur ce sujet, une position tranchée : ces enfants sont victimes du choix de leurs parents. Mais les partisans de leur retour ne sont pas tous motivés exclusivement par des considérations humanitaires. Comme s’ils se plaisaient à mettre en accusation la France, qui laisserait périr ces enfants dans des camps insalubres. Ils inversent les rôles, témoignant presque plus de compassion pour les familles de que pour leurs victimes.

Éric Dupond-Moretti doit ne plus savoir qui il est. Est-il le ministre de la Justice, qui se doit d’être solidaire du gouvernement, ou l’avocat qui se disait, en 2019, favorable au retour en France des adultes et des enfants détenus en et Irak ? Apparemment, il confond les deux personnages puisque, tout en reconnaissant qu’il appartient « à un gouvernement qui défend l’idée que [les] prisonniers doivent être jugés là où ils ont commis leurs actes et qui examine au cas par cas la situation des mineurs pour le rapatriement », il reste toujours, comme il le confiait au JDD« un militant infatigable pour défendre des Français […] qui encourent la peine de mort ».

Ces bonnes âmes ont tendance à oublier que ces ont commis des crimes horribles, qu’ils haïssent la France, ont brûlé leurs passeports et que, s’ils en avaient l’occasion, ils commettraient volontiers des attentats sur notre sol. Si ces bien-pensants trouvent que le courrier des parlementaires LR au chef de l’État est déplacé, qu’ils relisent Au cœur de Daech avec mon fils, l’ouvrage de Laura Passoni, une jeune musulmane belge repentie. Au micro de RTL, elle avait eu cette phrase terrible : « On apprend aux enfants à égorger leurs peluches. » Alors oui, il faut envers ces enfants faire preuve d’humanité, mais se garder de tout angélisme.

9 juillet 2021

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