Editoriaux - Société - 20 juillet 2019

Le permis de conduire enfin plus accessible… mais utiliser une voiture, c’est mal !

La France détient sans doute le double record d’avoir le permis de conduire le plus complexe et le plus cher du monde. Plus difficile que le baccalauréat, et d’un coût équivalent au SMIC. En effet, au fil du temps, on a ajouté à la classique épreuve pratique en ville l’épreuve sur autoroute, la mécanique, la sécurité et une masse de questions psychédéliques.

Prise de conscience tardive. Les hommes d’État semblent, aujourd’hui, revenir sur cette folie en augmentant la proportion d’heures sur simulateur (moins onéreuses), en favorisant l’apprentissage sur boîte automatique et surtout en avançant, dès la semaine prochaine, l’âge de l’examen à 17 ans. Mais sans pour autant autoriser à conduire seul avant 18 ans, histoire probablement de bien perdre les automatismes si chèrement acquis…

Prenons acte de la volonté gouvernementale de faciliter l’accès à la conduite, mais étonnons-nous quand même que, dans le même temps, dans certains ministères ou grandes villes, on nous explique que conduire, c’est très mal : ça tue, ça pollue et c’est mauvais pour la planète !

Donc, on surtaxe les produits pétroliers, on met tous les grands axes urbains sur une seule voie, on complique le contrôle technique et on diminue régulièrement la vitesse autorisée. Apprenez à conduire mais… ne conduisez pas, authentique schizophrénie qui rappelle l’inventeur de génie « qui réussit à ôter du caoutchouc cette élasticité qui le rend impropre à tant d’usages » (Alphonse Allais).

Apparemment, le rêve de nos gouvernants, c’est tous à la queue leu leu, à 20 km/h, sur une seule voie et… en Tesla à 40.000 euros (premier prix).

Au temps de l’URSS, on n’y voyait rouler que les rares véhicules des apparatchiks, tandis que la propagande montrait les masses de voitures en stationnement dans les villes du monde libre, avec ce commentaire : « En occident, le capitalisme force les travailleurs à acheter des voitures, mais ne leur donne pas les moyens de s’en servir. »

Finalement, nous n’en sommes plus si loin…

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