L’Obs titre cette semaine : “La légalisation du sauverait des vies.” Ce titre ne peut que faire repartir, sous un angle positif, le débat sur la légalisation de l’usage du cannabis ; on pourrait ainsi penser que le cannabis, même lors d’un usage récréatif, est bon pour la santé.

En réalité, il faut aller plus loin dans l’article pour découvrir que, “après la légalisation de la vente et de l’usage du cannabis, les morts liés aux opiacés ont diminué de plus de 6 % les deux années suivantes”. C’est donc par comparaison avec l’usage de drogues dures que l’usage du deviendrait vertueux. Car, contrairement à celui des opiacés, son usage ne provoque pas d’overdoses mortelles, donc, si on suit le raisonnement développé dans l’article, on peut espérer qu’en généralisant l’usage du cannabis, un certain nombre de ceux qui sont accros aux opiacés leur préféreront une plus « soft » et que le nombre des overdoses mortelles diminuera.

On remplace l’absinthe par le pastis, les dégâts sont moins rapidement visibles mais réels cependant.

En novembre 2016, la Californie a autorisé l’usage récréatif de la marijuana, qui était jusque-là réservée à des fins médicales, permettant ainsi à tous ceux que ce vaste marché attire de pouvoir en faire la culture et le commerce.

La Californie est le 5e État des États-Unis à avoir légalisé cet usage, et comme c’est l’État le plus peuplé des États-Unis, le marché est immense. Bien sûr, les recettes fiscales provenant de ce commerce seront destinées à la recherche médicale et à la prévention contre les drogues. Morale oblige !

Cependant, il faudra bien, un jour, arrêter de se cacher derrière son petit doigt et cesser d’avancer des arguments fallacieux tels que celui de l’intérêt thérapeutique du pour tenter de promouvoir son usage privé.

La nicotine a aussi des effets thérapeutiques, mais ce n’est pas pour cela qu’on fume du tabac ; la morphine est un excellent antalgique, mais le fumeur d’opium ou celui qui se shoote aux opiacés ne le fait pas dans un but thérapeutique.

On peut vouloir fumer de la marijuana, du tabac ou boire de l’alcool, c’est un choix de vie, mais arrêtons de penser que cela peut avoir un intérêt positif pour la santé publique.

Se pose encore une fois la question : faut-il légaliser l’usage récréatif de la marijuana comme on l’a fait pour le tabac et l’alcool ?

L’intérêt serait de pouvoir contrôler le marché, veiller à LA qualité du produit et le taxer. Les uns sont pour, les autres y voient la porte ouverte à une dérive permissive en matière de drogue.

Il est bien difficile d’avoir un avis tranché sur le sujet mais, s’il vous plaît, Messieurs les faiseurs d’opinion, cessez d’invoquer les bienfaits pour la santé quand vous parlez de drogue.

20 octobre 2017

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