Editoriaux - Environnement - 18 décembre 2018

La transition écologique, les industriels s’en chargent !

Point n’est besoin de lever de nouveaux impôts pour financer ce qui est appelé « la transition écologique », dont le but final est la réduction des émissions de gaz carbonique (CO2). À supposer que les émissions de CO2 soient néfastes – ce qui reste entièrement à démontrer.

Mais l’impact international est tel qu’il faut évidemment « faire quelque chose ». De toute façon, « ça peut pas faire de mal ». Mais certains grands industriels l’ont déjà parfaitement intégré !

Le transport maritime est clairement montré du doigt et voué aux gémonies. Il est vrai que les mastodontes des mers crachent un tas de CO2, de particules et de soufre. Pourtant, ramené à la tonne x km transportée, cela n’a rien de comparable avec le fourgon de livraison de Chronopost, mais passons.

Depuis déjà longtemps, l’OMI (Organisation maritime internationale) a pris des mesures draconiennes pour faire réduire les émissions de soufre : les navires s’équipent de « scrubbers » (l’équivalent des pots catalytiques) et les motoristes développent le fonctionnement au GNL (gaz naturel liquéfié), par exemple. Au surplus, les normes sur les eaux de ballast, les peintures, les systèmes de pompage automatique des soutes… deviennent de plus en plus strictes.

Mais un nouveau pas de géant vient d’être franchi. Le groupe danois A.P. Møller-Maersk, par l’intermédiaire de son président exécutif Søren Toft, vient d’annoncer : « Zéro émission de CO2 par ses navires à horizon 2050.” Pour ce faire, le groupe Maersk (500 navires, 108.000 employés, 40 milliards de chiffre d’Affaire) a déjà dépensé plus d’un milliard de dollars en recherche et développement sur ce sujet et embauche plus de cinquante ingénieurs spécialisés chaque année.

Quelques chiffres, pour planter le décor :

Les lignes régulières (celles qu’empruntent les porte-conteneurs) transportent 80 % des biens échangés sur la planète.

Maersk opère, à lui seul, 18 % de la capacité totale des porte-conteneurs, 56 % est détenue par les quatre premiers armateurs (Maersk, MSC, COSCO/China Shipping et CMA-CGM), 75 % par les sept premiers et 82 % par les dix premiers. Il s’agit donc d’un secteur extrêmement concentré, très fortement capitalistique et où la concurrence est farouche.

Mais un secteur très « éco-responsable », quoi qu’on en dise. C’est ainsi que CMA-CGM a réduit ses émissions de 50 %, de 2005 à 2015, et a commandé des porte-conteneurs géants fonctionnant au GNL. Certes le GNL permet de supprimer toutes les émissions de « saletés » mais pas celles de CO2. Alors, il y a de fortes chances que l’annonce officielle du géant danois condamne rapidement le GNL qui est, lui aussi, une énergie fossile. Ce, d’autant plus qu’il y a un « effet d’entraînement » et, donc, que les autres armateurs n’auront pas d’autre choix que de suivre. C’est aussi ce que souhaite Maersk : mutualiser la recherche et y consacrer les capitaux et, si j’ose dire, l’énergie nécessaire. C’est naturellement sur les batteries que portent les recherches, et pourquoi pas des porte-conteneurs nucléaires ?

Tout cela, c’est du concret, pas du discours d’écolos d’opérette pour justifier un matraquage fiscal encore plus brutal que celui des CRS pendant les manifs !

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