L’Union européenne comprend la majorité des pays à l’ouest de la en Europe. Nombre de ces États sont également membres de l’OTAN, organisation dirigée prioritairement contre le bloc soviétique et qui demeure hostile à la Russie, comme si cette dernière en était la continuation. La volonté de poursuivre l’élargissement vers l’est de l’Union européenne et de l’OTAN, notamment en englobant les anciennes républiques soviétiques telle l’Ukraine, est ressentie comme une menace par Moscou, échaudé par la promesse non tenue de ne pas intégrer les républiques baltes.

La Russie est le plus vaste pays de la planète. Elle n’a jamais connu de démocratie de type occidental et est passée presque directement de l’autocratie tsariste au totalitarisme marxiste qu’elle a subi durant plus de 70 ans. Elle bénéficie, aujourd’hui, d’un régime qui demeure centré sur un pouvoir personnel mais qui n’a rien de commun, ni dans le fond ni dans la forme, avec le régime communiste. La Russie n’est plus un empire. L’éclatement de celui-ci l’a affaiblie et il suffit de voir le tracé de sa frontière avec la en pleine expansion sur tous les plans pour mesurer une fragilité démographique et économique que sa puissance militaire relative compense partiellement. Elle est, aujourd’hui, un pays qui, paradoxalement, incarne le conservatisme avec ses trois piliers : le patriotisme, la dimension religieuse et l’opposition au progressisme « sociétal ». Il est facile de comprendre que cette identité retrouvée est avant tout une nécessité pour sa survie, puisque l’abandon de ces valeurs est la cause même de notre décadence. En raison de sa géographie et de sa population (par exemple une forte minorité musulmane), la Fédération de Russie est exposée à l’implosion et doit s’en prémunir. Le cynisme de la stratégie américaine néglige totalement le fait que la Russie fait partie de notre civilisation et, par exemple, défend les chrétiens persécutés au travers de plusieurs de ses interventions en et, évidemment, en Syrie.

L’Occident politique a trahi son appartenance civilisationnelle au profit d’un rapport de force d’abord économique et ensuite juridique. Il s’agit de bloquer la croissance russe par des sanctions, par des évictions de certains marchés, par exemple en freinant ses exportations énergétiques. Paradoxalement, le droit est utilisé comme une force, en disqualifiant la Russie comme État de droit et en cherchant, par ce biais, à l’isoler, notamment par rapport à son partenaire géographique évident : le voisin européen. Le Conseil des affaires étrangères de l’Union européenne, qui se tiendra le lundi 22 février 2021, à Bruxelles, sera consacré aux relations qu’elle doit construire avec la Russie.

Quant à la France, elle pourrait, aujourd’hui, saisir l’occasion de ce trouble diplomatique européen pour se rapprocher de la Russie. À l’époque déjà lointaine où Le Figaro célébrait la réussite diplomatique de Macron recevant Poutine à Versailles, le premier avait cru comme ses prédécesseurs tenter de sermonner son invité sur les droits de l’homme, allant même jusqu’à lui parler des LGBT… Quatre ans plus tard, les manifestations des gilets jaunes durement réprimées, les élections passant plus ou moins à la trappe du Covid-19 après un coup d’État judiciaire initial, une séparation des pouvoirs anéantie, une Assemblée aussi mal élue que totalement soumise, un état d’urgence qui n’en finit pas et une restriction des libertés sans précédent, il faut en rabattre de l’exemplarité démocratique de l’État de droit : place au réalisme !

11 février 2021

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