La reine Camilla a reçu Gisèle Pelicot. À quand les victimes des grooming gangs ?

Un scandale qui a eu lieu dans son propre pays. Les victimes en sont des fillettes.
La reine britannique Camilla recevant Gisele Pelicot lors d’une audience à Clarence House à Londres le 23 février 2026. (Photo de Aaron Chown / POOL / AFP)
La reine britannique Camilla recevant Gisele Pelicot lors d’une audience à Clarence House à Londres le 23 février 2026. (Photo de Aaron Chown / POOL / AFP)

L’annonce du palais de Buckingham a été relayée il y a quelques jours par l’AFP : « La Française Gisèle Pelicot, figure mondiale de la lutte contre les violences sexuelles et qui a présenté ses mémoires au Royaume-Uni, a été reçue, lundi, par la reine Camilla. »

Le livre Et la joie de vivre (Flammarion), qui raconte le calvaire, le procès et la résilience de celle dont l’ex-mari a organisé le viol par des dizaines d’inconnus, est sorti mardi dernier dans le monde entier. Il est en tête des ventes en France, traduit dans 22 langues et notamment, bien sûr, en anglais. On apprend, ce vendredi, qu’une adaptation pour une série américaine, avec Meryl Streep dans le rôle principal, serait dans les tuyaux. Sincère compassion ou curiosité malsaine ? Difficile de dire précisément le ressort de ce succès, mais il est bien réel.

La reine Camilla s’est montrée à l’endroit de Gisèle Pelicot d’une amabilité extrême. Elle lui a confié avoir lu son livre en deux jours et, dit-elle, il l’a « laissée sans voix ». La deuxième épouse de Charles III avait d’ailleurs écrit dès 2024 à Gisèle Pelicot pour lui dire tout son soutien. Les violences sexuelles et sexistes sont son combat, lit-on un peu partout dans la presse. Ce rendez-vous tombe à point - à moins qu’il ne mette mal à l’aise -, quelques jours après l’arrestation de l’ex-prince Andrew, beau-frère de Camilla, dans le cadre de l’affaire Epstein. La famille royale a sorti les rames et les pagaies.

Epstein, toute une époque

Alma Dufour déplorait, il y a quelques jours, l’invisibilisation d’Epstein par Quentin. Un propos passablement scandaleux : pardon bien, excusez Quentin d’être mort… c’est par la faute de vos amis ! Il est un fait, cependant, que ce scandale planétaire - démonétisé pendant des années par accusation de complotisme - a été mis en sourdine, ces derniers jours - actualité oblige. Or, il ne faut plus lâcher, à présent, le fil et tirer jusqu’au bout la pelote. Epstein et ses affidés n’ont pu commettre leurs exactions en toute impunité qu’à la faveur d’un climat : celui né de la libération sexuelle et du jouir sans entraves. C'est bien jusque-là qu'il faut remonter. Pas sûr que, là, Alma Dufour soit volontaire...

En février dernier, un élu LR marseillais, Guy Teissier, s’était attiré les foudres du maire parce qu’il avait osé rappeler que Simone de Beauvoir ayant signé, dans les années 70, une tribune en faveur de la pédophilie, son nom n’était pas approprié pour une école.

Les cris d’orfraie de Benoît Payan n’y changent rien : Guy Teissier était dans le vrai. Le 26 janvier 1977, elle co-signait une lettre ouverte publiée dans Le Monde aux côtés de, parmi moult mandarins intellectuels de l’époque, Louis Aragon, Romand Barthes, Jean-Paul Sartre, Bernard Kouchner ou encore… Jack Lang. Epstein, nous revoilà !

Le récent livre de Xavier Raufer sur le sujet, Jeffrey Epstein. L’âme damnée de la III e culture, est édifiant. Y sont décrits les « goûts » du prédateur et de ses affidés : des fillettes de 13 ou 14 ans à peine nubiles. À 18 ans, elles étaient déjà trop vieilles (!).

Cachez ces grooming gangs…

Gisèle Pelicot est devenue l’égérie de la lutte contre les violences sexuelles faites aux femmes. C’est à ce titre que Camilla l’a reçue, parce qu’elle n’a pas été seulement victime d’un homme - encore que son mari soit l'architecte - mais de tout un système organisé.

Mais il est un autre système organisé géant, scandaleux et sordide qui aurait pu et dû mériter son attention : celui des grooming gangs. D’abord, parce qu’il a sévi dans son propre pays, l’Angleterre. Ensuite, parce que les victimes sont de toutes jeunes filles, on peut même dire des fillettes, de l’âge de celles que convoitait Epstein. Souvent fragiles, en situation de vulnérabilité familiale et de pauvreté. Des proxénètes, essentiellement pakistanais, ont violé et prostitué ces pauvres filles sans que les services sociaux et la police ne réagissent, paralysés par la crainte d’être traités de racistes. Il ne s’agit pas d’une seule femme mais de milliers de petites filles, pendant dix ans. Les dégâts sont immenses et la vérité, pour bonne part, encore occultée, tant elle dérange. Cette sinistre affaire hante et clive la Grande-Bretagne. Que la reine reçoive des victimes aurait pu apaiser les rancœurs. Pensez-vous ! La famille royale n’en a jamais dit un mot.

Pourtant, en décembre dernier, Camilla a révélé avoir été elle-même victime d’un agresseur sexuel dans un train à l’âge de 15 ans. Une expérience pénible qui devrait la rendre réceptive aux souffrances des victimes des grooming gangs. Mais non.

La vérité est que Camilla, à l’instar du reste de la famille d’Angleterre, est tout sauf une femme libre. Prisonnière de la crainte (si elle n’est pas assez docile) de voir son trône déboulonné et prisonnière des frasques familiales qui fragilisent ce dernier. Elle n’a qu’un pouvoir : celui d’acquiescer. Or, les seules violences conjugales qu’on a le droit de mettre en exergue sont celles du cadre conjugal, perpétrées par un patriarcat occidental. Tout le reste n’est pas la cup of tea de Camilla. C’est comme ça.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 28/02/2026 à 10:08.
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Gabrielle Cluzel
Directrice de la rédaction de BV, éditorialiste

Vos commentaires

69 commentaires

  1. A titre de réciprocité, Mme Macron pourrait recevoir les victimes des grooming gangs, mais là il faudrait ouvrir les grands salons de l’Elysée, tellement elles sont nombreuses. La Justice anglaise a largement ignoré et refusé d’enquêter sur ces crimes au prétexte de ne pas stigmatiser la communauté pakistanaise. Ne pas nommer c’est aussi stigmatiser la partie honnête de cette communauté.
    Tout lien avec ce qui se passe ne peut être que fortuit !

    • SI la « régente » recevait les victimes de « l’Affaire des grooming gang » UI va recevoir les victimes d’abus commis par leurs « éducateurs/profs » ? …
      Est ce qu’une de ce « genre de victime » pourrait avoir « pignon sur avenue » avec un « passif » aussi lourd ? ! …

  2. Jamais je n’achèterai ce bouquin qui doit être d’un sordide et fera probablement le bonheur des pervers qui passeront un bon moment à sa lecture. Bon, à chacun ses choux de lecture …

    • 20/20 !
      Nombreux sommes nous à penser qu’un minimum de réserve face à cette situation (elle a des enfants et petits enfants ….) serait bienvenue après ( le tapage médiatique ) lors du jugement .
      Mais il semble que tout soit bon, pour faire des sous et également masquer les turpitudes gouvernementales actuelles .

  3. Madame Pelicot reçue en majesté par la reine d’Angleterre… Va-t-elle aussi être reçue dans le Bureau Ovale, aller faire la bise à Poutine et pourquoi pas poser sa candidature à l’élection présidentielle en France ? Son histoire est désolante mais je trouve qu’elle en fait trop… Et, curieusement, je vois que je ne suis pas le seul à être gêné par cet étalage.

    • François 47.
      100% d’accord avec vous. Avoir refusé le huis clos était déjà un indicatif. On a loué sa grande dignité, je ne lui en ai vu aucune, tout sourire devant les haies d’honneur, jour après jour. Son calvaire au cours du procès ?? Ses jours de gloire ont passé, maintenant elle en écrit un livre…. !
      Ce que n’enlève rien évidemment, à l’abomination de ce quelle a vécu. Inconsciente.

    • Non effectivement, nous sommes nombreux à nous poser des questions. Je suis perplexe devant cette sordide affaire. On va finir par tomber dans l indécence. La commune de Mazan souhaite retrouver la paix. Certe Madame Pelicot a souffert mais cela justifie t’il toute cette surmédiatisation où beaucoup de personnes vont se faire de l argent sur le dos de la misère humaine.

  4. Encore une preuve de plus qu’une famille royale de droit constitutionnel ne sert a rien pour proteger son propre peuple des pires abominations .

  5. Cette affaire de violences sexuelles coche toutes les cases , rien que des vieux mâles blancs parmi les méchants , les féministes s’agitent enfin , et la malheureuse victime gère à merveille sa communication , et commence une carrière internationale , aujourd’hui Buckingham , demain la Maison Blanche ? Macron notre globe trotter national est à la recherche de ministres il parait .

  6. Suis je le seul ou pas à ressentir un sentiment de malaise dans cette affaire sordide de madame Pélicot. Tout ce déballage médiatique et l’honneur qui est fait à cette femme me gène aux entournures.

  7. Si l’on veut procéder par ordre, il ne faut pas commencer par un thé avec les victimes, il faut punir les coupables sans pitié, quelles que soient leurs ethnies. Et condamner par la même occasion ceux qui ne les ont pas condamnés lorsqu’ils auraient dû le faire pour stopper ces crimes odieux. Il y a un sérieux ménage à faire dans la justice et la police en Angleterre. Mais cela dépasse les compétences de cette pauvre Camilla et de son pauvre idiot de mari.

    • Vous écrivez à juste titre « Il y a un sérieux ménage à faire dans la justice et la police en Angleterre. » … en rajoutant  » Mais cela dépasse les compétences de cette pauvre Camilla et de son pauvre idiot de mari. » …
      En fait, la question qui doit venir « est ce qu’ils le veulent vraiment ? ! …

  8. « La française Gisèle Pélicot, figure mondiale de la lutte contre les violences sexuelles » !!! Celle-là je ne l »avais pas encore vue parmi les multiples articles dithyrambiques consacrés à cette femme inconnue devenue une véritable icône sous la pression des féministes de gauche depuis le procès de son détestable époux qui la prostituait gratuitement « à l’insu de son plein gré ». Je ne vois pas en quoi et à quel titre elle symbolise « la lutte contre les violences sexuelles » ?!… La capacité des médias à porter n’importe qui au pinacle sans motif valable et à précipiter simultanément quelqu’un d’autre en enfer, comme la mémoire de ce malheureux Quentin massacré par une bande de nervis gauchistes, me stupéfie et me révolte une fois encore, une énième fois hélas !

    • Je suis d’accord avec vous, je ne suis pas indifférente à son drame qui est révoltant mais je pense surtout à ces fillettes victimes des grooming gangs, il me semble que le procureur de l’époque était un certain Starmer, qui ne les a pas protégés , ni rendu justice (sic) . J’en ai marre de cette peur d’être traité de « raciste » lorsqu’on défend nos jeunes concitoyens !
      Quant à la bourgeoise Simone de Beauvoir, elle représentait bien ce féminisme dévoyée, son côté pervers, je ne l’ai jamais appréciée. Conséquence néfaste de leur slogan « il est interdit d’interdire », slogan d’ailleurs qui se prolonge dans l’éducation de nos enfants à l’école (éducation sexuelle dès la maternelle….)

  9. l’affaire epstein est à la PLANETE ce qu’est l’affaire « grooming » à l’Angleterre ! …
    « Ca » pue TRES fort et « ça » va en secouer quelques « têtes » de cette caste de nocifs ! …

  10. Camilla n’est pas reine, n’étant que la femme du roi. Je suis scandalisée qu’elle se préoccupe de Gisèle Pélicot — qui a enduré un long calvaire, je suis bien d’accord — alors qu’elle n’a apporté aucun soutien ni éprouvé aucune compassion pour les petites victimes de ces gangs de pédophiles. Elles aussi, ont subi le martyre. Elles aussi, ont le droit d’être soutenues moralement et psychologiquement.

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