Le califat est défait et les troupes « régulières » de vaincues et éparpillées. Mais outre les combattants qui ont réussi à s’enfuir et errent en ou dans les déserts syriens, le mouvement terroriste peut aussi compter sur de nombreux adeptes fondus dans la masse. N’oublions pas que les sunnites constituent 70 % de la population syrienne (avant la guerre, en tout cas ; depuis, il n’y a plus de statistiques fiables).

De temps à autre, un attentat se produit, comme le 11 juillet dernier à Qamichli, dans le nord-est du pays. C’est l’église de la Sainte-Vierge qui était visée par une voiture piégée. Il y a eu 11 blessés et des dégâts importants, mais l’église est toujours debout. Il y a, en réalité, bien davantage d’attentats en Irak, où l’absence d’État digne de ce nom se fait cruellement sentir.

Toujours dans le nord-est de la , dans la zone tenue par les Kurdes avec la complicité des Américains, les hommes de Daech ont trouvé un nouveau mode d’action peu risqué et ravageur pour la population : mettre le feu aux récoltes.

Depuis trois mois, en effet, les incendies se multiplient. Des dizaines de villages sont touchés, des dizaines de milliers d’hectares détruits et les récoltes, notamment de blé, perdues. Les habitants sont accablés : ils ne peuvent plus rien vendre ni nourrir leur bétail.

Aucun doute sur l’origine de ces incendies : de nombreux briquets ont été retrouvés et les multiples départs de feu se produisent à quelques centaines de mètres les uns des autres. L’heure est toujours la même : en pleine chaleur, alors que les habitants sont calfeutrés chez eux, cherchant un peu de fraîcheur.

Les paysans touchés n’ont aucun doute sur l’ des coupables : « Les partisans de l’ ont posté des commentaires sur Facebook pour nous menacer. Ils appellent à en allumer toujours plus », déclare un habitant cité par L’Orient-Le Jour. Une déclaration écrite de Daech est d’ailleurs sans ambiguïté : « Il semble que ce sera un été chaud qui brûlera les poches des apostats ainsi que leurs cœurs comme ils ont brûlé les musulmans et leurs maisons au cours des dernières années. »

Les zones tenues par l’armée syrienne ne semblent pas épargnées, même si l’ampleur est bien moindre. À Daraya, dans la banlieue de Damas, un incendie important a eu lieu, il y quelques jours, et a ravagé, là aussi, des hectares de culture. Officiellement, la cause est accidentelle, mais la coïncidence est plus que troublante.

Cette nouvelle forme de terrorisme facile pourrait donner des idées aux islamistes de tout poil à travers . D’ailleurs, plusieurs incendies ayant eu lieu dans le sud de la l’été dernier avaient créé une suspicion qui ne semblait pas vraiment relever du . Il faudra suivre cela de près.

15 juillet 2019

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Vous pouvez désormais commenter directement sur Boulevard Voltaire :

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

Les commentaires Facebook intégrés aux articles sont désormais inactifs, nous vous invitons désormais à commenter via le module ci-dessus.

À lire aussi

Les fractures inédites de la société américaine

L’élection de Trump n’est pas le point de départ de la fracture américaine mais son éviden…