Editoriaux - International - Politique - 24 janvier 2019

La fin de la dictature de Maduro au Venezuela ?

La dictature de Maduro au semble ébranlée.

Le Venezuela est, une nouvelle fois, la démonstration de l’ineptie socialiste. Partout où l’on a voulu que l’État dirige l’économie, décourage l’initiative individuelle au prétexte de redistribuer la richesse, le mécanisme a été le même : la dépense publique a non seulement étouffé la création de richesses, mais elle a freiné l’activité et l’emploi réel. À Caracas, le socialisme est caricatural : il est parvenu à ruiner le pays le plus prospère d’ latine !

On pourrait le décrire à la manière de Pagnol et du célèbre “coquetel à quatre tiers” dont César détaille la confection à Marius. Il y a un petit tiers d’idéologie verbeuse – le “bolivarisme”, nationaliste et socialiste – portée par un officier bavard, admirateur de Cuba et hostile à l’Oncle Sam, Hugo Chávez. Il y a un bon tiers d’armée politisée et favorisée par le régime. Il y a un troisième tiers constitué par le peuple des pauvres, celui des “barrios”, bénéficiaires du clientélisme organisé par l’État et le parti. Et puis il y a le “quatrième” tiers : le pétrole qui permet au système de fonctionner, et même d’être généreux avec les États frères. Cette richesse liquide sur laquelle le “chávisme” s’est appuyé est considérable puisque le Venezuela posséderait les premières réserves mondiales, mais il est devenu le poison du socialisme vénézuélien, lui permettant une gestion ubuesque.

Correspondant à 95 % des exportations, il a donné l’illusion aux gouvernants de pouvoir faire n’importe quoi. Le reste de l’économie s’est effondrée, et lorsque la “bise” de la baisse des cours est venue, la cigale cháviste s’est trouvée bien démunie, avec une inflation monstrueuse, et dans un pays riche, un appauvrissement généralisé en raison de l’absence de produits de première nécessité, de nourriture et de médicaments notamment. Certes, l’essence est encore la moins chère du monde, mais manger est devenu hors de prix ! Les pauvres condamnés à la soupe populaire n’ont plus l’image sainte de Chávez pour se consoler, mais le gras Maduro, son successeur dénué de charisme, et qui devient la figure des profiteurs du régime.

La criminalité atteint des records puisque le Venezuela subit le troisième taux le plus élevé au monde. Deux millions d’habitants ont fui le pays. Le précipice, qui sépare le discours idéologique de la réalité quotidienne, vide le pouvoir de toute légitimité. Seule institution qui a échappé aux élections truquées, le Parlement subsiste comme un moignon de démocratie dans la dictature de Nicolás Maduro. Son président, , destitué par la Cour suprême (cháviste), vient de se proclamer président par intérim. Tandis que des violences se produisent à Caracas entre manifestants et forces de l’ordre, de nombreux pays ont reconnu le président intérimaire : les États-Unis, le Canada, la Colombie, le Brésil, le Paraguay, l’Argentine, le Pérou, etc. Il y a quelques années, l’Amérique latine était dominée par des gouvernements de gauche. La situation s’est inversée, notamment en raison de leur échec économique, mais aussi de la corruption. La dictature vénézuelienne est désormais un épouvantail !

Le seul rempart contre la révolution est l’armée, secouée de temps à autre par des envies de coup d’État. Comme disait Talleyrand, “on peut tout faire avec des baïonnettes, sauf s’asseoir dessus”. Il est probable que le régime soit renversé. On pourrait y voir l’écho sud-américain des manifestations qui ont abouti au renversement des gouvernements dans l’ancien bloc de l’Est ou dans les pays arabes. Cependant, malgré l’hostilité de Trump à l’encontre de Maduro, on ne saurait déceler dans cette révolte la conséquence d’une intervention extérieure. Le désastre économique, social et politique du bolivarisme est trop évident. La Russie continue de soutenir ses pions cubain et vénézuélien. C’est logique, pour contrebalancer les misères qu’on lui fait à ses frontières, en Ukraine, par exemple. Mais le Venezuela est un allié bien encombrant. On peut espérer que Moscou le lâche, dans le temps même où Bachar el-Assad reprendra le contrôle total de la Syrie.

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